Chroniques

Supper’s Ready Chef d’oeuvre ?

We Know That We Like Genesis #18
Une série sur toutes les époques de ce groupe chéri des Québécois
Publié le 2 mars 2021

 

Par André Thivierge

Supper’s Ready, l’œuvre maîtresse de Fox Trot ?

Supper’s Ready, qui couvre presque toute la face B de l’album, est une suite divisée en sept sections de 23 minutes, une grande variété de mélodies, du grand prog-rock, de la pantomime typiquement anglaise et une alternance de parties douces et fortes.

Les paroles de Supper’s Ready ont germé dans la tête de Peter qui a aussi composé la musique de Willow Farm, conçue comme une pièce séparée. C’est à partir des paroles de ce segment que Peter et le groupe ont élargi le concept des paroles de l’ensemble de l’œuvre, la plus complexe de Genesis jusqu’à ce moment. L’histoire épique traite des bons vs le diable avec des références bibliques ainsi que de Winston Churchill, la mythologie grecque ainsi qu’à leur premier gérant, Jonathan King.

La pièce a été graduellement développée durant les périodes de répétition avant l’enregistrement. Les idées ont été mises ensemble jusqu’au point où ils avaient une pièce de dix minutes dans le style de The Musical Box et Stagnation. Genesis avait besoin de changer de direction et de prendre une pièce douce et la lier à quelque chose de plus énergique. C’est là qu’ils ont décidé de mettre ensemble la pièce romantique avec Willow Farm.

Mike Rutherford indique que malgré sa longueur, la chanson est simple et mélodique. Malgré la force de cette pièce, elle a été assemblée presque par accident. Au moment de l’écriture, les membres de Genesis n’avaient aucune idée de ce qu’aurait l’air le produit final. Ils n’ont jamais pensé que cette pièce deviendrait un jalon important de leur carrière. En entrevue avec NME en 1976, Mike confirme « que nous ne réalisions pas ce que nous avions entre les mains. Nous nous soucions davantage des autres pièces de l’album. »

Offrir une pièce prenant un côté presque complet d’un album, ce n’était pas inhabituel à cette époque où la musique progressive prenait de plus en plus de place. Il y avait ainsi Van Der Graaf Generator qui avait lancé A Plague of Lighthouse Keepers, un côté complet de leur album Pawn Hearts. On se souvient aussi de Echoes, la face B planante de Meddle et Tarkus qui utilisait 50 % de l’album du même nom d’Emerson, Lake & Palmer.

Steve Hackett cependant est catégorique, Supper’s Ready est pour lui concevablement la plus longue pièce continue de musique rock que quiconque ait produite à ce point à l’automne 1972. « Oui, il y avait plusieurs groupes comme Yes, ELP et King Crimson qui produisaient de longues pièces mais c’était énormément d’improvisation. Pour Genesis, au contraire, il y avait une suite logique de la première à la dernière minute ».

Voici ce que les membres ont commenté sur Supper’s Ready en entrevues au fil des ans et ce que votre chroniqueur en pense :

 

Peter Gabriel : Nous gagnions de plus en plus de confiance. Nous étions très bons en spectacle à ce point même si financièrement, les choses n’allaient pas très bien. Il y avait une bonne communion avec le public qui se construisait et nous commencions à devenir populaires dans d’autres pays. Ça nous a donné la plate-forme mentale pour bâtir quelque chose comme Supper’s Ready, qui est demeuré une des choses que j’aime le plus.

Mike : Supper’s Ready est la piste qui a fait de cet album quelque chose de spécial. Juste à penser que nous ne savions pas ce que nous faisions. Nous avions beaucoup de bouts de chansons et ensuite, on a commencé à les combiner. La 2e moitié démontre plus de liberté.  C’était vraiment juste, Phil, Tony et moi ensemble à improviser. La section de la fin est vraiment puissante mais ma section favorite est Willow Farm, qui sonne comme Harold the Barrel car elle a un peu le même humour ce qui rend la chanson un peu moins lourde.

Steve : La section de départ, Lover’s Leap est une superbe partie acoustique écrite par Tony. C’est la même séquence d’accord que Procol Harum a utilisé pour The Salty Dog.

