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Robert Plant chante McCall

La petite histoire d’une grande ballade
Publié le 12 décembre 2020

 

Par Mel Dee

…Et là on arrive à cette ballade Nothing Takes the Place of You, non ce n’est pas Elvis avec une voix tremblante mais bien Robert, je n’en dirais pas plus sur cette pièce car elle mérite un article dédié, et je me pose beaucoup de questions encore…
Article : Creuser en profondeur dans nos souvenirs et nos cœurs.

Ma curiosité envers cette belle chanson m’a amenée jusqu’à l’année 1934 (1939 pour certaines sources) en Louisiane qui a vu naître le chanteur et organiste de rhythm and blues, Toussaint McCall. Effectivement c’est à lui que revient Nothing Takes The Place Of You, il s’agit de son premier succès sorti en single en janvier 1967. Succès dont profite le producteur Stan Lewis avec sa maison de disque Paula Records fondée en 1963. Ce hit se place en 5e place des charts pendant 15 semaines.

Lewis est un producteur connu pour son label Jewel Records (Shreveport record label) et des labels sous des noms différents et qui a vu passer des légendes telles que Elvis Presley, Bob Dylan et John Lee Hooker.

McCall se retrouve alors en tournée avec Otis Redding et le producteur publie alors  Nothing Takes The Place Of You , le premier album édité sous Ronn Records et sort en juillet 1967. À noter que la pochette de cet album où l’on voit un couple de Blancs dans un jardin ou une forêt a été controversée étant donné les tensions entre Blancs et Noirs à cette époque.

Malheureusement pour McCall. l’homme au grand sourire, le bonheur fut de courte durée. Un autre grand succès vient lui faire de l’ombre : Judy In Disguise , de John Fred and His Playboy Band et fait que, Lewis lui tourne le dos. McCall continue tant bien que mal à remonter la pente, notamment avec un album de Gospel avec le Wesley United Methodist Church Chancel Choir.

Avant que notre idole Robert Plant reprenne Nothing Takes The Place Of You et nous l’offre dans sa propre compilation Digging Deep, ce titre était déjà apparu dans plusieurs compilations dont celle sortie en 2001 par Fuel
Records qui compte 25 titres, 8 tirés du 1er album de McCall. Cette chanson est décrite dans certains articles comme « une ballade sirupeuse » et bien évidemment agrémentée de l’esprit de la Nouvelle-Orléans et du son majestueux et spirituel de l’orgue de McCall.

Une ballade maintes fois reprises, entre autres, par Brook Benton qui l’inclue dans son album Cotillion en 1969.
Benton, aussi connu pour un délicieux duo avec Dinah Washington , A Rockin’ Good Way, chanson reprise par Bonnie Taylor en duo aussi.

Al Green, chante Nothing d’une manière très langoureuse dans son album Have A Good Time 1976. Isaac Hayes le chanteur, producteur, compositeur acteur américain reprend la chanson dans son album Black Moses, et Tab Benoit l’interprète dans son album Medicine sorti le 26 avril 2011, ainsi que le groupe Asleep At The Wheel avec leur version country dans l’album Texas Gold.

Mais la reprise que je préfère, le plus après celle de mon idole Robert Plant, c’est celle de la grande dame du blues originaire de Memphis, Koko Taylor. Une vraie Force Of Nature comme le titre de son album dans lequel figure cette reprise sortie en 1993.

Intemporelle, cette ballade est toujours reprise et a même figurée au cinéma dans la bande son du film Hairspray en 1988, avant d’être enregistrée par Robert Plant pour le film Winter in the Blood de 2013. Ce film est une adaptation du roman de 1974 de James Welch, qui raconte l’histoire d’un jeune Indien Blackfoot dans le Montana, tourmenté et emprisonné dans l’enfer de l’alcoolisme.

La scène touchante avec la voix de Robert Plant arrive à la minute 8.44 de Winter in the Blood. Plant a enregistré cette reprise exclusivement pour le film, et nous sommes ravis que cette douce ballade se retrouve sur Diggin Deep.
Avec sa magnifique mélodie et ses belles paroles :
I move your picture from my wall
I replace them both, large and small
And each new day finds me so blue
But nothing takes the place of you

McCall a créé une ballade inoubliable et doit être fier, car toujours en vie (86 ans) et malgré le succès qui lui a été malheureusement arraché à l’époque, sa belle pièce restera accrochée sur le mur de l’histoire de la musique à jamais.

2015

 

BANNIÈRE: MEL DEE
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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