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Deep Purple Turning To Crime

Album : Turning To Crime
Artiste : Deep Purple
Sorti le : 26 Novembre 2021
Note : 9.9/10 
Publié le  27 novembre 2021

 

             Par Mel Dee

Que diriez-vous de danser le Boogie Woogie avec quelques notes à la Smoke On The Water, habillés en vilains de la prohibition, nos silhouettes dessinées à la Marvel Comics ? Ils sont de retour de la façon la plus originale qui soit. Eux, c’est Deep Purple. De quelle façon ?  Mettez vos chapeaux et vos gants en cuir, levez les yeux au ciel, inspirez profondément … expirez en disant Oh Well. Avec un suspicieux sourire sur le coin des lèvres tournez votre vinyle : Turning To Crime. C’est parti.

Si l’excellence constituait un crime, bien cela ferait 53 ans que Deep Purple sévirait, oui incroyable. Mais avec ce 22e album studio, nos cinq complices opèrent différemment. Pour la 1ère fois de leur carrière, ils sortent un album ENTIÈREMENT fait de reprises. Évidement ils ont déjà fait des reprises, mais jamais un album en entier comme Turning To Crime : «… oui je vous fais tourner dans le carrousel pourpre, avant d’enchaîner sur le deuxième titre Hush de Joe South.. Prelude : Hapiness- I’m So Sad, Help et Hey Joe sont des reprises tout comme Hush.»  Article de l’ombre à la lune #1 -Mel Dee.  « Après avoir repris Help des Beatles sur leur 1er album, le band réitère avec une 2e reprise de leurs compatriotes anglais We Can Work it Out, ainsi qu’une reprise d’un titre de Neil Diamond, Kentuky Woman et de Ike & Tina Turner River Deep, Mountain High. » Article de l’ombre à la lune #2-Mel Dee

La récidive sur Turning To Crime commence avec 7 And 7 Is,  on ressent déjà la joie de Ian Paice au drum, avant de savourer la voix atypique de Gillan. 7 And 7 Is est le 1er titre dévoilé le 13 octobre 2021, à la grande surprise de beaucoup, oui ce sont bel est bien des reprises. À l’origine cette chanson a été écrite par Arthur Lee et enregistré en juin 1966 avec son band  Love. Elle sort en single en face A en juillet 1966 et figurera sur leur 1er album Da Capo. Sur la version DP c’est le duo Paice/Gillan qui marque, à mon avis, la particularité de cette reprise.

Le single et la pochette de l’album du band LOVE-1966- avec le 4e titre, Seven And Seven Is.

Si une reprise du band Love étonnera certains, la prochaine ravira autant !! Du bonheur, Rockin’ Pneumonia And The Boogie Woogie Flu, un titre ironiquement douloureux et délicieusement soigné par DP. Son auteur d’origine Huey ‘Piano’ Smith aurait été ravi, lui qui a écrit cette chanson à succès en 1957. Reprise entre autres par Aerosmith en 1987 et Grateful Dead. La version DP est délirante avec: à la minute 1:26, de quoi faire crier de joie tout fan de Deep Purple comme moi, un clin d’œil à Smoke On The Water, à  faire rire et pleurer en même temps. De l’autre,  le vidéoclip avec les dessins de Luke McDonnell (illustrateur, bédéiste: Iron Man, Suicide Squad …) animés par Simon Jeffery, oui ceux qui me connaissent ont déjà levé les yeux au ciel  ah le rock et le graphisme !!!!  Sur cette pièce Gillan a adapté sa voix à la perfection au rythme du boogie woogie un peu plus grave, un peu moins Child In Time, mais avec des envolées euphoriques, un plaisir. Ok allez danser mais revenez, ce n’est pas fini.

Nous voilà arrivés à Oh Well, une reprise qui a fait beaucoup parler, car interprétée par des légendes comme The Ramones et à l’origine, une chanson de nul autre que Fleetwood Mac. Un pur moment de magie et d’originalité, incomparable, je la considère comme un véritable hommage plus qu’une simple reprise. Ce qui m’a le plus rendu accro ,c’est la guitare de Morse, déchirante,  je ne peux pas compter le nombre de fois que j’ai écouté et réécouté cette version. L’esthétique du vidéoclip et l’humour de Deep Purple sont magnifiques. Gillan/Morse sur cette chanson sont incroyables. Il y a de ses chanteurs, qui n’ont même pas le temps de finir la première note, que nous savons déjà de qui il s’agit, sans être nécessairement fin connaisseur, Osbourne, Halford, Dickinson, Snake (Denis Bélanger) et bien évidement cette voix, elle aussi venue d’ailleurs, celle d’Ian Gillan, ce qui donne une dimension unique aux reprises sur cet album.

Les bienfaiteurs du rock- photo-Deep Purple Official

Rock’n’roll, and roll encore, qui comme moi n’a pas pu s’assoir depuis le début de l’album ? Même mon chat n’y a pas échappé ! dance Kurty sur Jenny Take a Ride !!!! Les cinq complices sont au top. Comme si on faisait un voyage dans les années soixante à Detroit, imaginez Gillan, Paice, Morse, Airey et Glover en costumes sur une scène de bal de promo !! Mitch Ryder en professeur serait bluffé de les voir reprendre sa chanson.

