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Richard Z Sirois Insomniaque

Livre : Le vinyle de l’insomniaque de Richard Z. Sirois
Publié le 4 avril 2022

 

Par Ricardo Langlois

Il me semble impossible de ne pas aimer ce Richard Z. Sirois. Avant RBO, je l’écoutais à CIBL. Un après-midi d’été, il m’avait appelé. Nous sommes en 82 probablement. Il m’appelle pour me féliciter sur certains articles. De mon intérêt pour The Clash.

Comment dire à Z. Sirois que je serai le chroniqueur de Métal pour Pop Rock. Je ne lui ai rien dit. La vie m’a donné tant de cadeaux. En souvenir de notre jeunesse, de nos rêves. De notre désir comme d’être un guitariste. En souvenir de la plus belle musique. Des meilleurs shows au Forum de Montréal. En souvenir de nos premiers joints. De nos premiers amours. En souvenir de nos sous-sols enfumés.

Tu m’as permis de recoller certains morceaux de ma vie. J’ai pleuré quand tu parles de Dieu Fiori ou de ton amour pour Pink Floyd. J’ai sélectionné quelques coups de cœur sur une soixantaine d’albums.

Mes coups de cœur

1. Neil Young, Harvest. Tu parles de ta carrière de pusher. Oui, c’est vrai les joints à 50 cents. Se cacher dans le sous-sol, Rêver avec des amis (es). Écrire. Lire Pop Rock et Mainmise. Fumer, rêver. Heart of Gold c’est une chanson qui nous rend mélancolique. Moi, j’avais un ami riche. On s’est même inventé un poste de radio. C’est fou comme être ado est le début d’une vie qui se transforme en désirs. Semer l’amour à pleines mains. Tu l’as fait. Je t’en remercie. L’amour
commence à l’adolescence. Les fleurs ne meurent pas. Mon cœur est d’or. Et la table tournante rit dans la lumière.

2. Deep Purple, Machine Head Tu parles de ton premier boulot dans un mini-putt. De mon côté, mon premier emploi sera dans un resto à Boucherville avec un cuisinier en amour avec moi. Comment vais-je me sortir de ça? C’est être Smoke on the water, les fameuses 4 premières notes. Je l’avoue Machine Head m’a permis de survivre.

3. Yes, Fragile. Je te cite textuellement Yes dans tous les sous-sols enfumés de mon adolescence. Le rock prog est une musique de rockers de luxe. Une faim d’ogre pour l’ange. Elle s’impose comme Pink Floyd et Genesis. Il y a eu ce pouvoir d’appartenir a un empire secret. J’ai vu Yes deux fois en spectacle. Un cyclone de bonheur.

4. Genesis, The Lamb lies down on Broadway. 15 décembre 1974. Le groupe Genesis arrive en ville, au Forum. Je te cite : Musique, projections visuelles… tout était impeccable. Tu ajoutes : nous les adorateurs de l’archange Gabriel, formons presque une secte religieuse. Tu l’as bien formulé. C’est un espace-temps typique à la jeunesse québécoise de cette époque bien précise. Tu vois, même à cette époque, les jeunes avaient un look gothique. En 2003, je suis allé voir Marilyn Manson. C’est un rituel. Anxiété et anti dépresseurs sont des mots qui n’existaient même pas au cégep. En 78-79, la radio étudiante, je faisais jouer Genesis, Pink Floyd, Harmonium. Un mouvement underground qui s’est déroulé pendant une décennie.

5. Pink Floyd, Meddle. Le 26 juin 75. Pink Floyd a joué à l’Autostade de Montréal. Je te cite : la rumeur dit que le groupe va jouer des pièces des albums Wish you Were Here et The Dark Side of The Moon… Tu parles de ta mère qui s’approche de toi pour te dire doucement : j’adore Pink Floyd et c’était vraiment un bon show. Fais attention à toi en retournant chez tes amis. Avoir une maman qui s’inquiète pour toi, qui partage la même musique. Tu es un maudit chanceux.

6. Fiori-Séguin. Je suis en symbiose totale avec Serge Fiori et Richard Séguin. Même linge, même cheveux, mêmes poils dans la face et à la même place en plus. C’est pas dur à  comprendre, je suis leur sosie parfait. (p. 107 ). Pas moi. Aucun poil de barbe. J’ai 18 ans, j’ai l’air de 15. Moi aussi je me suis identifié à Fiori. Moi aussi comme toi, j’étais un mauvais guitariste. J’ai essayé de mon mieux d’apprendre. Aujourd’hui je dis bonjour à la vie. Déconcentré par un prof trop beau trop gentil. Misère noire. Comme toi je ne sais pas trop ce que je vais faire de ma vie. Fumer la mauvaise herbe du diable (je te cite encore). Un jour, je vais rencontrer Denis qui va construire sa maison à Mirabel. J’arrête les études pendant 6 mois. Je lis Rimbaud et Kerouac. Aussi La Cosmogonie d’Urantia et la Bible comme Fiori.

