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Marc Hamilton Les Caïds

Marc Hamilton et Les Caïds 1968
Publié le 21 février 2022

 

Texte intro : Muriel Massé -Texte article : Félix B Desfossés

Introduction

Nous apprenions récemment que le chanteur Marc Hamilton, auteur et interprète de la fameuse chanson Comme j’ai toujours envie d’aimer, est décédé. On en aurait long à dire sur son parcours musical. Avant ce méga succès qui changea sa vie, Marc Hamilton était membre de plusieurs groupes, dont certains de style dance.

Milieu des années 50, il découvre Elvis Presley et Jerry Lee Lewis. Il fonde à 19 ans le groupe Les Shaddols, inspiré des Beatles, le style yé-yé. Marc compose des chansons, des 45 tours se gravent.

Les Shadols, formé de Marc Hamilton (chant et guitare), Jean-Marc Couture (guitare solo), Normand Bouchard (guitare basse) et Jean Landreville (batterie)

Mais la concurrence est féroce et ils doivent trouver autre appât pour attirer les fans. Car l’heure est au cabaret et l’attraction est de mise, on se costume! On interprète les Frankeinstein et Dracula. On porte des costumes épeurants. On s’appelle Les Monstres. On attire les foules et le public aime les voir. Mais ça ne mord pas assez! 

Les Monstres, formé de  Marc Hamilton (chanteur), Réal Brousseau (guitare), François Carel (guitare), Normand Bouchard (basse) et Michel Bourgon (batterie)

C’est en 1968 que Marc Hamilton rejoint Les Caïds, alors formé de Guy Jetté, Bob Julien, Rémi Perron et Daniel Nault. 

C’est ici que je vous laisse entre les mains du journaliste, Félix B. Desfossés, qui a raconté toute une histoire sur Les Caids, écrit pour Radio-Canada le 15 mars 2017.

 

Un article de Félix B. Desfossés :

Quand Marc Hamilton jouait les caïds avec de futurs membres d’Abbittibbi…

Avant le succès monstre de Comme j’ai toujours envie d’aimer, Marc Hamilton a joué dans plusieurs groupes yéyé que l’histoire a malheureusement oubliés… ou presque! À l’occasion de son spectacle au Théâtre du Cuivre de Rouyn-Noranda, le chanteur se souvient de ses aventures avec un groupe de la région dont les membres allaient ensuite faire partie d’Abbittibbi.

Maniwaki, 1968

La scène se déroule dans le bar enfumé d’un hôtel de Maniwaki, en Outaouais, au petit matin, en 1968. L’endroit est fermé depuis déjà un certain temps. Le parrain de la mafia italienne québécoise, dont nous tairons le nom, prend place au centre de la salle avec son entourage.

Pour eux, la soirée n’est pas finie, bien que les premières lueurs du lendemain commencent à poindre. Le silence est lourd. On veut de la musique.

Un membre de l’entourage est envoyé au deuxième étage. On l’a chargé de ramener sur scène les musiciens qui ont assuré l’ambiance plus tôt durant la soirée.

– Le boss vous demande de revenir jouer.
– Mais la soirée est finie?
– Le boss vous demande de revenir jouer. Qu’est-ce que vous buvez?

Marc Hamilton répond qu’il boit de la « liqueur douce ». On lui en amène une caisse sur scène. Daniel Nault, lui, répond qu’il boit de la « liqueur forte ». On lui dépose une bouteille complète sur scène.

Avaient-ils vraiment le choix ? Les musiciens enfilent de nouveau leurs habits de scène. Il s’agit de costumes inspirés de ceux de membres de la pègre, époque Al Capone. Chapeaux Stetson, vestons à épaulettes, bretelles, pantalons amples et souliers cirés. Sur leurs photos promotionnelles, Les Caïds ajoutent même à leur attirail quelques accessoires, dont une mitraillette, cigares et cigarettes.

« Ça a cliqué entre nous autres tout de suite! On a monté ce groupe-là dans lequel on était comme des gars de la pègre… on jouait les caïds, quoi!, se souvient Marc Hamilton. On a joué beaucoup à l’époque, beaucoup de musique de danse. »

1968, c’était la dernière ligne droite des « gimmicks » et des groupes costumés. Le groupe Les Judans, de Rouyn-Noranda, s’était rebaptisé Les Caïds au moment où le chanteur Marc Hamilton l’avait rejoint. Selon les souvenirs du bassiste, Rémi Perron, c’est Hamilton lui-même qui aurait eu l’idée d’adopter ce concept inspiré de la mafia.

Des Caïds à Abbittibbi

Son existence a été de courte durée. En 1969, l’aventure était déjà terminée. Hamilton allait devenir l’une des plus grandes vedettes de la francophonie avec son succès Comme j’ai toujours envie d’aimer, en 1970.

Daniel Nault, qui partageait le tour de chant et la guitare avec Marc Hamilton, allait partir en solo sous le nom de Mathieu. Rémi « Le Pic » Perron et le batteur Guy Jetté allaient se joindre à Abbittibbi en 1976 aux côtés d’un certain Richard Desjardins.

Mais ce destin n’était pas encore joué.