Nous utilisions 3 guitares 12-cordes jouées simultanément par Tony, Mike et moi. La guitare de Tony était branchée à travers deux cabinets Leslie. Lorsque Peter a commencé à chanter, il le faisait une octave plus haut, on sentait que sa voix était un peu éraillée. J’ai suggéré  qu’il chante une octave plus basse et nous avions finalement les deux ensembles. Avant la 2e sous-section de la chanson, il y a un long interlude acoustique où Peter et Phil chantent en harmonie et on entend ensuite le piano acoustique. C’était ma partie où 2 guitares 12-cordes jouaient en harmonie.

Tony Banks : Je crois que nous écrivions mieux ensemble à titre de groupe. Il y avait tout de même beaucoup de matériel individuel. Sur cet album, on est venu avec des idées, un riff de guitare ou quelque chose. Le début de Supper’s Ready et ce qui est devenu la section de la fin sont quelque chose que j’ai écrit à la guitare à l’université.

Steve : Supper’s Ready fonctionne parce qu’elle est différente, il y a plusieurs bouts de chanson reliés. Si vous n’aimez pas un bout, alors passez au prochain.

Tony : On a décidé de faire une longue pièce cette fois-ci. La chanson a débuté un peu comme Stagnation avec cette intro de guitare qui était je crois, un début fort avec une jolie mélodie qu’on a enjolivé avec du vocal. J’ai pensé soudainement que ça ressemblait un peu trop à The Musical Box. Comme Supper’s Ready nous plaisait beaucoup, j’ai émis une suggestion. « Arrêtons donc la chanson ici, intégrons Willow Farm, que Peter avait écrite au piano, juste pour voir ce que cela donne » car j’ai toujours aimé le contraste. On pensait qu’avoir cette portion très jolie avec cette séquence laide et cool qui a suivi était super. Et c’est ce que l’on a fait. Ça a amené la chanson vers une nouvelle dimension avec la batterie qui s’est ajouté et tout ce qui s’en suit.

J’ai pris la partie gauche et l’ai jouée sur les cuivres du Mellotron, et la partie droite à l’orgue, ce qui a donné un son très laid. Le premier essai dégageait une impression très étrange qui faisait réagir. Nous avons décidé que c’était bien et quand il a fallu écrire les paroles, Pete, pour l’intermède a proposé : « Une fleur ! », ce qui était une excellente idée : établir le contraste entre ce qui avait été un morceau ultra romantique et ce qui allait en sortir, c’est-à-dire exactement le contraire. C’est un moment clé tout à fait particulier.

La section The Guaranteed Eternal Sanctuary Man est aussi écrite par Tony et a été composée longtemps précédemment.

Steve : Une autre chanson qu’on avait, avec des accords des années 60, délibérément naïfs. Une section où il y a une montée rythmique et où le solo de guitare amène Peter à chanter jusqu’à presque un point de rupture, très haut pour sa voix. Ce qui amène la partie où on entend un chœur d’enfants. Je ne pense pas que j’étais en studio quand ça a été enregistré. C’était une parodie de The Rocking Carol. Peter est juste allé dans la rue et a recruté quelques jeunes à qui il a dit « voulez-vous venir et enregistrer quelque chose ? » La section Ikhnaton and Itsacon and Their Band of Merry Man était beaucoup plus dynamique et vivante.

Steve : C’était vraiment basé sur la guitare 12 cordes jouée par Mike. On peut m’entendre jouer avec les tons. J’ai joué un peu de tapping en harmonie avec Tony sur son piano Hornet. La guitare sustain sonnait comme une flûte.

La scène change pour la section How Dare I Be so beautiful? où Peter joue au-dessus d’un bizarre crescendo de clavier. Ce qui nous amène à Willow Farm qui est alimenté par un bizarre changement de rythme. C’était très anglais alors que Peter chante avec différentes voix.

Steve : Peter voulait séparer le tout avec l’expression « All change! » J’ai dit, pourquoi pas en faire une station de train et avoir le son de portes qui claquent et des trains ? Peter a trouvé un ruban et l’a utilisé.

On y entend des voix bizarres dire « The Soil, The Soil » chantées par Peter et Phil. Après le riff final de Willow Farm, il y a un interlude sinistre alors que la guitare de Steve et la flûte de Peter offrent un calme avant la tempête. Et c’est là que celle-ci commence avec Apocalyse in 9/8, une longue section avec un rythme irrégulier qui débute et se termine avec la voix de Peter et où on retrouve entre les deux, une longue section instrumentale.

