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Bob Marley Exodus

Exodus de Bob Marley juin 1977
Publié le 11 février 2023

Par Rock Over Beethoven

Exodus

Exodus est le quatrième album (et le troisième en studio) du groupe Bob Marley and The Wailers, enregistré à Londres.

Devançant Kind of Blue de Miles Davis et Are you Experienced de Jimi Hendrix (pas moins), Exodus de Bob Marley a été déclaré album du siècle par Time Magazine. Selon les auteurs de ce sondage : « Every song is a classic, from the messages of love to the anthems of revolution. But more than that, the album is a political and cultural nexus, drawing inspiration from the Third World and then giving voice to it the world over. » Cette analyse est partagée et ce, pour plusieurs raisons.

Exodus a marqué le retour à la vie de Bob Marley qui avait échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat en Jamaïque. Enregistré à Londres, l’album s’est démarqué du cadre rigide du Reggae en s’ouvrant sur un auditoire plus large. L’arrivée du guitariste Junior Marvin (sur instigation de Chris Blackwell le propriétaire de Island Records) a davantage ouvert la musique de Bob Marley sur le rock et la pop, tout en ressuscitant la soul et le gospel qui sommeillaient en lui.

Pour la petite histoire, il faudrait préciser que dès Catch A Fire (1973) leur premier album pour Island Records, Chris Blackwell avait déjà fait introduire des sonorités Pop et Rock en invitant le guitariste Rock américain Wayne Perkins comme sideman. Les titres Stop That Train avec un incroyable Peter Tosh en lead vocal, Stir It Up et sa slide guitar ou encore Concrete Jungle pouvant être cités en exemple.

Adossé sur la traditionnelle charnière rythmique de Carlton et Aston Barrett, le son de l’album Exodus, s’en est retrouvé enrichi, plus dense et plus accessible pour le grand public. Bob Marley était par ailleurs amoureux. Il vivait en ce temps-là, une idylle brûlante avec Cindy Breakspeare, ex-Miss Monde qui lui a donné un fils : Damian Marley. L’une de ses plus belles chansons d’amour Turn Your Lights Down Low a été écrite pour elle. Et ironie du sort, la stoïque Rita Marley qui était courant du coup de canif a donné quand même le meilleur d’elle avec les deux autres I-Three sur le backing vocal de cet album.

Les dix titres retenus pour ce 33 tours parlaient de lutte, de révolution, de fraternité et d’amour. Pour les anciens, la Face A du vinyle est dédiée au combat et aux luttes, alors que la Face B qui s’ouvre sur un Jamming de circonstance, est un appel à la fête et à l’amour. Il se conclut sur l’hymne œcuménique One Love/People Get Ready. Pour imprimer cet hymne, Bob Marley s’inspire sans détour de People Get Ready de Curtis Mayfield (1965) dont une partie des paroles a été intégrée directement dans la chanson. « Is there a place for the hopeless sinner who has hurt all mankind just to save his own? » est ainsi emprunté au tube de Curtis Mayfield qui est par ailleurs et logiquement crédité comme co-auteur de la chanson.

On parle de soul music : la musique de l’âme. Et c’est exactement ce qu’a fait Bob Marley dans tout cet album qui respire la vie, l’amour, la paix, mais aussi la lutte et le combat. Bob Marley vint au monde, le 6 février 1945 à Nine Miles (Jamaïque). Avant de monter pour son dernier voyage, à bord du train pour Zion, le 11 mai 1981, ses derniers mots à son fils Ziggy concernaient la vie : « Money can’t buy life »…

Le repos enfin ! Après une existence brève et tumultueuse à plus d’un titre. Quarante-et-un ans après sa mort, l’universalisme de son message n’a pas pris une ride. Cet homme que certains nommaient à tort ou à raison, Prophète avait « So much things to Say ». Il les a dites ces choses… Et parmi elles, subsistent l’amour, la fraternité, la vie et encore l’amour.

Le Prophète a été admis au RNRHOF (Rock’n’Roll Hall of Fame) dans la cuvée de 1994, introduit par Bono Vox. Le journaliste Rock américain Timothy White a eu ces mots forts : « His celebration of his Jah-given uniqueness was a joyful noise that all of humanity could love. It might surprise some to see Bob Marley’s output described as rock & roll. Indeed, there is a tendency to view rock & roll as African in its ultimate origins but American or European in its prime exposition, with scant notice of modern musical kinships from the lower half of the hemisphere. Yet Bob Marley was raised on rock’s full heritage of social forces and stylistic influences, just as surely as he handed them back in marvelously reinvented form. »

Face 1
1. Natural Mystic 3:28
2. So Much Things to Say 3:08
3. Guiltiness 3:19
4. The Heathen 2:32
5. Exodus 7:40
Face 2
6. Jamming 3:31
7. Waiting in Vain 4:16
8. Turn Your Lights Down Low 3:39
9. Three Little Birds 3:00
10. One Love/People Get Ready 2:52

Et pour conclure, rien de mieux que Bob Marley lui-même : « As it was in the beginning (One Love!) So shall it be in the end (One Heart!) »

 

BANNIÈRE : MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE : MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR : GÉO GIGUÈRE

Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone

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