Caïds et mafieux

À Maniwaki, Les Caïds doivent satisfaire les exigences du parrain de la mafia qui veut les entendre jouer. Vêtus de leurs habits de faux mafieux, ils entament leur tour de chant devant les plus dangereux véritables gangsters italiens de la province. Quelle mise en abyme! C’en est presque burlesque.

Il semble que malgré leurs accoutrements, ils aient plu. Après le spectacle, les musiciens sont invités à s’asseoir à la table de la mafia. « Daniel Nault était avec un gars de la gang qui était très très connu, qui était comme le boss si on veut. Il parlait d’humilité avec lui en le tenant par le cou et l’autre lui payait à boire! Mon Daniel s’était mis chaud malade! », se remémore en riant Marc Hamilton.

Souvenirs doux et monstrueux à la fois

Pour lui, cette période avec un groupe de Rouynorandiens, précédant celle où il a connu un succès démesuré, en est une de bons souvenirs. Il parle des Caïds, tout comme de ses premiers groupes, Les Shadols et Les Monstres, avec une nostalgie évidente.

Fait inusité, Marc Hamilton a interprété Dracula dans le groupe costumé Les Monstres en 1965 et 1966! Ses musiciens, déguisés en Bossu de Notre-Dame, Frankenstein, la Momie ou le Fantôme de l’Opéra, l’amenaient sur scène dans un cercueil dont il sortait pour prendre le micro!

Les Monstres ont fait une tournée de l’Abitibi-Témiscamingue en 1966 en compagnie du groupe Batman. C’est peut-être à cette occasion que Marc Hamilton a fait la rencontre des musiciens de Rouyn-Noranda avec qui il formait Les Caïds l’année suivante.

Avec son groupe d’horreur rock à gogo, Hamilton a marqué les esprits, atteignant un statut. Un de leurs 45 tours, sur lequel se trouvait une reprise du succès Monster Mash, peut se vendre aujourd’hui à des sommes astronomiques dans le milieu des collectionneurs.

 

De compétiteurs à complices

À cette époque, Les Monstres faisaient aussi des tournées avec Les Misérablesles Rolling Stones canadiens-français, disait-on alors. Leur chanteur et guitariste, Gerry Bribosia, est toujours un acolyte d’Hamilton. Il accompagne le chanteur sur scène. Rivaux à l’époque, ils sont aujourd’hui complices.

« Je suis parti en France après Les Caïds, mais on est tous restés chums. Un peu comme avec Gerry Bribosia, qui est mon chef d’orchestre et aussi mon grand compagnon. On s’est connus, on avait en bas de 20 ans! C’est comique! Deux petits-vieux de 70 ans qui roulent en voiture pour aller faire un spectacle à Rouyn-Noranda… c’est une vraie farce! Si on m’avait dit ça il y a 50 ans, je ne l’aurais pas cru. J’aurais dit : « Voyons donc toi, je vais être mort depuis longtemps! » Mais non, on est loin d’être morts. C’est vraiment spécial ce qui nous arrive. »

Marc Hamilton et son complice Gerry Bribosia. Photo : Radio-Canada/Félix B. Desfossés

 

Témoignage d’un musicien qui a fait partie de son orchestre, Daniel Nault 

Marc Hamilton et Daniel Nault

En 1968, les membres de mon orchestre Les Caïds originaires de Rouyn avions un contrat à l’hôtel Joliette et Marc Hamilton qui était à la recherche d’un orchestre pour l’accompagner lors de ses tournées nous visita pour une audition. Ainsi commença notre aventure avec Marc Hamilton qui dura plusieurs années. Comme j’ai toujours envie d’aimer sort au début 1970 et nous avons eu de nombreux engagements.

Dans ce temps, j’étais très prolifique et j’écrivais beaucoup de chansons. Le gérant de Marc, Normand Bouchard, m’offrit d’enregistrer mon premier album tout simplement nommé Mathieu, qui fut enregistré au Studio André Perry à Montréal en 1972. Ainsi commença ma carrière musicale.

À la fin de la tournée, ma carrière de s’est poursuivi sous le nom de Mathieu. J’ai lancé 3 albums avec succès. Ma chanson fétiche, La musique atteignant le top 10 du palmarès de l’époque. J’ai revu Marc à de nombreuses occasions au long des années. Nous avons échangé nos contacts et j’ai habité dans le même building que lui pendant des années. Son départ m’a affecté même si je l’avais pas revu depuis une dizaine années. Mes sympathies à sa famille.

Aujourd’hui â de 72 ans, Daniel Nault est encore actif, vivant en banlieue de New York avec sa femme Angela et leurs 2 enfants. Il chante et joue de la guitare avec le groupe Toledo, genre : Oldies, Old Rock n Roll et Blues.

Discographie : Trois albums au Québec: Mathieu, 1972. Live à la brasserie Baby de Joliette (chansonnier) et Terminus. Deux 45 tours, Matagami Blues et Monsieur Blanc! Quelques autres aux États Unis.

Toledo : Daniel Nault, Nick Casinelli, Jonathan Kinzler, Allan Tepper et Cliff Warren

Fabriqué au Québec

Basé a Montréal, capitale mondiale du rock francophone

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: MARCO GIGUERE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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