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Top 25 Années 70 pt 2

Le Top 25 des années 70
Publié le 25 décembre 2021

 

Ricardo Langlois

C’est un défi personnel. Choisir 25 albums (des années 70) qui ont marqué mon adolescence. Ma passion pour la musique. Je m’inventais un monde dans ma chambre de sous-sol. Les premiers joints, les amours impossibles etc. Écrire en écoutant de la musique. Recopier les paroles. La révolution par l’art. Je joue un peu de la guitare. Fermez vous les yeux.

14- Deep Purple, Machine Head. Disons le tout de suite, pour moi l’album phare de Deep Purple, c’est In Rock, sorti en 1970 avec le monumental Child in time. Avec Machine Head, on est un ton en dessous (ça vaut quand même 9/10 !) Alors que sur In Rock, on avait un sublime morceau et six très bons morceaux. Là, on a trois titres qui se dégagent du lot : Lazy, Pictures of Home et bien sûr, Highway Star, l’un des classiques..

15. Emerson Lake & Palmer, Trilogy.. Trilogy est le troisième album studio du groupe de rock progressif anglais Emerson, Lake & Palmer, sorti en juillet 1972. Le groupe avait passé la majeure partie de la tournée de 1971, qui s’arrêta en septembre afin qu’ils puissent enregistrer un nouvel album aux studios Advision avec Eddy Offord reprenant son rôle d’ingénieur. L’album contient Hoedown, un arrangement de la composition de ballet d’Aaron Copland qui est devenu un favori live.

L’album a été un succès commercial, atteignant le n ° 2 sur le UK Albums Chart et n ° 5 sur le US Billboard 200. La chanson acoustique de Lake, From the Beginning, est sortie en single en août 1972 et est devenue le single américain le plus classé du groupe, atteignant la 39e place. Lake a choisi Trilogy comme son album préféré d’Emerson, Lake & Palmer.

16. Emerson Lake & Palmer Brain Salad Surgery est le quatrième album studio du groupe rock progressif Emerson, Lake and Palmer, sorti en 1973. Sa pochette est réalisée par H. R. Giger. L’album est aussi disponible en version triple avec un DVD Audio et un CD remixé en 5.1 avec des versions alternatives et des pièces enregistrées pendant les sessions de BSS, mais qui à l’époque sont parues en simples. Elles ont toutefois ressurgi sur Works Vol 2. L’album marque aussi la première collaboration du poète-parolier Peter Sinfield, un autre ex-King Crimson, pour les textes. Étrangement, il ne participe qu’à l’écriture de deux pièces, soit Benny the Bouncer et Karn Evil 9 ; Third Impression. À l’origine, cette dernière s’intitulait Carnival 9, c’est sur les conseils de Sinfield qu’elle fut réintitulée  Karn Evil 9 . Ce fut le premier album à sortir sur le label Manticore  fondé par le trio.

17. Rolling Stones. Sticky Fingers. Les Rolling Stones c’est l’image. Jagger, l’incarnation suprême du Glam Rock. Des chansons immortelles. Sympathy for the Devil, Gimme Shelter entre autres. Papa est un espion. Il aime entrer dans ma chambre pour découvrir mes trésors. Des bandes dessinées, des paquets de cigarettes de France, des revues de rock (Circus, Rock N Folk etc…),,, Je suis la résistance incarnée avec Bowie, Jagger… De beaux modèles. Wild Horses était sa chanson préférée sur Sticky Fingers… Papa, écoute-moi : je continuerai les yeux fermés à courir des milles en rêve (1) critique sur famillerock.com

18. David Bowie, Aladin Sane. Ziggy played guitar. Mise en abîme de soi. Comme un tableau dans un tableau. Le Rock est un Art. I love Rock ‘n’ Roll de Joan Jett,  Rock N Roll Train de AC/DC, Rock is Dead de Marilyn Manson, It’s Only Rock ‘n’ Roll des Rolling Stones, Rock  and Roll de Led Zeppelin, Rock ‘n’ Roll de Motorhead, etc. Le Rock parle de lui-même, s’interroge sur lui-même, cherche sa signification. Ambiguïté de David Bowie sur Aladin Sane (1973), il exprime la dimension dionysiaque de l’art. C’est une vision très romantique de la rock star et c’est ce qui me plait. J’ai pensé à La naissance de la Tragédie de Nietzsche, avec la violence des mots, le coté primitif et nihiliste, est une représentation agréable pour l’adolescent chercheur que j’étais. 

