Spectacles

Pink Floyd Montréal 77

Pink Floyd au stade Olympique
le 6 juillet 1977
Publié le 8 juillet 2022

Par Michel Branchaud

Il y a exactement 45 ans aujourd’hui, le 6 juillet 1977, 80,000 personnes s’étaient entassées au Stade Olympique pour assister au concert de la tournée In the Flesh de Pink Floyd, et j’y étais. C’était le premier concert de l’histoire du Stade Olympique.

Cette soirée a été complètement magique. Je ne me rappelle plus de tout car ma mémoire a commencé à oublier bien des choses depuis quelques années, mais je me souviens tout à fait de l’ambiance qui régnait dans le Stade.

Et l’impression que les spectateurs n’embarquaient pas dans le show. Beaucoup de monde parlait, et à un moment donné, Roger Waters a piqué une crise. Il a arrêté de jouer et s’en est pris à certains spectateurs en les critiquant. Il a même craché sur eux. Du haut de son estrade, pas certain qu’il les ait atteints, mais le geste était quand même grave.

D’où j’étais placé, je n’ai pas tellement réalisé ce qui se passait (mon anglais n’était pas tellement développé à cette époque, et le son du Stade était très mauvais. Heureusement, les techniciens ont réussi à l’améliorer au fur et à mesure que le spectacle avançait, mais je l’ai lu dans le journal le lendemain.

Roger Waters a toujours regretté son geste et il en a parlé très souvent par la suite et il s’est excusé à plusieurs reprises. Il en a parlé souvent pour une raison. C’est que c’est à partir de cet événement que lui est venue l’idée de composer l’album The Wall, une des œuvres majeures de Waters.

L’idée exprimée dans cet album, c’était de bâtir un mur entre les musiciens et la foule. C’était une idée bizarre, mais il l’a pourtant fait deux ans plus tard. L’album a été un grand succès, mais le spectacle n’a pas très bien fonctionné avec Pink Floyd (il me semble qu’ils l’ont joué que 5 ou 6 fois) car l’harmonie entre David Gilmour et Roger Waters s’effritait de plus en plus, et le concert coûtait très cher à produire.

Ça me fait un petit velours d’avoir assisté à la naissance de l’album The Wall. Mais depuis la séparation de ces deux-là, Waters a joué ce concert, sans Pink Floyd, des centaines de fois (concert que j’ai vu à deux reprises, dont une fois avec mon confrère de spectacles préféré, mon cousin Denis)

Pour revenir au concert In the Flesh, le groupe avait commencé par jouer l’album Animals, un album qui était sorti depuis 4 ou 5 mois seulement. Évidemment, les maniaques de Pink Floyd comme moi connaissaient déjà cet album sur le bout de leurs doigts, mais ceux qui y sont allés parce que ce show était un événement très important pour Montréal lors de cet été là, eux, ils le connaissaient beaucoup moins parce qu’il n’y a pas vraiment de chansons qui sont apparues sur le Billboard américain. C’est peut-être ce qui explique, avec en plus le fait qu’il ne faisait pas encore noir, que les spectateurs ont été indisciplinés au début du concert.

Après l’album Animals, ils ont joué l’album Wish You Were Here et ils ont quitté. (Ces deux derniers sont mes deux albums préférés du groupe.) Après une très longue ovation, ils sont revenus pour jouer Money et Us and Them, puis ils sont repartis.

Après ce rappel, les spectateurs ne semblaient plus vouloir s’arrêter de les ovationner. Au bout de 5 ou 6 minutes, ils ont ouvert les lumières et rapidement, au moins la moitié des spectateurs sont partis. Mais je faisais partie de la moitié qui était resté là à les applaudir encore et encore. Puis, MIRACLE, au bout d’une dizaine de minutes, Roger Waters, Richard Wright et Nick Mason sont revenus pour nous jouer, toutes les lumières du Stade ouvertes, ce qu’ils ont nommé par la suite «Drift Away Blues». Il me semble qu’il y avait eu deux ou trois musiciens de tournées qui les avaient accompagnés, mais David Gilmour, je ne sais pas trop pourquoi, n’était pas venu avec les autres. Les musiciens jouaient pendant que les roadies démontaient le stage. À mesure qu’ils enlevaient un instrument, celui qui le jouait quittait et les autres continuaient à jouer.

Montréal a été la première place où ils ont fait ça, et ça a aussi été leur dernière. Je ne vous surprendrais certainement pas si je vous dis que ça a été le meilleur concert de ma vie.

Mais en réalité, tous les concerts de Pink Floyd que j’ai vu ont été le meilleur concert de ma vie!

Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone

BANNIÈRE : THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE : MARCO GIGUERE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR : GÉO GIGUÈRE

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