Chroniques

Townshend – Lee

Les célèbres guitaristes
Article numéro 11

Par Normand Murray

Pete Townshend

Le « Who’s Who » du Rock.

La force créatrice derrière les Who, c’est lui. Né en 1941 à Londres d’une famille qui était en mode musique avec son père saxophoniste professionnel et sa mère chanteuse. Ce qui fît de lui un candidat idéal et pressenti comme musicien, bien sûr avec l’encouragement de ses parents.

Son premier instrument fut le banjo dans sa jeune adolescence, d’ailleurs, ce fut à cette époque qu’il rencontra John Entwistle et formèrent un duo de dixieland avec John au cor. Sous le nom des Confederates qui prit le nom assez vite de The Detours  avec l’entrée en jeu de Roger Daltrey. La rencontre avec Daltrey qui allait tout changer se fît avec Keith Moon  en 1964 et ils formèrent ce légendaire groupe The Who. La chimie parfaite venait de prendre entre eux.

Townshend avait eu la réputation de destructeur de guitares en 1964 quand accidentellement il brisa sa guitare sur le plafond à la taverne Railway Tavern à Harrow en Angleterre, et par la suite, voyant son manche détruit piquât une crise de nerfs et brisa le reste de la guitare ce qui n’en prenait pas plus à Keith Moon de faire de même avec sa batterie. Cette passion pour la destruction a été leur signature durant bien des années avant de réaliser que lors de la fin d’une tournée, la gérance leur avait donné qu’une toute petite somme et que le « management » leur avait dit ‘il y a un prix à payer pour les saccages des chambres et des instruments’. La guitare que sa grand-mère lui avait acheté ayant été sa première victime. Je ne ferais pas une analyse des relations tumultueuses avec sa grand-mère qui en passant dans le film Tommy, avec le rôle de Uncle Ernie avec Keith Moon, avait été un clin d’oeil sarcastique  envers sa grand mère. Petite bulle cinématographique, dirons-nous. Sa technique du moulin à vent (windmill), il la doit en partie à ce qu’il disait : avoir de la misère à jouer du Blues comme il le voulait vraiment.

1965 – premier single des Who avec Can’t Explain qui avait une influence nette des Kings, précurseurs du Hard Rock. Leur style personnel se fît entendre avec le deuxième single Anyway Anyhow Anywhere avec la façon innovatrice des feedbacks et distorsions de Townshend et le rythme effréné de Keith Moon à la batterie. My Generation, arrive le premier album qui par cette chanson fera automatiquement des fans finis du groupe dès le départ, cette chanson ayant une réflexion de ce que vivait les jeunes de l’époque, un genre de rébellion face à la société anglaise. Immédiatement après, en 1965, création du A Quick One qui était significatif de la première pièce de la chanson, titre de la première chanson vraiment conceptuelle de Townshend dans sa composition, A Quick One, While he’s Away.

En Angleterre, ils étaient encore considérés comme des faiseurs de singles qui avaient à conquérir le riche marché américain. Après une année incertaine (1968), le grand coup de maître, création de Tommy (1969) un opéra-rock qui était un des premiers parmi le merveilleux monde du rock. Les Beatles ayant fait un album un peu de cette nature avec Sgt Pepper’s Lonely Club Heart Band dans sa conception. Reliant les chansons entre elles, comme un conte psychédélique, dirons-nous.

Les années 70 débutent avec le chef-d’oeuvre Who’s Next (1971). Ce disque 33 tours fera vraiment d’eux ce qu’ils ont été tout le long de leur carrière, un groupe apte à réécrire le grand livre du Rock. Tour de force de Townsend, Quadréphonia (1973), un autre opéra rock séduisant le mode de « Mods » qui furent au départ leurs vrais fans, les rockers bien habillés. Entre temps, début de la carrière solo de Pete Townsend avec Who Came First (1972). Who are You fait son entrée et malheureusement Keith Moon décède à seulement 32 ans de la suite d’une surdose de médicaments trois semaines avant la sortie de cet album en 1978! Le futur des Who était en sérieux péril. Ils partent en tournée avec comme remplaçant le batteur des Small Faces et les Faces, groupe de Rod Stewart, Kenny Jones dont il fera partie des créations de deux autres albums des Who. En parallèle, Townsend poursuit sa montée solo avec Empty Glass (1980), un succès dans les ventes et très bien reçu par la critique. Les années 80, fait dire à Pete que les Who était pour ainsi dire au chant du cygne, se réunissant que pour le Live Aid.

