Chroniques

Paul McCartney Ram

Le top 100 de Ricardo # 1 
Ram, Paul McCartney
Publié le 11 janvier 2023

Par Ricardo Langlois

Ram, Paul McCartney, 1971.

La joie que me procure cet album est sans nom. Je ne la comprends pas moi-même. C’est comme une vieille bonne nouvelle. Un flambeau. Un soleil souterrain qui ne s’éteint jamais.

Le bonheur d’une musique secrète

Le jeune garçon que j’étais alors, ignorait que Ram était un règlement de compte contre John Lennon. De l’aurore et le givre sur les pierres vertes, McCartney, l’enfant prodige, jaloux ? Ou tout simplement un orage. Cette voie traversée d’anges. Aujourd’hui, le chanteur désigne Ram comme son album solo préféré, compte tenu de tout ce à quoi il renvoie, a commencé par une forme de rédemption. Pour éviter les comparaisons paresseuses avec les Beatles.

Depuis que j’ai installé ma table tournante, j’essaie de recréer cette magie. J’étais en secondaire 5, à la radio étudiante, la musique progressive était à l’honneur. J’ai toujours aimé les Beatles. J’ai aimé McCartney parce qu’il habitait sur une ferme. Plusieurs chansons s’inspirent des enfants et de l’environnement. J’ai aimé qu’il intègre sa femme à son groupe de manière instinctive. Ces deux-la étaient tout simplement inséparables.

Chanson par chanson

1- Too Many People  Une belle chanson punchy. Beaucoup de méchanceté qui inspire les paroles de la chanson. Un immense hit radiophonique.
2- 3 legs  Inspiré, selon certaines sources, par le dessin d’un chien dépourvu de membres fait par sa fille de 8 ans, Heather. Ce titre de blues acoustique se révèle plaisant. McCartney se lamente. Je pensais que tu étais un ami ,mais tu m’as laissé tomber. Tu as chamboulé mon cœur.
3- Ram On  Un moment de contemplation introspective. Court et léger, porté par le doux son d’un ukulélé.
4- Dear Boy  Cette composition qui s’appuie sur un battement de piano plein de vie est dominée par une symphonie de voix.
5- Uncle Albert, Admiral Halsey Avec sa structure medley et son coté Yellow Submarine
6- Smile Away  Étrange pièce. Rockabilly entraînant puis un avant goût du glam rock.
7- Heart of the Country  Une ode à la vie à la campagne (acoustique, jazzy et mélodieuse). À noter : pas de batterie, des bruits de poubelles.

8- Monkberry Moon Delight  Voici un morceau de rock carnavalesque dans lequel McCartney délivre ses jeux de mots surréalistes. Une chanson inspirée par les enfants de Paul. À noter la voix de Linda (sa douce).

9- Eat at Home  Un rock n’roll vintage.

10- Long Haired Lady  Hommage à sa femme Linda. Un hymne idéaliste. Paul a pleuré après le mixage.
11- Ram On  (reprise) la suite (52 secondes).
12- The Back Seat of my Car  Pièce épique. Fanfare de cuivres, promesse de liberté, émancipation. Cette ligne : Nous pensons ne pas pouvoir nous tromper. Ce titre avait été soumis aux Beatles par McCartney en 1969.

La genèse de Ram (1)

Nous vivions en Écosse à la ferme dans des circonstances très rudimentaires », se souvient-il, en repensant à cet été où la famille a de nouveau décampé vers le nord. « Je veux dire, j’ai dit que je voulais revenir à l’essentiel, mais je pense que nous sommes revenus au-delà des bases! Nous étions comme des squatters dans notre propre maison ! C’était sacrément funky. En contraste frappant avec leurs habitudes citadines, le mode de vie agraire semblait convenir au couple et Paul s’est lancé dans les routines de la ferme, avec la tonte des champs et la tonte des moutons parmi ses tâches. Immergé dans le rythme lent mais occupé de la domesticité austère – Linda était enceinte de Stella à l’époque – le déménagement a donné à Paul une nouvelle perspective à partir de laquelle aborder son prochain chapitre.

« J’avais eu une petite chance de m’adapter à ma nouvelle situation avec Linda, et maintenant c’était un peu plus facile d’envisager des plans d’avenir, parce que ma situation personnelle était un peu plus confortable », explique-t-il. J’ai donc pu prendre un peu de temps et commencer à planifier le genre d’album que je voulais ensuite. Et après avoir fait un album maison de « salon de façade » [McCartney], je voulais maintenant m’étendre un peu. J’étais prêt à ouvrir mes horizons. »

Il avait amassé un ensemble de chansons aussi bucoliques que l’environnement dans lequel elles avaient été créées. Certains ont été écrits dans leur « petit jardin » avec « les enfants qui courent partout… et le soleil brillerait », tandis que d’autres se sont concrétisés lors de vacances en famille en France. Les paroles témoignaient d’un sentiment d’accomplissement, étaient imprégnées d’une gaieté rayonnante et glorifiaient l’intimité idyllique qu’il savourait avec sa famille. Dans le titre allusif Heart Of The Country, par exemple, un couplet évocateur s’enthousiasmait : « Je veux un cheval, je veux un mouton/Je veux passer une bonne nuit de sommeil, vivre dans une maison au cœur du pays. »

Pour leur donner vie, cependant, Paul a décidé que cette fois-ci, un effort collectif peindrait le tableau le plus vivant. Ses pensées se sont donc d’abord tournées vers qui pourrait faire le partenaire parfait – le faire-valoir avec lequel stimuler son processus créatif. Le candidat idéal, réalisa-t-il immédiatement, était assis juste à côté de lui.

Note

(1). Pour la genèse, traduction d’un article sur loudersound.com

Ricardo Langlois est analyste musical pour Famillerock.com. Il est aussi critique littéraire pour lametropole.com.

 

BANNIÈRE : DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE : MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR : GÉO GIGUÈRE

Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone

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