Tony : La partie intitulée Apocalypse in 9/8 fut la meilleure pièce instrumentale jamais créée jusqu’alors. Mike avait une façon d’actionner les pédales basses, puis de rajouter un accord de guitare par-dessus, qui rendait très bien. « Si tu peux faire en sorte de jouer un mi sur la basse et un si par-dessus, sans aucune autre note lui ai-je dit, je pourrais alors jouer l’accord qui me plait, ce qui me laissera une grande liberté pour écrire un solo par-dessus tout cela. »

Phil Collins : Un jour où je me suis absenté quelques heures, je trouve, à mon retour, Tony, Mike et Steve en train de broder autour d’un motif en 9/8. Sans rien savoir de leurs intentions, je me mêle au jeu. Tantôt je jongle avec le motif, tantôt je m’aligne sur Tony. Aujourd’hui encore, je suis extrêmement fier de la version finale de cette section, le futur Apocalypse in 9/8, où on m’entend inventer au fur et à mesure que je joue.

Tony : Mike et Phil créèrent un riff 9/8, mais comme je ne voulais pas être contraint par la tonalité, je l’ai pris comme un morceau 4/4 et j’ai joué sur leur riff, en commençant par d’insolentes tonalités majeures, presque un pastiche, les rendant de plus en plus sinistres et troublantes, de sorte que l’on n’était plus très sûr de la tournure que cela allait prendre. Puis, j’ai intégré à nouveau les grands accords, pour finir par passer de la tonalité mineure à un accord en mi majeur, qui a donné cette suite très simple et sereine, un passage particulièrement fort et inspiré. Une peu comme si les anges venaient d’arriver, comme si les cieux c’étaient ouverts.

Quand j’ai intégré cette grande suite par-dessus le solo, je ne pensais pas au chant, et quand Pete a commencé soudain à chanter par-dessus-666-je me suis dit : « Oh, voilà qu’il recommence, il chante sur mon meilleur morceau ». Mais je dois dire que cette fois-ci, il m’a fallu seulement dix secondes pour penser : « C’est fantastique, c’est tellement puissant », même si cela n’était pas ce que j’avais envisagé. Ce fut pour moi une nouvelle leçon : quelle que soit la qualité de votre solo au clavier, si vous avez une chanson ou même une guitare pour le fignoler, cela prend une toute autre dimension.

Comme le titre le suggère, la rythmique est beaucoup plus complexe qu’à l’habituel et le tout s’est davantage complexifié en spectacle. Plusieurs années plus tard, dans une entrevue avec le magazine Modern Drummer, Phil a expliqué comment pouvais-t ’il livrer ce segment avec autant de dextérité en spectacle.

« Je crois que mon expérience de chanteur me sert pour ceci. Quand j’apprends un segment musical qui est inhabituel, je ne compte pas. Je joue le motif dans ma tête. Vous pouvez pénétrer davantage dans le motif si vous considérez le tout comme étant juste de la musique. »

La musique ralentit après le retour de la voix de Peter. Le segment As Sure as Eggs is Eggs reprend la mélodie initiale de Lover’s Leap.

Steve : J’ai suggéré le retour de la mélodie initiale avec les cloches et le battement de tambour pour que cela sonne comme un hymne patriotique. Et j’ai ensuite offert un solo de guitare avec un peu de tapping et beaucoup de réverbération et d’écho répété pour que cela sonne comme une fanfare. Je sais que Peter se sentait particulièrement proche de cette chanson. Des parties faisaient référence à une expérience personnelle qu’il a vécu. Il y avait aussi la référence au livre des révélations avec le 666.

Peter : Ce fut une de ces chansons où nous avons réussi à captiver le public. Quand on arrive à la fin à la référence sur le nouveau Jérusalem, vous pouviez sentir qu’on avait touché les gens. On commençait à savoir qui nous étions comme auteurs et savions comment livrer une performance.

Tony : Ce que j’aimais le plus dans cette chanson, c’est qu’après l’avoir composée et arrangée, nous n’étions pas très sûrs de nous car les éléments avaient été assemblés petit à petit, et la première moitié de la chanson s’était faite dans des circonstances difficiles au moment où nous avions changé de producteur et d’ingénieur. Nous avons fini par apprendre tout le morceau et l’avons trouvé fantastique. Je me rappelle l’avoir joué à notre roadie en chef, Richard McPhail qui s’est montré immédiatement enthousiaste. « C’est la meilleure chanson que vous ayez jamais faite » a-t-il assuré.