Les années 90, Pete Townsend réunit partiellement les Who pour différents concerts avec des membres triés dans le monde du Rock pour la batterie. Le malheur frappe encore le groupe, mort de John Entwitsle (2002) de surdose de cocaïne lui causant une crise cardiaque. Poursuivant son voyage dans le monde rock, Townsend et Daltrey se réunissent après une disette de plus de 20 ans sans album des Who pour Endless Wire (2006). Des concerts suivent avec les mentions honorables de Concert for New York City dû à la tragédie du 9-11, Isle de Wight Festival (2004), remake du premier gros happening rock avant même Woodstock, le Live 8. Le célèbre Glastonbury Festival, une tradition anglaise s’il en est une et le non moins méga événement, le Super Bowl « Halftime Show » de 2010 vu par des milliards de spectateurs à travers le monde.

Quelque petites remarques, ses idoles ont été Link Wray, guitariste de Robert Gordon « rockabilly style », son Flying Saucer Rock and Roll, une merveille. Lui qui fut un des plus grands guitaristes à avoir influencé bien d’autres guitaristes, mort en 2005 ainsi que le premier guitar hero d’Angleterre, Cliff Richard de même que John Lee Hooker, Bo Diddley, Eddie Cochran et Hank Marvin. Note assez surprenante, le jeune Jimi Hendrix lui vouait une certaine admiration dans son mode de faire de la distorsion et feedbacks, un art et son déplacement sur une scène assez spectaculaire merci et bien sûr la motion de moulin à vent qui était sa signature. Inévitablement, Pete lui aussi deviendra admirateur d’Hendrix, qui ne le serait pas?

Multi-instrumentiste, il est apte à jouer du piano, du banjo, de la basse, de la batterie et même de l’accordéon. D’ailleurs, son talent avec les claviers a permis aux Who d’évoluer dans le temps avec l’entrée du synthétiseur pour Who’s Next, Baba O’Reily étant vraiment le meilleur exemple du tout. Lors de spectacles, il était remplacé aux claviers par nul autre que Nicky Hopkins, pianiste et claviériste des Rolling Stones en 1990 et musicien hors pair très en demande qui décédait en 1994. Rajoutons un autre grand du clavier, Chris Stainton. Élu en 2003 comme 50ème meilleur guitariste au monde par la revue Rolling Stone qui en 2011, le reclassait comme 10ème au monde.

Discographie : Au moins 7 ou 8 live, dont un avec David Gilmour, Deep End Live (1986), suite logique de sa participation conjointe avec David avec White City : A Novel (1985). The Who avec au moins 30 albums et un qui vient de sortir en novembre 2019 (et déjà en décembre était N° 3 dans les charts britanniques). Une dizaine d’albums pour sa carrière solo, plus sept compils de 1983 à 2005. Si la lecture vous intéresse, une autobiographie est disponible avec le livre Who I Am (2013). Fait important à noter, la grande majorité des compositions des Who b, il en fut le créateur et le compositeur. Autre notification, il a été un grand adulé du Mouvement Punk.

Maintenant énumérons sa très grande collection de guitares. Au début il avait une Emile Grimshaw SS de Luxe et une collection de deux sortes de Rickenbakers « Rose Norris » de six et douze cordes, des Danelectros, des Gibsons ES 335 qu’il détruisait à tour de bras au début de son périple au monde du rock. Il commença à se servir des Fender Stratocasters et Télécasters qu’il trouvait moins cher à remplacer, vu la propension à les détruire sur scène ses guitares avec la même ferveur que Moon détruisait ses batteries. Plus tard en spectacle, il favorisait les Gibsons SG autant que Les Paul, celles identifiées avec un 5 dessus avec ses trois pick ups me rendait malade. Il utilisait en studio une Gretsch. Et dans les années 80, il jouait et préférait une Fender Stratocaster signature Éric Clapton à celles que Fender lui avait fabriqué avec sa signature.

Parmi la quantité assez phénoménale de super guitaristes, il est selon moi, un qui a influencé une multitude d’autres plus jeunes et autres légendes avec son style flamboyant sur scène et ses approches de feedbacks et distorsions qui lui étaient propre. Pete Townsend est une légende entre les légendes dont le génie créatif ne cessera d’impressionner encore bien des amoureux du Rock ‘n’ Roll et bien sûr, ses pairs.

 

 

Alvin Lee

 

Le titanesque leader de Ten Years After.

Guitariste doté d’un immense talent pour son jeu de blues rock et même de boogie. Né en 1944, Alvin Lee, influencé par la musique de ses parents qui écoutaient du Jazz et du Blues. Dès la connaissance du Rock and Roll, n’en fallait pas plus pour qu’à 13 ans il se mette à la guitare et forma son premier band sous le nom de Ian Jay and the Jaymen en 1960 et qui a changé par la suite pour The Jaybirds (qui ont joué au célèbre et légendaire club de Hambourg le Hamburg’s Star Club). Il déménage à Londres en 1966 et le groupe prendra le nom définitif de Ten Years After. Ils élisaient résidence au Marquee Club là où la compagnie Duram remarqua le talent indéniable d’Alvin Lee et le signa en 1967.

