Chroniques

Jon Lord 1941 2012

Il y a 10 ans
Hommage au grand claviériste
Publié le 25 juillet 2022

Par Jean-Jacques Perez

DEEP PURPLE – Concerto For Group And Orchestra
Angleterre 1970 – Label Harvest

Pochette de l’album de Deep Purple, Concerto For Group And Orchestra.

Le 16 juillet 2012 disparaissait le claviériste de Deep Purple, le légendaire Jon Lord. Belle occasion de se pencher sur un des albums controversé du pourpre profond dont l’organiste en fut le protagoniste.
Concerto For Group And Orchestra, publié en janvier 1970 en Angleterre (un mois auparavant aux USA), apparaît à un moment charnière pour le pourpre profond. En effet, après trois opus studios à la fin des 60, orientés vers une pop psyché prog, le guitariste Ritchie Blackmore et l’organiste Jon Lord souhaitent radicaliser leur son. Pour cela ils n’hésitent pas à virer le chanteur Rod Evans et le bassiste Nick Simper incarnant une époque révolue. Ils sont remplacés par deux membres d’Episode Six, Ian Gillian au chant et Roger Glover à la basse avec au passage l’enregistrement du single Hallelujahpublié en juillet 1969.

Le Royal Philharmonic Orchestra et Deep Purple lors de la dernière répétition au Royal Albert Hall le 24 septembre 1969. Photo: stock&people.

Mais avant de réaliser le 33-tours qui va changer la face du monde musical, l’organiste avait pour projet d’accompagner un groupe de rock par un orchestre philarmonique. Car ce Concerto For Group And Orchestra, s’il est estampillé comme un album de Deep Purple, il est avant tout l’œuvre de Jon Lord.
Jon Lord né en 1941. poursuit des études de musique classique avec succès au conservatoire de Londres où il remporte un premier prix. Il commence sa carrière professionnelle comme organiste dans des combos jazz où il révèle une de ces influences : Jimmy Smith.

Jon Lord

Fondateur de Deep Purple, il impose les sonorités qui caractérisent la première époque du groupe. Sûrement inspiré par les expériences de Moody Blues et Procol Harum. En 1969, il propose au nouveau line-up une composition en trois parties qui mélange rock et classique.
Les autres musiciens restent dubitatifs voyant là une attraction inutile pouvant nuire au groupe d’autant que les finances sont au rouge. Qu’importe, le projet a lieu et il est enregistré le 24 septembre 1969 en public au Royal Albert Hall avec le Royal Philharmonic Orchestra conduit par Malcolm Arnold (celui là même qui composa la musique du film Le Pont De La Rivière Kwaï).

L’édition originale publiée sur Harvest en 1970 ne comportait que le concerto. La réédition CD en 2002 par EMI propose l’intégralité du concert.
Car en plus du concerto, Deep Purple avait proposé aux spectateurs trois titres bien rock. Cela commence par son premier hit Hush, une reprise soul de Billy Joe Royal, suivie par l’instrumental Wring That Neck pour 12 minutes d’impro endiablée. Mais l’attraction de cette mise en en bouche est l’épique Child In Time, un inédit pour l’époque qui laisse entrevoir les futures orientations de Deep Purple.

Puis vient le concerto en trois parties qui va s’avérer être un dialogue entre le groupe et l’orchestre. Pour être honnête, il est clair que Jon Lord n’a pas le génie d’un Beethoven ou d’un Mozart. Car les passages symphoniques ressemblent plus à des musiques de film de type péplum ou western des années 50 qu’à un chef-d’œuvre. Mais si l’expérience va s’avérer être un échec commercial, elle va se dévoiler plaisante.
La première partie, Allegro Moderato laisse venir l’orchestre. Ce n’est qu’au bout de 7 mn 30 que le groupe attaque pour laisser place à Ritchie Blackmore pour un solo hard blues. Quant à Jon Lord, accompagné par Roger Glover au style groove, il part dans un furieux trip funky. Mais le compositeur moustachu prend soin de valoriser les instruments de l’orchestre avec solo de clarinette, de hautbois, d’envolée lyrique pour les violons ou les cors. Et ce qui est fascinant dans cette pièce (mais également les autres), c’est la justesse et la finesse qu’il y a dans les passages de relais entre le groupe et l’orchestre.

Jon Lord au Columbia Studios sound stage, juin 1975. Photo: Getty Images

Dans le second mouvement, Andante, c’est Ian Gillian qui met en évidence ses talents de chanteur. Quant à la troisième pièce, Vivace-Presto au tempo plus rapide, Ian Piace se charge de nous gratifier d’un solo de batterie avant un final majestueux.
L’année suivante, l’organiste tentera un nouvel essai dans le genre avec Gemini Suite. Mais pour Deep Purple l’heure est à l’urgence. Du coup, Jon Lord se sentira obligé de partager le gouvernail avec le reste du groupe en particulier Ritchie Blackmore pour faire parler la poudre.

 

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