Aladin Sane est l’album idéal pour le marginal (le poète adolescent). J’écoute The Jean Genie. J’applaudis le symbole du défoulement scénique (glam rock androgyne).(critique sur famillerock.com).

19. Mike Oldfield, Tubular Bells. D’un rythme profond à une ritournelle lancinante … on passe allègrement de l’un à l’autre sans broncher, le plus naturellement du monde. C’est d’ailleurs cela qui fait toute la magie de cette musique. Passant d’une ambiance claire à une ambiance plus sombre instantanément, même simultanément par moments. C’est indémodable et toujours ces sons qui collent à l’oreille, un travail d’ingénieur du son conséquent.

Et hop, on augmente le tempo à la guitare. Overdub de guitare (pour l’époque, c’est révolutionnaire). Puis enfin les cloches tubulaires annoncées et une guitare acoustique bienvenue, et on reprend le rythme presque dansant. La guitare au son collant, répétitive, mettant l’écoute sous tension … suspense grandissant, synthé en arrière-fond. Et l’annonce par le Maître de Cérémonie des instruments venant parachever l’ensemble en apothéose avant de calmer le jeu avec des chœurs célestes et une guitare acoustique bienveillante des plus agréables  douceur. À 17 ans, il joue de tous les instruments. Un incroyable classique du rock.

20. King Crimson, In the Court of Crimson King. En 1969 sortait le disque de rock progressif par excellence, In the Court of Crimson King ,bien souvent sobrement intitulé In the court of. L’époque était à la création du hard-rock bluesy et du prog. Instigateurs du hard rock, le Cream lançait dans son sillage Deep Purple et Led Zeppelin, qui sont à l’origine du hard rock comme genre. En Angleterre, le hard rock donc.

Et puis le progressif aussi : Soft Machine, Pink Floyd. Mais aussi Genesis et Yes, chacun de ces groupes ayant une forte personnalité musicale, et plus particulièrement prog. Mais le parfait album, sans faute, croisement des genres hard rock et progressif justement, revenait à King Crimson. Comme beaucoup de chefs-d’œuvre, tel Pet Sounds (1966) des Beach Boys, l’album peut quelque peu dérouter à la première écoute. Pour ma part j’ai été dérouté la première fois que je l’ai écouté, en cela que je découvrais un son très moderne, jamais entendu jusqu’alors.

21.Paul McCartney, Ram. Ce disque – aujourd’hui estimé par tout ce que la planète compte de gens de bon goût (!!), comme absolument indispensable – a eu longtemps un parfum de honte : dans l’après 68, et au milieu des derniers bûchers révolutionnaires, alors que nous ne jurions que par Lennon. Petit Paul osait chanter les joies de la ferme et de la félicité conjugale. Nous nous haïssions donc d’adorer autant ces mélodies parfaites, addictives, et pourtant doucement grinçantes, qui étaient sans aucun doute bien plus dignes de l’héritage beatlesien que (alors) l’incontournable Imagine du frère ennemi. Ce bonheur inouï et pourtant inexcusable que nous procurait Paul a aujourd’hui la saveur de La Madeleine de Proust : celle des jours heureux qui ne reviendront jamais, mais qui ont finalement contribué à faire de nous des adultes meilleurs, nous qui avons pu grandir, puis vieillir avec les chansons de Ram.

