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Brian Jones mini bio

Brian Jones, l’âme sacrifiée des Rolling Stones
De Stéphane Koechun
Publié le 4 juillet 2022

Par Ricardo Langlois

 

C’est le 3 juillet 1969 que Brian Jones a fait son entrée dans le sinistre club des 27, qui réunit les célébrités décédées à 27 ans comme Kurt Cobain, Jimi Hendrix ou Amy Winehouse. Voilà cinquante trois ans que le fondateur des Rolling Stones, rapidement éclipsé par Mick Jagger et Keith Richards, est mort.

Multi-instrumentiste, il a notamment contribué aux titres Paint It BlackOut of Time ou encore Lady Jane en y ajoutant du xylophone, des percussions ou encore de l’harmonica pour certains morceaux.

Un mois avant son décès, il avait quitté les Rolling Stones à la suite de désaccords artistiques… Du moins, c’est la version officielle. En réalité, le musicien aurait été éjecté par les autres membres du groupe, qui ne supportaient plus ses frasques et arrestations à répétitions ou son penchant (très) prononcé pour l’alcool ou les drogues telles que le LSD.

Le fondateur

Qui se souvient du fondateur Brian Jones? On ne retient que l’image d’un archange blond flottant sans vie dans sa piscine. L’auteur du livre(1) est le cofondateur du magazine Rock & Folk, on le suit pas à pas. C’est un groupie, un fou du jeune apollon. Il veut mettre les pendules à l’heure. Il rôde en coulisse, il est à coté de Jim Morrison endormi dans son bain à Paris. Il aime vivre avec les fantômes. Hendrix est présent. L’arsenal de la mort est toujours là: dope, acide, poudre d’ange…

De quoi éteindre le soleil? J’avais souvent demandé à Brian de jouer pour moi. Nous étions saouls. Nous partagions certaines pensées, certains vides. Il me faisait vivre. Mick allait partout. Un pied à l’Université, l’autre dans la nuit. Il rêvait d’être architecte et musicien.

Avec Keith, certains pour se raconter quelques joyeux souvenirs de bohème. Parce que ce fut plusieurs mois de sacrifices. Il y a eu des humiliations. Un mauvais manager. Un démon dans les ténèbres Keith et Brian jouaient ensemble dans un appartement glacé. Jouer de la guitare pour se réchauffer. Ils s’entrainaient des heures, buvaient pour se donner du courage.

Du Blues surtout. Nous sommes en 1962. Brian appelle ses parents J’ai créé un groupe. Les Rolling Stones (p. 80 ). Seul, Brian, la mort aux dents, les pupilles hallucinées y croyait, revenait les bras chargés de provisions qu’il avait dérobé au supermarché.

Brian était un multi instrumentaliste. Il a même appris à Mick à jouer de l’harmonica, à sentir le frémissement du Blues, à pénétrer l’âme, Jagger y parvint quelque peu. Brian était un prince arabe. Il mettait dans la séduction et le libertinage un sens artistique élevé. Mick avait réussi à voler une parcelle de son génie. Il a réussi à dépouiller le guitariste blond de son aura.

L’éphèbe blond

Les Rolling Stones offraient un spectacle violent porté par son démon : Brian Jones, le visage encadré par ses longs cheveux, sautait sur un tambourin… La vague humaine ondoyait, surchauffée, brûlant de désir et de haine. L’éphèbe blond, prenait sa guitare et jouait un blues lent, arrachant de sa bague de diamants des notes écorchées.(p. 97 ). Son extrémisme se projetait à nouveau violemment dans l’assistance : lyrique, exalté. Chaleur fauve et odeurs féminines. Toutes les femmes de la terre lui appartenait. Un soir, il rencontre John Lennon : Tu joues de l’harmonica comme personne. Je t’envie car je ne sais pas réellement en jouer. Je ne sais que souffler. C’est tout. Brian n’en revenait pas. Il jouait bien sur Love Me Do. Lennon lui confia sa joie d’entendre un groupe qui sonnait comme eux au début. Brian reconnaissait un frère de sang. Une anecdote amusante : Brian Jones s’est fait bousculer par une jeune fille, croyant que c’était un Beatles. Brian a même rêver d’ëtre un Beatles.

Il n’aimait pas la personnalité et le chant de Mick. Pour lui, c’était une question de temps. Les hauts murs obscurs d’une cathédrale se dressaient sous les nuages. Brian pensait de quitter les Stones. Il se croyait le leader. Il s’imaginait bien des choses. Quelque fois, il provoquait. Il a volé un sandwich à Keith. Il a eu un œil au beurre noire. Brian se croyait invincible.