Puis la fougue se marie à l’émotion, Gillan chante Dylan, Watching the River Flow, la rivière coule plus lentement à la Dylan qu’avec le débit à la DP. Tout en rythme énergique mais doux, Morse et Paice en harmonie puis Gillan et chapeau bas à Airey pour la finaleGlover garde le flux des notes tout le long. Et quand le quintette se met en diapason sur le refrain, on a juste un grand sourire et on y va avec le flow. Encore un hommage plus qu’une simple reprise de légendes à légende voici l’originale.

Magique, Ian chante un classique de 1946 de Louis Jordan and his Timpany Five. La version originale est épique, les versions de Ray Charles, B.B.King, Muddy Waters, Quincy Jones avec Stevie Wonder, Bono, et Ray Charles, absolument magnifiques. La version Deep Purple est parfaite, le clavier de Airey, à vous faire tomber encore. Un voyage extraordinaire à travers l’histoire de la musique que nous fait vivre DP, de surprise en surprise. Bob Ezrin est complice dans la création de cet album, bien surprenant !

Nous voilà en 1969, en Californie, avec les Little Feat, un band de rock, blues, country, dont on parle peu je trouve, mais qui est connu des admirateurs de Frank Zappa, car il a été formé par deux anciens membres de  Mothers of Invention. En 1973 le band sort leur 3e album, Dixie Chicken, dont la chanson du même nom est reprise aujourd’hui par nos légendes.

Shapes of Things, les nostalgiques et les novices réunis. Les premiers diront la version originale est meilleure, ou comme moi, c’est incroyable Deep Purple qui font revivre les Yarbirds en 2021,  les autres découvriront les Yardbirds et c’est là le plus important. Comme vous avez ou aurez  l’album Turning to Crime et pour piquer la curiosité de ceux qui ne l’ont pas encore écouté, je partage ici la version originale, car ceci est notre mission et notre passion que le rock ne meurt jamais .. et comment avec un tel hommage que fait Deep Purple.

Juste improbable et ils l’ont fait, The Battle of New Orleans !! écrite par Jimmy Driftwood pour apprendre l’histoire à ses élèves, cette chanson à été rendue populaire par le chanteur de country Johnny Horton en 1959 et Lonnie Donegan, au Royaume-Uni. Là où beaucoup y verraient du n’importe quoi, moi j’ai ri, j’ai dansé au bon rythme de country et j’ai lu l’histoire de cette bataille. Un bon moment constructif et drôle. 

En 1970 Bob Seger System réunit l’opinion des Mediaş et de ses fans avec Mongrel, le 3e album est excellent et le titre Lucifer est la preuve. Mais ils n’ont pas froid aux yeux nos vieux routiers du rock, ils reprennent Lucifer avec une version où l’on retourne cette fois-ci au son pur Deep Purple. En effet celui qui ne connait pas cette chanson pourrait facilement croire qu’elle est de DP.

Pochette de l’album – Mongrel- dans lequel figure le titre – Lucifer

Cela ne s’applique pas au titre suivant, qui lui est bien connu et reconnu, courageux de reprendre Cream avec White Room. Cette chanson nous a tous marqués. Je comprendrai plus facilement si certains trouvent un peu difficile la reprise. Encore une fois, elle est parfaite et la voix unique et puissante de Gillan ne laisse aucun doute, le monstre du rock à toujours toute sa magie, mais il est vrai que juste après l’avoir écoutée, nous retournons à l’originale. Nous remarquerons le grand respect de Deep Purple envers Cream et le rôle qu’a joué le grand Ginger Baker qui nous a quitté le 6 octobre 2019, ayant une pensée pour lui.

Ginger Baker- Cream – Getty Images-National Jazz Archive

Lorsque mon cœur a voulu s’envoler de bonheur, mais qu’il était trop content et battait trop fort : le Caught in the Act : Act 4 :  – Dazed and Confused –  Je suis sur un nuage, un feu d’artifices: Going Down (Freddie King), Green Onions (Booker T.& The MG’s), Hot ’Lanta (The Allman Brothers Band), Dazed and Confused (Led Zeppelin) et Gimme Some Lovin’ (The Spencer Davis Group)!

J’ai passé un merveilleux moment en écoutant cet album et je me suis amusée tout comme Deep Purple. Le plus important c’est notre passion pour la musique et les influences.

La note 9.9 : vous me voyiez déjà arriver avec mon 10/10 ,je voulais vous faire sourire. Reprises parfaites, car je trouve audacieux et vraiment surprenant que le plus grand groupe de rock de tous les temps avec Led Zep et Sabbath, après une vie au sommet, ose sortir un album 100% de reprises et encore une fois excelle. Le choix des chansons est étonnant. Deep Purple , je ne le dirai jamais assez, est incomparable. Qui mange une fraise des champs au goût exquis de miel et compare ses caractéristiques gustatives à un délicieux steak saignant sauce au poivre ? C’est juste incomparable. les deux sont bons, mais complétement différents.  Vous pouvez préférer la version originale, une autre version, mais Deep Purple sont encore là pour notre plus grand bonheur, UNIQUES ET ÉTERNELS.

Photo: Deep purple

BANNIÈRE: MEL DEE
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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