Spectacles

Hackett Seconds Out

Spectacle de Steve Hackett à Montréal
Le dernier gardien de l’héritage de Genesis
Place des Arts, le 29 novembre 2022
Publié le 2 décembre 2022

Texte/Photos/Vidéos : André Thivierge  

Steve Hackett, le dernier gardien de la musique de Genesis

Photo : André Thivierge

Avec la retraite des membres restants de Genesis à la suite de la fin de leur tournée d’adieu en mars dernier, les fans du groupe qui veulent encore entendre en spectacle leurs pièces favorites ont maintenant deux choix.  Ou bien, ils vont voir un groupe hommage et il y en a encore de très bons comme The Musical Box ou ils assistent à un spectacle du seul membre du groupe encore actif, Steve Hackett.

Le guitariste qui a joint Genesis en 1971 en même temps que le batteur Phil Collins a participé à 4 albums de l’époque de Peter Gabriel à la voix principale et à 2 albums qui ont suivi avec Phil qui a pris le relais comme chanteur. Pendant cette période que l’on pourrait qualifier de classique dans l’histoire de Genesis, Steve Hackett s’est démarqué avec son style distinctif et sa grande virtuosité.

Malheureusement, excédé du peu de place laissée à ses talents de compositeur dans le groupe et croyant que sa musique rayonnerait davantage en solo, il quitte Genesis en 1977, pendant le mixage du 2e album en spectacle du groupe, Seconds Out.

45 ans plus tard

C’est en hommage à ce dernier album double qui célèbre ses 45 ans que Steve revient à la Place des Arts de Montréal pour en offrir l’intégrale.  Le spectacle devait avoir originalement lieu en mars 2022 mais pour des raisons de santé, le public montréalais est un des derniers à faire partie de cette tournée qui a déjà fait le tour de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

Petite anecdote, l’album du spectacle Seconds Out a été mis en vente en septembre dernier.  J’ai commandé celui-ci directement du site de Steve et obtenu une copie signée.  Pour ne pas gâcher la surprise, j’ai attendu deux mois avant d’écouter l’album mais l’attente en valait la peine.

Après une courte pause de tournée, Steve et son groupe sont arrivés quelques jours plus tôt à Montréal.

Steve et Jo Hackett à Montréal, novembre 2022

Baptême de feu d’un nouveau batteur

Le groupe a procédé à une séance de répétitions pour familiariser un nouveau batteur, Nick D’Virgilio.

Celui-ci a un lien particulier avec Genesis, ayant été un des deux batteurs engagés en 1997 pour remplacer Phil Collins sur le dernier album studio du groupe, Calling All Stations. Il a une longue expérience de la musique progressive ayant évolué avec les formations Big Big Train, Mystery et actuellement Spock’s Beard.

Outre D’Virgilo, le groupe de tournée de Steve Hackett comprend Nad Sylvan (voix), Roger King (claviers), Jonas Reingold (basse, 12 cordes et pédales) et Rob Townsend (saxophone, flûte, cuivres, bois, clavier et percussions). Ils forment une unité bien rodée, ayant passé beaucoup de temps ensemble sur la route avant et après l’interruption des concerts causée par la pandémie.

Photo: André Thivierge

Photos : Daniel Lagueux

Salutations particulières à son public en français

Au début du spectacle, Steve a bien sûr salué le public montréalais en français au grand plaisir de la foule et a rappelé à quel point il était heureux pour lui de se produire à nouveau sur scène. La première partie du spectacle a été consacrée à l’interprétation de quelques chansons solo du guitariste. Le morceau d’ouverture, Ace of Wands (1975) était fantastique alors que Steve a offert des variations de guitare époustouflantes sur cette pièce instrumentale, pour le plus grand plaisir de la foule.

Dans son introduction de la chanson The Devil’s Cathedral, tirée de son plus récent album studio Surrender of Silence (2021), Steve a déclaré que la chanson parlait d’ambition débridée. La chanson commence avec les claviers à la sonorité sinistre de King et comprend une grande section médiane mettant en valeur les claviers de King et la guitare de Steve.

Rapidement, le groupe a enchainé avec The Tower Struck Down (1975) suivi après un solo de basse très jazzé de Reingold de la section finale instrumentale de Shadow of the Hierophant (1975) sous les applaudissements de la foule.

L’ambiance est redevenue plus calme au milieu de la pièce avec seulement King jouant ce qui ressemblait à un piano d’enfant. Lorsque le groupe au complet a repris le dessus, la chanson a atteint un magnifique crescendo. Le public a explosé lorsque Steve et son groupe ont quitté la scène pour une intermission de 20 minutes avant le deuxième set de la soirée.

Place à l’intégrale de Seconds Out

Le rock brillant et puissant de la chanson Squonk (1976) de Genesis a donné le coup d’envoi de la partie Seconds Out du spectacle pendant que Steve suggérait à la foule en français de ‘chanter si vous voulez’. La voix de Sylvan sur cette chanson était solide et Townsend a fourni un jeu de saxophone impressionnant sous les applaudissements du public.