22. Pink Floyd, Atom Heart Mother. Tout le monde sait que Pink Floyd a réalisé  ‘ l’album à la vache ‘, mais le contenu exact de cet album est injustement méconnu. Pourtant, c’est l’une des pierres angulaires du rock progressif, inaugurant chez ses compositeurs une longue série de chefs d’œuvre du même genre. On commence fort avec le morceau éponyme, folle épopée symphonique fondamentalement ancrée dans le plancher des bovins malgré ses échappées aériennes. Tandis que Alan’s Psychedelic Breakfast est sans doute ce qu’ils ont fait de plus barré (son écoute est donc indispensable), If et surtout Fat Old Sun sont apaisantes et de toute beauté. Enfin, rendons hommage à Summer’68, ce chef-d’œuvre d’une profondeur inouïe qu’on ne connaît pas toujours mais qu’on ne peut qu’aimer.

23. George Harrison, All things Must Pass. Alors là, en 1970, libéré, il peut enfin se lâcher : il réunit en studio d’excellents musiciens amis (Eric Clapton, Ringo Starr, Klaus Voormann, Badfinger…) ainsi que le producteur Phil Spector et sort en coffret 3 disques, le fruit de ses frustrations passées qui mijote à feu doux dans sa guitare depuis quelques années. Mettons tout de suite de côté l’interminable séance d’improvisation (jam) qui clôture le débat, sur tempo blues : 5 morceaux/30 minutes relativement dispensables – Et conservons tout le reste . Une vingtaine de chansons magnifiques (dont une douzaine de classiques), puissantes, touchantes, interprétées avec émotion et sincérité.

Un monument de la musique pop-folk-rock, d’une finesse mélodique et d’une sensibilité extraordinaires. Sur la pochette, George, avec sa barbe, ses bottes et ses nains de jardin . Comme s’il attendait calmement l’apocalypse. Il ne fera jamais mieux que « All things must pass ». Et il faut dire que c’était difficile à envisager. Et son chef d’œuvre est encore plus touchant depuis qu’il nous le chante des étoiles.

24. Jethro Tull, Aqualung. Au même titre qu’ELP, Jethro Tull fait partie des groupes dont la musique a tendance à mal vieillir. Pourtant Aqualung s’écoute fort bien. On y retrouve des morceaux acoustiques proches de Cat Stevens ou de Led Zeppelin III (Cheap Day Return, Mother Goose…) et d’autres plus énergiques (Aqualung, Cross Eyed Mary, Locomotive Breath…).

La principale particularité de Jethro Tull vient essentiellement de Ian Anderson qui intègre une flûte comme instrument soliste. Le son très convenable pour l’époque (1971) permet d’apprécier cet album à sa juste valeur. On peut toutefois reprocher à ce Folk-Progressif le manque de lyrisme qui fera défaut au groupe durant toute sa carrière. Pourtant, les ambiances hétéroclites qui parsèment l’oeuvre lui donnent un ton léger et agréable.

25. Yes, Fragile.
Long distance runaround
Long time waiting to feel the sound
I still remember the dream there
I still remember the time you said goodbye
Did we really tell lies?
Letting in the sunshine
Did we really count to 100?
Cold summer glistening
Hot colour melting the anger to stone
I still remember…

J’ai toujours aimé Yes pour ses paroles, son imaginaire. Un des plus beaux spectacles que j’ai vu au vieux forum de Montréal. Je lisais Nelligan à cette époque. Une nouvelle vie à l’horizon. Merci la vie!!

Notes de l’auteur

 – Deep Purple, retranscription à partir du roman Sérotonine de Michel Houellebeck.
 – Rolling Stones, analyse complète sur famillerock.com
 – Idem pour David Bowie et Aladin Sane. Plusieurs de mes choix ont été influencé par la revue Rock N Folk, spécial 666 disques (2020).

Ricardo Langlois est critique musical et littéraire. Il vient de sortir son 4e livre de poésie L’empire.

BANNIÈRE : DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE : STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR : GÉO GIGUÈRE

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