Steve : Quand nous avons eu terminé Supper’s Ready, je n’étais pas certain qu’un aussi long morceau serait apprécié. Je pensais que personne n’allait aimer, que la maison de disques nous virerait et que nous disparaitrions dans un trou noir. Je me suis trompé sur toute la ligne, et je n’ai jamais été aussi content de me tromper : ce morceau a fini par devenir l’hymne du groupe.

Phil : Supper’s Ready va façonner l’image du groupe auprès du public. Pour beaucoup de genisophiles, c’est notre magnum opus, et je suis plutôt d’accord avec eux. Le morceau est plus grand que la somme des parties, même si certaines sont remarquables notamment Apocalypse in 9/8 et As Sure As Eggs in Eggs. Mais c’est surtout à Tony, Mike et Peter que revient le mérite d’avoir compris que ces parties pouvaient s’assembler et aboutir à autre chose qu’un chapelet de sept morceaux égrenés sur vingt-trois minutes.

Pour autant, on se demande alors si Supper’s Ready va tenir sur l’album : sur un vinyle, plus il y a de la musique, moins les sillons sont profonds et moins le son est clair. 23 minutes, c’est beaucoup pour une face de 33 tours. Pire, si on a des cartouches huit-pistes dans sa voiture – ce qui est majoritairement le cas au Royaume-Uni en 1972 -, on risque d’avoir trois ou quatre sauts de pistes durant l’écoute. C’est fou de penser aujourd’hui aux limites physiques auxquelles la musique se heurtait en ce temps-là.

Analyse et verdict du chroniqueur : Chef-d’œuvre ou non ?

On pourrait qualifier cette pièce classique comme un épique accidentel ou opportuniste. Au moment de l’écriture, le groupe n’avait pas planifié en faire une suite de 23 minutes. Les quatre premières sections ont été jointes ensemble à partir d’idées développées séparément dont Willow Farm écrite par Peter dont il considère son meilleur travail avec le groupe. Celui-ci a d’ailleurs écrit les paroles et la majorité des mélodies vocales après que ses collègues ont eu écrit la musique. Il cite The Pilgrim’s Progress de John Bunyan comme inspiration pour l’histoire racontée.

Il a cité aussi à maintes reprises que les paroles au début de la pièce ont été influencées par une expérience surnaturelle qu’il a vécu aux côtés de son épouse du temps Jill dans leur appartement. Il y a aussi de nombreuses références religieuses dans les paroles remontant à l’époque de l’église anglicane que fréquentait Peter au collège Charterhouse.

Voici l’analyse des sept sections :

i. Lover’s Leap (0:00 – 3:47) – L’épique débute avec Steve, Tony et Peter jouant ensemble à la guitare 12 cordes, joints ensuite par Tony au piano électrique et finalement un chœur. Un lent et intense début sans guitare lead ni batterie, mais on voit que ça met la table et laisse l’auditeur vouloir entendre la suite. Les paroles « I Swear I saw your face change, it didn’t seem quite right » fait référence à l’expérience surnaturelle de Peter et Jill. Le héros de l’histoire a été loin de son amour pour un certain temps et retourne à elle. Pour l’instant, leur réunion s’enfonce alors qu’ils sont aspirés vers un autre monde, un thème qui sera récurrent plus tard sur l’album The Lamb Lies Down on Broadway.

ii. The Guaranteed Eternal Sanctuary Man (3.48 – 5:43) – On n’a pas besoin d’attendre longtemps pour le premier sommet de la chanson et le tout provient du premier mur du son complet de Genesis. À peine quelques minutes après les débuts de la section, l’auditeur est confronté dans le dilemme entre le bien et le mal qui se présente sous la forme d’un fermier et d’un pompier. La fin de la section comprend un court couplet chanté par huit enfants qui ont été recrutés de la rue pour 10 shillings.

iii. Ikhanaton and Itsacom and Their Band of Mystery (5:44 – 9:42) – Il y a beaucoup de jeux de mots dans cette section avec Itsacon devenant « It’s a Con » et les armées d’Ikhnaton sur le point de se rendre à la bataille. C’était le 10e pharaon de la 18e dynastie d’Égypte, connu pour avoir enfanté Tuthenkamon avec une de ses sœurs. Le titre et les paroles peuvent avoir été inspirées de la bataille religieuse qu’il a mené contre les prêtres de l’époque. La mélodie d’ouverture de Lovers’s Leap est ici reprise à la flute par Peter ce qui amène au deuxième sommet musical de Supper’s Ready avec la bataille instrumentale amenant à un long solo de guitare de Steve incluant un autre bon exemple de sa technique de tapping, reproduite en même temps par Tony à l’orgue avant d’être ramené à une pause vers un passage plus lent et doux

