Spectacles

Kiss à Montréal 1983

Mon premier show de Kiss… mais sans Ace  Frehley
Tournée Creatures of the Night
Publié le 10 septembre 2020 

Par Patrick Demontigny

Le premier baiser : le spectacle qui changerait le cours de la KISSTORY

Le 6 août 1979, KISS était de passage à Montréal lors de sa controversée tournée Dynasty : The Return of KISS. J’avais alors 9 ans (presque 10 en fait). J’étais fan depuis plus d’un an et demi et je voulais tellement voir le groupe. Mais pour mes parents, pas question de laisser leur fils cadet aller voir un concert rock. Si j’avais su qu’il s’agissait du dernier concert de la formation originale (jusqu’en 1996, s’entend), j’aurais exercé une plus grande pression pour y assister. J’aurais probablement fait aussi beaucoup de promesses que je n’aurais sans doute pas tenues…

Néanmoins, près de quatre ans plus tard, le 13 janvier 1983, viendrait enfin le grand jour pour le jeune fanatique que j’étais. Entre 1979 et 1983, bien des changements au sein de KISS avaient eu lieu. En 1980, Peter Criss a été congédié bien qu’à l’époque, la raison ‘officielle’ était qu’il voulait entamer une carrière solo. Celle-ci n’irait d’ailleurs nulle part. Criss est ensuite remplacé par Eric Carr. Je dois l’admettre, j’ai eu beaucoup de difficulté à accepter ce dernier comme membre du groupe. Il faut dire que sa première apparition sur disque ne fut pas à une époque très reluisante…The Elder est l’album mouton noir de KISS. Le groupe a flirté avec le style Genesis, tout en ne convaincant pas les fans de ceux-ci et en repoussant ceux de la première heure pour qui les créateurs de The Musical Box ne sont d’aucun intérêt.

Par contre, après ce faux-pas majeur, KISS n’a pas dit son dernier mot et décide de suivre la vague des Judas Priest et Black Sabbath et nous arrive avec Creatures of the Night, un album qui frappe fort. Par contre, Ace Frehley y est étrangement absent. Aucune pièce de sa part, alors que sur les 3 albums précédents, sa présence était de plus en plus prédominante. D’ailleurs, de fortes rumeurs de son départ se répandaient. Justement, lors de ce fameux 13 janvier 1983, un jeudi, un fan de KISS comme moi à l’école, vint me trouver pendant la récréation pour me dire qu’Ace Frehley ne serait pas présent au spectacle, alors qu’il était en convalescence.

Le jeune ado de 13 ans que j’étais ne voulait pas le croire. J’en étais sidéré. Inutile de dire que pour le reste de la journée, j’ai prié pour que cette histoire que mon ami m’avait racontée fut soit une blague ou une fausse rumeur. Ce que j’ignorais à l’époque, c’est qu’un article à ce sujet avait paru dans le Journal de Montréal quelques jours auparavant (article que je possède d’ailleurs dans ma collection).

Enfin, la cloche sonne. Je quitte l’école et je ne peux attendre de me rendre chez moi pour partir vers la métropole pour enfin voir mon groupe préféré. C’est avec stupeur une fois arrivé au défunt Forum de Montréal que je vois les t-shirts à vendre avec les visages de Gene Simmons, Paul Stanley, Eric Carr et…un individu dont j’ignorais l’identité. Un maquillage que j’ai de la difficulté à décerner. Avant que le groupe invité ne commence, soit les Headpins, je me trouve assez de courage pour demander au type assis en bas de moi qui est ce nouveau membre. Il me répond qu’il s’agit de Vinnie Vincent. Je suis sidéré. Qu’à cela ne tienne, le spectacle commence.

La scène en forme de tank est impressionnante. Le son est heavy, KISS, du moins, ce qu’il en reste du groupe original, semble toutefois revigoré, comme si les récentes escapades dans des voies plus que douteuses n’étaient que des mauvaises sorties de route. Le groupe veut reprendre son titre de Hottest band in the word et ça s’entend et ça se voit. Les deux nouveaux venus apportent un son plus adapté aux années 80.

Vinnie Vincent fait un solo de guitare grandement inspiré de Jimi Page et d’Eddie Van Halen alors que le solo de batterie d’Eric Carr en épate plus d’un. Pour le jeune ado que j’étais, bien que le spectacle fut un moment important dans l’histoire de KISS, j’étais tout de même un peu perdu. Je savais bien évidemment que Peter Criss ne serait pas de la partie, mais d’apprendre le jour même qu’Ace Frehley, mon membre préféré, n’y serait pas non plus, cela était trop pour moi.

Je n’ai pu apprécier à leur juste valeur messieurs Carr et Vincent. Cela viendrait plus tard.

Comme la tournée n’est pas un succès comme par le passé, celle-ci prend fin assez abruptement. Elle dure à peine 4 mois, ce qui est très court dans le cas de KISS. Au début des années 80, le message est clair ; KISS semble être chose du passé pour bien des rockers qui se sont sentis trahis par le groupe qui faisait initialement peur aux parents, pour ensuite devenir une attraction familiale à la Walt Disney à l’époque de Dynasty et Unmasked.

Le vrai KISS, tel qu’on l’avait connu et aimé reviendrait 13 ans plus tard…

 

BANNIÈRE: MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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