Notons que c’est à cet instant que Reingold a sorti sa guitare à deux manches, semblable à celle qu’utilisait Mike Rutherford pour le concert original de Genesis.

Photo : André Thivierge

The Carpet Crawlers (1974) a bénéficié d’une solide introduction au clavier par King reproduisant à merveille la chanson originale et d’une voix précise de Sylvan, ainsi que du formidable jeu de fret de Steve.

L’interprétation de Robbery, Assault & Battery (1976) a permis à de nombreux spectateurs de se lever pour la première des nombreuses fois du spectacle. Le travail de King aux claviesr a permis de constater sa grande virtuosité pendant le solo du milieu de la chanson pendant que Sylvan a chanté à perfection cette chanson complexe.

Photo : André Thivierge

Le groupe a offert ensuite Afterglow (1976) dans toute sa majestuosité, reproduisant à merveille la sensation d’apocalypse imaginée par Genesis avec des chœurs meilleurs que l’original.

Le travail de King au piano au début de Firth of Fifth (1973) était magnifique.  Il faut noter ici que le claviériste a offert l’introduction complète qui n’apparait pas sur l’album live de Genesis.  Et bien sûr, que dire de plus à propos du fameux solo de guitare épique de Steve comme seul lui peut le jouer à la perfection.

Extrait de Fifth of Fifth.  Vidéo : Daniel Lagueux

Steve demande ensuite à la foule de taper des mains pour entamer I Know What I Like (In Your Wardrobe) (1973) présente une section médiane jazzy avec un excellent travail de saxophone de Townsend et un jeu de basse de Reingold qui nous emmène complètement ailleurs. Elle a été applaudie par la foule.

Encore une fois, King enchaine avec perfection avec l’intro très complexe de The Lamb Lies Down on Broadway (1974). L’interprétation de Sylvan s’apparente davantage à l’ère Gabriel que celle de Collins.

Le deuxième set est entré dans sa dernière ligne droite avec l’interprétation par le groupe de la dernière section du couplet de The Musical Box (1971). La foule apprécie visiblement ce court extrait du premier album auquel a participé Steve offrant une ovation debout.

L’interprétation de Supper’s Ready (1972) a probablement été le point culminant du spectacle, qui a été rempli de moments forts. Elle a vraiment montré à quel point le groupe est solide et cohérent. Le chanteur a offert toutes les nuances des personnages variés de la chanson et le claviériste a joué avec passion le solo d’orgue de la section Apocalypse in 9/8.  Le travail de guitare de Hackett vers la fin de la chanson était phénoménal et a couronné ce qui avait été une version vraiment exceptionnelle de la chanson.

Photo : André Thivierge

Les performances de The Cinema Show (1973) et Aisle of Plenty (1973) ont conclu le deuxième set. Hackett et le groupe ont donné le coup d’envoi de ces chansons avec une performance foudroyante qui a encore une fois fait lever la plupart des spectateurs et les a encouragés. À souligner que Genesis n’a jamais joué Aisle of Plenty en spectacle qui est la conclusion de Cinema Show.

Un rappel percutant

Le rappel a débuté avec le majestueux Dance on a Volcano (1976), aussi solide que l’original. Le batteur D’Virgilo a ensuite été mis en vedette avec un solo de batterie. Alors que de nombreux solos de batterie peuvent être carrément ennuyeux et grandiloquents, celui-ci ne l’était pas. Le batteur a montré ses talents musicaux pour le plus grand plaisir de la foule.

Photo : André Thivierge

La soirée s’est terminée par l’interprétation de Los Endos, qui comprenait un extrait de la pièce solo de Steve, Slogans (1980).

Le public a réservé au groupe une dernière ovation debout pleinement méritée, une finale parfaite pour cette superbe soirée en compagnie de celui qui continue à faire revivre la magie de Genesis.

Rob Townsend et Roger King époustouflés par l’ovation debout à la fin du spectacle

Une autre soirée mémorable

Comme il nous l’a habitué, Steve et son groupe ont offert une version bonifiée de plusieurs classiques de Genesis conservant les parties qui continuent à émouvoir ses fans tout en offrant de belles innovations musicales.

Photo : Daniel Lagueux

Est-ce la fin de l’aventure Genesis pour Steve?  Pas encore alors qu’il a entrepris l’été dernier son nouveau spectacle Foxtrot at Fifty qui célèbre le 50e anniversaire de cet album qui a marqué le monde de la musique progressive.  Les fans attendront avec impatience les dates de sa prochaine visite au Québec.

 

Fabriqué au Québec!
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone!

Merci à Daniel Lagueux pour son vidéo Fifth of Fifth et ses photos

Photo de bannière: André Thivierge
BANNIÈRE: MEL DEE
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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