Chroniques

MacPhail influence Genesis

Le 6e Genesis #2
Une entrevue exclusive avec Richard Macphail, un témoin important des débuts de Genesis – Collaboration entre Famille Rock et l’Association Genesis-France
Publié le 1er novembre 2022

Texte et édition : André Thivierge de Famille Rock  Entrevue : Paul Herlitschka de l’Association Genesis-France                

En juillet 2022, l’administrateur du site Genesis-France, Paul Herlitschka a eu le plaisir de rencontrer celui qui est considéré par plusieurs fans comme le 6e membre de Genesis tant il a joué un rôle important dans les débuts de ce groupe mythique. Famille Rock est heureuse de s’associer avec Genesis-France pour vous offrir la 2e partie des extraits de cette entrevue qui aura duré en tout et partout deux heures.

Richard Macphail et Paul Herlitschka, 14 juillet 2022

Les influences musicales de Genesis

Dans les années 70, certains d‘entre nous se souviennent de l‘effet produit par l’écoute des premières chaines stéréos quand on ne connaissait que le son de la radio ou encore la redoutable puissance du son lors des premiers concerts rock, alors que le dimanche d’avant, il n‘y avait que la grosse caisse de la fanfare du village à découvrir (en France, ndlr)…

À Londres, c‘était la fin des années 60, ce basculement vers les musiques amplifiées qui produisit une révolution dans la tête de jeunes Anglais de bonne éducation.

Richard MacPhail (RM) raconte:

RM: Nous étions tous comme scotchés à l‘écoute de ces groupes, et par la suite, à les entendre la première fois en live quand ils passaient dans les pubs, nous sentions un changement. Peter (Gabriel) et Tony (Banks) sont allés voir The Nice, le groupe de Keith Emerson au Marquee, marqués à vie, tandis que moi j‘allais voir le Jeff Beck Group avec Rod Stewart et Ronnie Wood. C‘était inimaginable dans ce petit pub qu‘était l‘ancien Marquee à Londres, mais ça y jouait fort. Tu imagines, la basse faisait tout vibrer, même les fesses! Et quand t‘es un ado de 16 ans, ça nous a inspiré de faire de même.

Genesis France (GF): Tu parlais de ces découvertes au casque stéréo de Procol Harum et King Crimson, on sent ces influences plus tard, dans les chansons comme Seven Stones (Foxtrot), comparés à celles qui ont dû servir d‘exemple, comme A Salty Dog ou The Court of the Crimson King.

RM: Oui, encore un sujet qu‘on a abordé au show radio avec Tony, il se rappelait de Ian MacDonald, mais quand nous répétions au cottage, le premier album de King Crimson était une énorme influence pour nous et Tony, ce Mellotron l‘a marqué, et ce, bien avant que Steve (Hackett) arrive dans le groupe. C‘est Steve qui a insisté pour que Tony s‘en procure un pour sonner comme un orchestre, mais Tony n’était pas pour! (Finalement le groupe en achète un d’occasion…celui de King Crimson! Ndlr)

Robert Fripp (King Crimson) jouant le Mellotron

Tony, le roi des accords

GF: Mais sur quoi Tony jouait avant, quand il était chez toi ou au cottage?

RM: Tony ne jouait que du piano, c‘était un pianiste. Jusqu‘en 1969, quand le groupe décidait de jouer en live, ils se sont cotisés pour acheter un orgue Hammond d‘occasion, en plus un modèle abordable.

Et Tony étant Tony, il découvrait les sons du Hammond que la plupart des organistes n‘utilisent jamais. Tu sais sans doute, le son Hammond est vraiment très distinct, quand tu entends des gens comme Jimmy Smith (jazzman américain dont l’instrument de prédilection était l’orgue Hammond B-3).

Jimmy Smith

Mais Tony cherchait d‘autres sons, influencé par Matthew Fisher de Procol Harum, mais surtout, il ne voulait pas ressembler aux autres organistes, en somme, c‘est très malin.

GF: Également sa manière d‘harmoniser les chansons est tout à fait unique, ces changements d‘accords en plus…..

RM: Steve l‘appelait le roi des accords. Ils venaient dîner chez moi il y a quelques années, il y avait le clavecin de Maggie (la femme de Richard) dans le salon, et il venait droit au clavier et s‘exclamait: voici l‘accord du jour!! et plaquait un accord du genre diminué avec notes de couleur. Tu sais, c‘était quelque chose qui caractérisait Genesis…..

GF:  A Chord Too Far? (Titre de la compilation des albums de Tony Banks sortie il y a quelques années)

RM: Ha, oui, à la recherche du dernier accord! (Rires) il y avait Moody Blues aussi….

Compositions par petits bouts de thèmes

RM : Mais pour revenir à Genesis, comme je l‘ai dit, ils avaient l‘habitude de composer par petits bouts de thèmes (il appelaient cela bits) C’est souvent parti d’une idée d’Ant (Anthony Phillips) et Mike (Rutherford) accompagnait ces bouts….

Tu sais, Mike, au départ ne connaissait que trois accords comme il le rappelle dans son livre, et tout le reste, c‘est Ant qui lui a appris sur la 12 cordes, avec des accords spéciaux, en fa dièse, ce qui a donné le début de The Musical Box (appelé F# au départ, le nom de l‘accord de guitare sur lequel The Musical Box a été joué, ndlr)

Et c‘est comme ça que la plupart des chansons sont nées, un bout de guitare et un bout de chant et Tony Banks savait comment ficeler ces bouts ensemble, il était très fort là-dedans! C‘était vraiment le roi des accords, il savait comment aller de ce bout à l‘autre comme le font peu d‘autres! C‘était sa véritable signature.

GF: Comme j‘ai étudié et pratiqué l‘harmonie, j‘aurais bien interviewé Tony Banks un jour pour comprendre comment il procédait, ces points de pivots…..c‘était par esprit de contradiction ou parce qu‘il entendait vraiment autre chose, parce qu‘il n‘aimait pas trop le blues me semble-t-il…?

RM: Oh, pas du tout, le blues n’était jamais son truc. D’ailleurs, tu as vu ce gars américain sur Youtube, qui est dans la musique classique et sait expliquer l‘harmonie?

GF: Oui, il commente des titres de Genesis à la lumière de l‘harmonie utilisée par les américains….

RM: Il a commenté Supper‘s Ready, complètement étonné de ces changements d‘accords! Même les chansons que Tony a choisies pour mon show avaient toutes cette particularité de sonner différemment, c‘est son truc!

GF: Mais il le fait nettement moins dernièrement, dans ses albums classiques.

RM: Tu veux dire les albums Seven, Six et Five

GF: Oui, d‘ailleurs il me semble qu‘il est de plus en plus confiant dans le choix des instruments et intervient dans les arrangements par répartition de pupitre plutôt que de se préoccuper d‘harmonie….

RM: (cherchant une liste de lecture sur son téléphone intelligent) Tu parlais de Seven, c‘est le deuxième titre, Black Down, magnifique! (c‘est aussi ma préférée de l‘album) je comprends pas pourquoi ces musiques ne sont pas utilisés par les réalisateurs de films. Magnifique bande sonore! Tellement atmosphérique!

À venir, Richard MacPhail parle de la période intensive de création de Genesis au Christmas Cottage prêté par ses parents – qui fut la base de l’album Trespass.

 

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