7. Bruce Springsteen. Toi, tu étudiais à l’Uqam. J’ai juste étudié une session. J’y suis retourné en 1994. Un jour, je rencontre Marc Lamothe, il m’invite à écrire pour Pop Rock et je parlerai de Spingsteen (The River). Je suis d’accord avec toi, Born to Run est un bon disque pour baiser.

8. Offenbach, Traversion. Quand j’ai lu que tu avais fait la première partie d’Offenbach au Salon international de la Jeunesse, ça m’est revenu par bribes. C’est vrai, j’avais oublié. Voivod était la aussi. Je me souviens de Blacky qui n’arrêtait pas de niaiser. J’aimais me maquiller les yeux et porter un blouson de cuir. Je remercie la vie d’avoir rencontré Gerry Boulet au moins trois fois. Je voyais son aura, son intelligence. Son cœur si grand. La solidaire indignation de ceux qui sont torturés parce qu’ils rêvent de changer le monde par la musique et des paroles. T’en pense quoi?

9. Les Colocs. En mémoire de Dédé Fortin. Tu te confies sur Dédé. Les larmes ont commencé à couler. Cet extrait : Je travaille sur des chansons pis j’aimerais ça te les faire écouter. Moi (gentiment), je suis vraiment trop occupé, j’ai pas beaucoup de temps (p. 203). Nos vies sont compliqués. Tu parles de 1989-1990. Tu étais à 100 Limite à TQS. J’étais à la radio. Je travaillais comme un fou. Mon chum a trouvé ça difficile…Dédé avait le Québec tatoué sur le cœur. Si tu as le temps, Richard, lis ma critique de sa bio écrit par Raymond Paquin. Jimmy Bourgoing, le batteur, m’a dit que Dédé aurait aimé.

10. 12 mars 1973. Je suis tellement jaloux mon maudit Richard. Être au Forum pour voir live The Dark side of the Moon au complet. En plus je te cite: j’étais à une longueur de bras de David Dieu Gilmour. Et tu ajoutes : Tout dans ce show était idyllique (p. 242 ).

11. Black Sabbath. Tu parles d’un show de Black Sabbath que tu as vu le 23 février 2016 avec ton fils de 16 ans. Tu fais l’apologie de Black Sabbath. Le jeu de guitare de Tony Iommi qui a perdu l’extrémité des deux doigts. L’album Black Sabbath ( la couverture p. 264 ) a eu l’effet d’une bombe. Tu fais des comparaisons aussi fondamentales que Nevermind de Nirvana et Revolver des Beatles. Ozzy est un puissant guerrier qui a traversé toutes les époques. Je l’ai vu 2 fois dans les années 80. J’ai adoré Dio aussi. C’est Paranoid mon premier album à vie. Cette musique m’a donné le goût de vivre.

12. Tu as choisi Bowie pour terminer ton livre. Tu expliques pourquoi tu aimes tant le vinyle. Si j’avais 28 ans et un corps d’enfer … Plus loin, tu dis :Je sais que mon corps est en 2022, mais ma tête est en 1972… Juste ces petites phrases et c’est le pure enchantement qui remonte à la surface. Ziggy Stardust est ton dernier choix..

Pour la fin

Je suis un nostalgique heureux, c’est la dernière phrase. C’est plein d’amour, de musique, de rêves. L’art, la poésie, la musique. Réinventer le rituel d’écouter un album d’un bout à l’autre. Est-ce que tout ce qui est dans le passé (caché et imprévisible) est un antidote à cette affreuse vie? Comment survivre à cette époque?

Je retourne à ma musique comme toi . Je l’écoute comme des prières, des psaumes que j’apprends par cœur. On pense. On imagine le temps qui a passé trop vite. J’ai passé des heures inoubliables avec ton livre.

C’est une encyclopédie que tu offres aux lecteurs (lectrices). C’est un livre d’histoire. C’est l’histoire d’un mélomane qui a voyagé à travers un demi-siècle. J’ai sélectionné quelques coups de cœur mais tout est bon. Hendrix et Nirvana sont absents. Tes choix sont légitimes. C’est ton livre, ton empire magnifique. J’espère te rencontrer, c’est mon souhait.

Vitrine chez Archambault, Montréal

Notes

– Richard Z. Sirois, Le vinyle de l’insomniaque. Saint-Jean éditeur 320 pages.
– Ricardo Langlois est critique musical pour famillerock.com et critique littéraire pour lametropole.com. Il est l’auteur de 4 livres de poésie.

 

Fabriqué au Québec!
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone!

Photo de bannière : Johanne Fournier, Le Soleil
BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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