Chroniques

Trick à succès

We Know That We Like Genesis #45
Une série sur toutes les époques de ce groupe chéri des Québécois
Publié le 2 mars 2022

 

Par André Thivierge

A Trick of the Tail, un album marquant une nouvelle ère de Genesis sort enfin !

En février 1976, Tony Banks, Mike Rutherford, Phil Collins  et Steve Hackett lançaient le 7e album de Genesis, le premier sans Peter Gabriel.

Un accueil positif de la presse musicale

A Trick of the Tail a reçu un accueil positif de la part des critiques musicales, qui ont été impressionnées par le fait que le groupe ait pu non seulement survivre à la perte de Gabriel mais aussi livrer un bon album.

La qualité sonore s’est améliorée par rapport aux albums précédents grâce aux compétences de David Hentschel en matière de production.

Chris Welch, qui avait écrit l’oraison funèbre de Genesis l’été précédent a été forcé d’avaler ses paroles dans le magazine Melody Maker. « Les résultats ont été époustouflants. Il y a un élément de réel mystère et de magie à propos de Genesis, des forces sombres, sourcilleuses, montagneuses, que le départ de Peter Gabriel ne semble pas avoir diminuées. Pour chaque moment éthéré, il y a une explosion correspondante de puissance.  C’est ce qu’a fait Genesis dans le passé, et cela va manifestement leur servir à l’avenir. »

De son côté, Barbara Charone du magazine Sounds s’est montrée tout aussi enthousiaste à l’égard du nouvel album. « Chaque trait de caractère de Genesis abonde sur ce nouvel album.  Tout est présent dans toute sa splendeur : fantaisies surréalistes, constructions musicales oniriques, bandes sonores pour les rêves de l’esprit, anecdotes humoristiques, belles mélodies et thèmes obsédants, le tout chargé d’une dynamique agressive. 

L’absence de Gabriel n’est pas aussi visible qu’on pourrait l’imaginer. Phil Collins assure le chant principal avec un excellent panache et une grande verve, s’intégrant parfaitement dans le cadre de Genesis. C’est un album commercial dans le meilleur sens du terme.  Genesis n’a rien sacrifié et ne s’est pas trompé pour obtenir un tel succès. »

Le magazine Rolling Stone a commenté la sortie de l’album : « Avec l’absence de Gabriel, Genesis dépend maintenant davantage sur la subtilité et sur la continuité mélodique que les gadgets de studio. Même si les thèmes familiers sont toujours apparents, A Trick Of The Tail est plus simple et direct, possiblement parce que c’est davantage un effort d’équipe qu’un album dominé par Gabriel. Genesis a été capable de faire d’une possible catastrophe leur premier grand succès américain. »

Steve Clarke du magazine NME a lui offert une critique positive de l’album dans son édition du 14 février 1976 : « Genesis a toujours semblé être une entreprise plus humble que Yes et ELP, moins empêtrée dans les pièges de l’industrie du rock. C’est un véritable voyage de groupe. Il y a bien quelques solos dans des endroits stratégiques, mais même là, on ne s’en rend pas compte. »

 

Un succès au palmarès

A Trick of The Tail a atteint la 31e position en Amérique et a égalé la popularité de The Lamb en Angleterre avec une 3e position. Il n’y a pas eu de simple à succès des deux côtés de l’Atlantique.

L’album est resté dans les palmarès britanniques pendant 39 semaines et a récupéré une part importante des 400 000 $ de dettes qu’ils avaient accumulées au moment du départ de Gabriel.

Il a été certifié Or au Royaume-Uni par la British Phonographic Industry en juin et aux États-Unis par la RIAA en mars 1990.

En vidéo pour une première fois

Pour la première fois de leur carrière, Genesis a filmé des vidéos promotionnelles pour leurs chansons. La première à être filmée est la chanson titre, qui met en scène le groupe jouant la chanson ensemble autour d’un piano, y compris des plans composites d’un Collins miniature sautillant sur un piano et une guitare. Le groupe a également produit des films promotionnels de « Ripples… » et « Robbery, Assault and Battery« .

Les membres de Genesis ne sont pas surpris du succès de l’album

En entrevue, Mike a indiqué que « La sortie de l’album a provoqué un retournement.  Nous avions été les sous-fifres, avec le départ de Peter, c’était terminé. Puis l’album est sorti, le public l’a aimé et les critiques ont été bonnes. »

Tony renchérit : « The Lamb avait été plus ou moins bien accueilli. Je ne me souviens pas que nos fans aient été alors dans l’extase comme cela avait été le cas pour Foxtrot et Selling. Cela a donné sa chance à A Trick of The Tail. Je pense que ceux qui avaient trouvé Peter un peu obscur ont peut-être préféré cet album parce qu’il était moins dense. Notre capacité à remplacer Peter en puisant dans le groupe a certainement favorisé aussi l’impression d’une transition en douceur. »

Il poursuit : « Mike et moi avons fait un peu de promotion avant que l’album sorte en Europe. Je me souvenais d’aller à des endroits où personne n’était intéressé. Je me faisais dire, pas de Peter? Ça donne quoi? C’était un peu comme cela. C’était amusant quand c’est sorti. Plusieurs étaient content que ça marche car Peter avait un style qui n’intéressait pas tout le monde. Plusieurs fans actuels ont vraiment aimé l’album et on en a eu plusieurs nouveaux. C’était comme un décollage je suppose. »

Mike Rutherford et Tony Banks

En rétrospective

En rétrospective, Stephen Thomas Erlewine de All Music a qualifié l’album de réussite : « Cet album n’est pas aussi mémorable que Foxtrot ou Selling England, en grande partie parce que ses chansons ne sont pas aussi immédiates ou mémorables : à l’exception de Dance on a Volcano, il s’agit du son du groupe en train de jouer, et non de chansons individuelles, et il réussit à ce niveau de façon assez spectaculaire – dans la mesure où il a prouvé aux fans de longue date que Genesis pouvait éventuellement prospérer sans son ancien leader. »

Le site de fans allemand Genesis-News.com rapporte une critique semblable : « Voici donc le premier album de l’ère post-Gabriel. Que nous apporte-t-il ? Tout d’abord la constatation rassurante que Genesis est vivant ! Oui, ils le sont, et peut-être plus que jamais. Jamais avant A Trick Of The Tail, Genesis n’avait été aussi dynamique, aussi puissant et aussi mélancolique. La musique est aussi devenue moins intellectuelle, elle s’adresse de plus en plus à des émotions simples.

Certaines parties de l’album semblent plus spontanées, peut-être même plus improvisées qu’auparavant. Ici et là, on entrevoit des éléments qui indiquent la direction rock/pop que le groupe prendra plus tard. Tony Banks est manifestement le principal auteur-compositeur, ce qui entraînera des différends insurmontables avec Steve Hackett et son départ du groupe après l’album suivant. »

Comment Genesis se transformera en spectacle ?

Fort du succès du premier album post-Gabriel, Genesis doit maintenant repenser ses prestations sur scène. Maintenant que Phil, le batteur est aussi le chanteur, plusieurs questions se posent. Est-ce que Phil chantera à la batterie? Est-ce que quelqu’un chantera à sa place pendant qu’il jouera de la batterie? Est-ce qu’il sera remplacé à la batterie? Est-ce que Phil offrira une mise en scène à la Peter?

À suivre!

Fabriqué au Québec!

Basé à Montréal, Capitale mondiale du rock francophone!

BANNIÈRE: THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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