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Led Zep John Paul Jones

L’alchimiste de l’ombre
John Paul Jones
Publié le 21 janvier 2021

 

Par Mel Dee

John Paul Jones

Il est calme, discret avec un regard timide et rêveur, on entend plus parler de ses trois compagnons que de lui, et pourtant, c’est un grand héros de la musique. L’alchimiste derrière des œuvres magnifiques et puissantes telles que Black Dog et What Is and What Should Never Be … bienvenue dans cette petite ballade consacrée à Sir John Paul Jones, fondateur et bassiste du groupe le plus légendaire de tous les temps, Led Zeppelin.

Né le 3 janvier 1946 à Sidcup à Londres, de son vrai nom John Baldwin, notre héros se produit sur scène dès son plus jeune âge avec ses parents, tous deux musiciens. II est influencé par le blues, le jazz et le piano, instrument qu’il apprend grâce à son père. Il faut dire qu’en plus du piano, de l’orgue et de la basse, John joue de plusieurs instruments : guitare, koto, lap-steel guitar dont il fait une démonstration magique le 29 août 2003 lors du show Guitar Wars du Hard Rock Cafe au Japon, la harpe mécanique, et qui ne se rappelle pas cette mandoline triple Neck qui nous à fait incliner la tête et écarquiller les yeux.

John joue même du violoncelle sur Little Games des Yardbirds en 1967. Influencé par Phil Upchurch entre autres. Sa première basse fut une Dallas électrique, suivi d’une Fender jazz, mais on ne peut parler des instruments de John sans mentionner l’Alembic, notamment la majestueuse Alembic Series II 8-string bass de 1975.

En 1961,Tony Meehan quitte les Shadows pour travailler chez Decca Records, son chemin croise celui de Jones en 1962. Cette rencontre permet à notre héros de jouer entre 1964 et 1968 pour Jet Harris et Meehan et connaitre le succès avec le titre Diamonds sur lequel joue aussi un certain Jimmy Page. Decca Records, lui a permis, imaginez vous, de collaborer sur des arrangements pour les The Rolling Stones sur l’album Their Satanic Majesties Request, ajoutez à cela des noms comme Jeff Beck, Cat Stevens, Rod Stewart et beaucoup d’autres grands de la musique. Même la splendide Française Françoise Hardy lui demande de réaliser deux chansons en 1967, En vous aimant bien et Mais il y a des soirs; enregistrés à Londres.

Les chemins se croisent encore entre Jones et Page, alors que ce dernier est membre des Yardbirds, pour travailler sur l’album Little Games. Les premières étincelles magiques entre les deux dessinent un futur projet qui deviendra grâce à la volonté du bassiste d’exprimer sa créativité, le légendaire Led Zeppelin, délicieux quatre quarts composés de John Paul Jones, Jimmy Page, Robert Plant et John Bonham. L’alchimiste de l’ombre écrit alors l’introduction du plus grand chapitre de l’histoire du rock.

Le bassiste des Yardbirds, Chris Dreja, fait l’éloge et reconnaît le génie de Jones car, selon ses dires, lui-même n’aurait jamais pu apporter autant à la transformation des Yardbirds en … Led Zeppelin.

Dans le livre Led Zeppelin : The Oral History of the World’s Greatest Rock Band de Barney Hoskyns, on retrouve aussi des citations telles que celle de Glyn Johns, ingénieur du son sur l’album Led Zeppelin, « John Paul était aussi responsable du succès de Led Zeppelin que les trois autres ». Mais ce sont les mots de Alan Callan, directeur du label Zeppelin Swan Song, qui donnent des papillons au ventre des amoureux de Jones en lançant « À ce jour, je pense que Jones est le plus grand musicien que j’aie jamais rencontré ! »

Notre alchimiste, toujours discret et concentré, concocte tantôt des notes légères sur The Rain Song, tantôt des notes parfumées à la rose et au thé à la menthe du Maroc avec Kashmir. Il revient au piano sur No Quarter, et même après la sortie du 1er album de Led Zep en 1969, il continue en tant que musicien de studio, entre autres pour Roy Harper et David Gilmore sur la pièce The Game en 1975 ou pour le grand McCartney sur Back To The Egg des Wings loin d’être la seule collaboration avec le Beatles et tant d’autres en passant par sa propre fille, la chanteuse Jacinda Jones.

Avec mon affection particulière pour Dave Grohl, je ne peux passer à côté du quatuor du super groupe Them Crooked Vulture, formé par John qui réunit, Grohl, Josh Homme et Alain Johannes depuis 2009.

En 2010 Jones s’est penché sur l’écriture d’un opéra The Ghost Sonata. Si je vous dis que la petite ballade se termine ici, vous allez vous exclamer : « C’est tout ?» oui et non, chaque phrase ouvre la porte à des milliers d’autres.

Cet article est probablement plus destiné à ceux qui ne connaissent pas vraiment Led Zeppelin ou John qu’à ceux, comme moi, qui ont tatoué dans le cœur et l’âme #1.0 Led Zeppelin / #1.1 Deep Purle. C’est un amuse-bouche pour insister à découvrir l’œuvre de ce grand héros et c’est là toute ma volonté et mon espoir, de faire découvrir et perpétuer la mémoire du rock même si je ne détiens que quelques graines de connaissances, mais la passion est plus importante.

Si je devais continuer à vivre avec une seule chanson de Led Zeppelin, ce serait un supplice, mais je n’hésiterais pas cependant à choisir Dazed and Confused, un chef-d’œuvre dans lequel j’ai été en partie moulée. Je vous invite à l’écouter les yeux fermés en vous concentrant sur la basse du héros.

 

BANNIÈRE: MEL DEE
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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