Chroniques

Cowboys En berne

En berne (2002)
Publié le 15 avril 2022

 

Par Laurent Lavigne

Paroles et musique : Jean-François Lauzé
Interprète : Les Cowboys fringants

Les Cowboys Fringants ont sorti cette chanson sur leur album Break syndical en 2002, mais le groupe existe depuis 1994. Leur premier album auto-produit sur cassette date de 1997 et depuis, ils ne cessent de sortir des albums (16 à ce jour) et de se produire en spectacle au Québec où en Europe francophone. Leur musique est un mélange de musique traditionnelle, folk et alternative. Leurs spectacles sont toujours festifs.

Autre particularité de ce groupe est que tous leurs fans connaissent toutes les paroles de leurs chansons et chantent avec eux sur leur musique endiablée, ici comme en Europe là où les francophones sont capables de chanter leurs paroles de Québécois. Il y a même un groupe en France qui s’appelle Les Cousins Fringants (association culturelle  pour promouvoir la culture québécoise en Europe, fondée en 2004). Le chanteur mène donc la danse, mais il a tous les spectateurs comme choristes ou souffleurs.

Logo des Cousins Fringants: 4 fleurs de lys blanches représentant le Québec ; 8 étoiles jaunes représentant l’Europe ; L’automobile est issue de la pochette de l’album Break syndical des Cowboys fringants, sorti au Québec en 2002.

Leur disque de 2002 est d’ailleurs leur premier prix à l’ADISQ, pour un album alternatif. Au cours des années suivantes, trois autres albums ont eu des prix. Trois fois, ils ont été le groupe de l’année. Une fois, le vidéoclip de l’année, une fois, le spectacle de l’année. Une accumulation de reconnaissances.

2002, Gala de l’Adisq, En Berne

2003, gala de l’Adisq

Environnement

Le groupe est de gauche et promeut la solidarité populaire, l’environnement et la souveraineté du Québec. Les partitions de leurs chansons sont disponibles sur leur site internet : peu d’artistes en font autant. Jean-François Lauzé est le principal auteur-compositeur, Karl Tremblay l’unique chanteur, Marie-Annick Lépine la multi-instrumentiste et Jérôme Dupras le bassiste qui a une maîtrise en biochimie ainsi qu’un doctorat en économie de l’environnement. C’est l’éminence verte du groupe. Grâce à lui, la crédibilité de la Fondation des Cowboys Fringants, créée en 2006, est assurée.

Depuis 2006, leur fondation sans frais de gestion a comme mission la réduction des impacts du groupe musical sur l’environnement, la protection des territoires à haute valeur écologique et la recherche scientifique. La Fondation s’assure d’être carboneutre pour les activités du groupe et des déplacements de leur public. Par exemple en 2008, 7 556 tonnes de CO2 ont été émises, ce qui a représenté la plantation de 33 584 arbres.

Pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, ils se sont engagés avec d’autres fondations à planter 375,000 arbres. L’opération est en cours. Une part des recettes des spectacles et de la vente des disques va directement à la Fondation. Il y a des spectacles-bénéfices où toute la recette est versée.

En Berne

Jean-François Lauzé a écrit beaucoup de textes engagés (Plus rien, Le gars d’la compagnie, Les étoiles filantes, Ti-Cul, 8 secondes, etc.). En Berne exprime tout ce qui l’exaspère dans le Québec post-référendaire , il est alors dans la vingtaine. Il est le jeune visé par Entre deux joints, la chanson de Bourgault et Charlebois. Mais dans En Berne, Jean-François Lauzé, s’adresse à tous, en décrivant le contexte glauque de la société québécoise. 

Il trouve la mélodie un soir sur la rue Saint-Denis. Il l’envoie sur son répondeur pour ne pas l’oublier. Il noircit des pages de textes et après quelques mois de rayures, il conserve l’essentiel. Le refrain vient en entendant sa blonde de l’époque ronfler. « Si c’est ça le Québec moderne » eurêka. Le dictionnaire de rimes lui donne « en berne ». Et voilà, le tour est joué.

Tout y passe : le statu quo du Québec face à l’indépendance, notre vie « scotchée » à la télévision, à manger de la poutine, à acheter les gratteux de Loto-Québec, à jouer au Casino. Puis il y a les fermetures d’usine, les grosses compagnies, les gros syndicats, les coupes à blanc. On est indifférents, ignares, on vit dans une fausse démocratie menée par la finance et les politiciens achetés. Ouf !

Deux choses me surprennent dans cette chanson. D’abord, comme pour la plupart des chansons du groupe, la musique est festive, entraînante, dansante et c’est une grande partie de son succès. Mais est-ce que le message passe ? Puis, il n’y a pas de solution dans la chanson. On s’en va où ? C’est un réel constat d’échec, sans solution. Probablement que pour cette chanson et les autres engagées du groupe, c’est le coup de massue du texte qui atteint le public.

Cela fait environ 25 ans que le groupe tourne et est toujours aussi populaire. Même s’ils ont des familles et que leurs corps subissent les contre-coups de leurs performances physiques, ils continuent à tourner. Ils constatent également le rajeunissement de leur public. Le jeune public du début est remplacé par leurs enfants et d’autres jeunes qui sont conscientisés par l’environnement et le sort de la planète, tout comme le groupe et leur fondation.

2018 à l’Olympia de Paris

Autres chansons émérites : Les étoiles filantes, Toune d’automne, L’Amérique pleure

 

Fabriqué au Québec!
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone!

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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