1967 – début de carrière de Ten Years After, un album éponyme qui démontra au monde la versatilité de Lee à jouer de façon phénoménale un mix de jazz blues et rock dans sa forme qui lui était propre, ultra rapide, ce qui lui attira la clientèle américaine tant souhaitée par bien des artistes. Il entreprendra en 1968 une tournée nord-américaine qui fut un succès.
1969 – consécration de Ten Years After à Woodstock avec la pièce I’m Going Home qui fut sa signature à travers tout le temps de sa présence dans le monde du Rock and Blues mondial. Cette chanson qui lui permettait d’enregistrer cette ode au boogie car cette chanson avait les grand airs de boogie avec bien sûr un son rock à souhait en 1969 avec l’album Undead. Petite parenthèse, vers la fin de sa carrière, il en avait marre de la jouer encore cette chanson (passage obligatoire de ses concerts). Je l’ai vu  au Forum de Montréal et quand il l’a jouée je crois qu’il l’a fait plus rapide comme pour en finir avec.

Second festival de prestige, il est invité au célèbre concert de L’Isle de Whright en 1970 ce qui consolidait son rôle essentiel dans l’univers passionnant du Rock and Blues. Advient un single avec un succès retentissant aux UK, Love Like a Man de l’album Crickelwood Green (1970) qui fut étrangement que le seul vrai succès britannique de ce génie du fast picking songé en blues. Un autre grand succès à ne pas oublier, le très populaire I‘d Like to Change the World, un autre grand classique de Ten Years After inoubliable de l’album A Space Time paru en 1971. Après neuf albums studio, plus qu’ insatisfait que prenait la tournure de Ten Years After : démembrement du groupe pour poursuivre sa lancée seul en 1974.

Sa carrière solo était déjà en cours même avant la disparition de Ten Yers After avec la collaboration d’un album nommé On the Road to Freedom, genre country rock et titre évocateur peut être dû au démembrement de Ten Years After… qui regroupait nul autre que tenez-vous bien et sous la férule des légendes du Rock comme le pionnier du rock américain Johnny Rock ainsi que Mylon LeFevre et avec des noms comme George Harrison, Steve Windwood, Ronnie Wood et Mick Fleetwood. Encore en 1973, en même temps, une collaboration avec le légendaire pianiste rock Jerry Lee Lewis, Mr. Great Ball Of fire lui-même. Une autre collaboration de grande classe avait été l’album The Session… Recorded in London with Great Artists encore en 1973 avec Albert Lee, une autre légende de la guitare ainsi que Peter Frampton et Rory Gallagher si je peux me permettre, une petite comparaison le Johnny Winter de l’Irlande, qui à chaque année la ville de Belfast lui fait un Blues Festival en son honneur. Alvin Lee qui par la suite forma Alvin Lee and Company, trois albums fîrent leur apparition In Flight, Pump Iron et Let It Rock.

1975 – collaboration avec nul autre que Bo Diddley avec son album 20 Years of Rock And Roll.
1978 – reformation de Ten Years After et deux albums suivirent avec le Rocket Fuel (1978) et Ride On (1979).

Les années 80 sous le nom encore de Ten Years After, un monde de tournées. Entre temps il forma une autre association avec Steve Gould un Rare Bird et ancien guitariste des Stones, Mick Taylor. Dans les années 90, il enregistra avec encore des légendes et pionniers du rock comme Scotty Moore et DJ Fontana. Les années 2000, des sorties d’albums comme en 2007 : Saguitar entre autres et dernier effort en liste, signe prémonitoire peut-être, The Last Show en 2013, année triste de son décès suite à un opération banale comme pour contrôler son arythmie articulaire qui avait tournée en catastrophe.

En passant, une récapitulation de ses chansons a été Still on the Road To Freedom paru en 2012. Refaire ses hits de façon plus posée avec une approche plus doucereuse mais quand même avec la touche du son Ten Years After. En passant, Nice and Easy est comme un mixte de T Rex avec du Dire Straits.

Discographie  : assez impressionnante de 12 albums solos plus de 4 Live mémorables avec même des artistes variés et de renom comme on a pu le constater plus haut et 12 albums sous le nom de Ten Years After.

Maintenant  parler de ses guitares est assez simple, il en avait une qui lui servait juste en studio, sa Big Red, une Gibson Costum Shop ES 335 1962. Et il ne se servait que de copies pour la route. Gibson en fait des copies pour les intéressés. Particularité de son originale bourrée d’autocollants comme un de STP et de signes de Peace. Les journalistes musicaux  l’ont proclamé comme étant le guitariste le plus rapide du monde rock avec l’appellation de guitariste à la moulinette ou si vous préférez, de « Mill » moulin à vent. Ses grands succès comme I’m Going Home, Love Like a Man et son I’d Like To Change the World seront à jamais inscrites comme des pièces maîtresses inoubliables du Rock And Blues.

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE
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