1966-1967

1966, peut-être la plus belle année du rock selon le biographe. Le monument de Dylan, Blonde on Blonde, sorti un mois plus tard après Aftermath, Revolver des Beatles et Pet Sounds des Beach Boys. Pendant ce temps, Brian avait des problèmes de santé, il avait même supplié à George Harrison de l’héberger. Nous sommes dans une époque incroyable malgré tout. J’imagine le poète Baudelaire avec les princes décadents du rock : l’égérie Marianne Faithfull, alanguie sur un tapis marocain, corps à la blondeur éthérée, les yeux éteints par le hachisch. Keith Richards, défoncé au fond d’un canapé. L’écrivain William Burroughs, Brian, le bohème aux doigts d’argiles, le sorcier de Aftermath. Il croyait que Dylan parlait de lui dans sa chanson I Want You. L’enfant qui dansait dans un costume chinois. Il était un héros de conte.

Attention, Brian est brillant, il écrit une longue lettre sur son époque et son déchirement intérieur : Nous pensons qu’il ne peut y avoir d’évolution sans révolution. Je me rends compte des inégalités. La différence entre la richesse et la rémunération du travail accompli qui est complètement déséquilibrée .Je sais que je gagne trop, mais je suis encore jeune… Je crois que nous nous dirigeons vers un nouvel âge pour les idées et les événements. (1967).

Plus tard, la bombe des Beatles, Sgt Peppers Lonely Hearts Club acheva l’unité du groupe. Their Satanic Majesties Request fut un échec commercial. Brian Jones les avait alertés en vain.

Beggar’s Banquet

Le 6 décembre, la sortie de Beggar’s Banquet et ses blues troublants assurèrent la postérité du groupe. Il y a eu plusieurs rencontres avec cet album. Éric Clapton, les Who, Marianne Faithfull, fragile et pure, Ian Anderson de Jethro Tull. Les autres Rolling Stones ne lui adressaient plus la parole (p.182 ). Une rumeur circule : Lennon voulait fonder un groupe avec l’ange blond et peut-être même Jimi Hendrix avec eux. Lennon souhaitait sauver ce petit prince de la guitare slide, pantin pitoyable. J’ajoute : l’ombre narcissique,, le Soi illuminé ou l’inversion des valeurs, Zarathoustra réincarné (Nietzsche). Il a trop rêvé. Il était ailleurs. Jagger lui a montré la porte et avait déjà un remplaçant Mick Taylor, le guitariste de John Mayall.

Il a été trouvé noyé dans sa piscine le 3 juillet 1969

Beggar’s Banquet marque le retour des Stones à leurs premières amours, à savoir le Blues roots. Avec guitare rythmique acoustique et bottleneck pour l’autre guitare (merci Brian Jones). Le résultat est très bon, avec des morceaux comme notamment No expectations, Parachute woman, Jig saw puzzle, Street fighting men et Stray cat blues. Quant à Sympathy for the devil et ses percussions, on ne le présente plus. Un album qu’on peut acheter les yeux fermés, si on veut entendre du grand Rolling Stones.(2)

Poème écrit par Jim Morrison

Le chanteur des Doors a été profondément meurtri par la mort du jeune prince incompris. Il lui a écrit un poème de 3 pages, voici la première partie :

Je suis le résident d’une cité
Ils viennent de me choisir
Pour jouer le rôle du Prince de Danemark
Pauvre Orphélie
Tous ces fantômes qu’il n’a jamais vus
Flottant sous son funeste destin
Sur un cierge de fer
Reviens, courageux guerrier
Fais le plongeon dans une autre mer
Piscine chaude beurrée

Où est Marrakech
Sous les chutes
La tempête déchaînée
Où les sauvages sont tombés
À la fin de l’après midi
Monstres de rythme
Tu as quitté ton néant (…)

Notes

  1. Stéphane Koechlin est le fils du co-fondateur de Rock N Folk. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés au blues, au jazz et au rock. Il a écrit sur Michael Jackson, John Lee Hooker, Bob Dylan, Ben Harper, Blues pour Jimi Hendrix, Le dernier été de Grace Slick ( Le Castor Astral ).
  2. Critique sur albumrock.net.

Brian Jones, L’âme sacrifiée des Rolling Stones. Castor Music, 2022.

Ricardo Langlois est critique musical pour famillerock.com et critique littéraire pour lametropole.com Il est l’auteur de 4 livres de poésie.

 

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BANNIÈRE: MEL DEE
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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