Pharaon Ikhnaton

iv. How Dare I Be So Beautiful (9:43 – 11:04) – Le titre de cette section fait référence aux tout débuts du groupe quand leur premier gérant Jonathan King se regardait dans le miroir et disait « How Dare I Be So Beautiful ». Se souvenant de cela, Peter a décidé que ce serait un excellent titre, faisant référence à Narcisse qui a été attrapé dans l’histoire par Nemesis, le dieu de la revanche afin qu’il tombe en amour avec son reflet. Narcisse s’enlève la vie quand il réalise qu’il ne peut avoir son nouvel amour (lui-même) et au lieu, devient une fleur jaune et blanche. La section débute musicalement avec la fin de la bataille précédente et Peter chantant de façon plaintive à travers une guitare discordante dont le volume s’accroit.

Nemesis

v. Willow Farm (11:05 – 15:36) Une section qui fut d’abord une pièce autonome de Peter. Elle fut ajoutée au milieu de Supper’s Ready selon Tony afin de faire la distinction avec une pièce précédente Stagnation. Le tout semble complètement hors contexte avec le reste de l’histoire mais offre des moments plus légers et lumineux comparativement au reste des 23 minutes de musique. Un peu comme la section « Maître de la maison » dans les Misérables, Willow Farm donne un répit aux auditeurs au milieu de l’histoire très intense. Cette parenthèse offre un contraste musical comme le font les paroles. La section comporte deux parties, divisées par le son d’un train et l’annonce « all change! ». Une fois que la partie principale de Willow Farm se termine, la chanson ralentit avec le Mellotron, l’orgue et la guitare lead et on entend un solo de flute qui fait une reprise musicale du thème du fermier.

vi. Apocalypse in 9/8 (Co-Starring the Delicious Talents of Gabble Rachet) (15:37 – 20:50) – La section débute avec les gardes de Magog qui fourmillent avec des pulsations de guitare. On entre ensuite dans une section instrumentale au rythme 9/8. Le rythme est bizarre et Tony commence un de ses solos d’orgue les plus iconiques dans l’histoire de Genesis accompagné par une des plus complexes rythmiques jouées par Phil. Le son devient de plus en plus orchestral et atteint un summum au moment où Peter prononce les mots « 666 is no longer alone!», une intervention vocale contestée au départ par Tony qui a rapidement réalisé que cela amenait la chanson à un autre niveau. On retrouve des références bibliques, particulièrement du Livre des révélations, le 666 étant la marque du diable. Les soldats de Magog apparaissent dans la Bible et le Coran et sont associés à l’apocalypse. La section se termine avec un répit musical au Mellotron amenant vers la grande finale chantée avec émotion par Peter.

vii. As Sure As Eggs Is Eggs (Aching Men’s Feet) (20:51 – 22:54) – La finale fait aussi une référence directe au Livre des révélations de la Bible avec le nouveau Jérusalem. On y reprend le thème de Guaranteed Eternal Sanctuary Man avec Steve prenant le lead à la guitare avec un solo qui restera dans les mémoires et la voix de Peter, très émotive amène à un son qui s’éteint progressivement.

Verdict du chroniqueur :

Il s’agit à mon avis de la pièce ultime de Genesis, leur chef d’œuvre. Tout y est ! Une histoire prenante, des parties musicales inégalables et la voix de Peter qui reste marquante. C’est leur chef-d’œuvre qui bâtira le reste de la carrière du groupe et deviendra un incontournable en spectacle pour de nombreuses années.

Supper’s Ready en spectacle au fil du temps

La pièce sera jouée avec Peter dans les tournées de Fox Trot (1972) et Selling England By the Pound (1973). Après le départ de Peter en 1975, elle sera chantée intégralement par Phil durant les tournées de Trick of the Tail (1976), Wind and Wuthering (1977) et And Then There Were Three (sans Steve en 1978). Dans les tournées subséquentes, elle sera jouée sporadiquement mais abandonnée dans les années 80 au profit de medleys de plus vieilles chansons. Certaines sections seront intégrées dans ces medleys. Peter aura une occasion de la rechanter à nouveau lors de la seule et unique réunion de la formation classique en 1982.

À noter que le chanteur du dernier album studio du groupe Calling All Stations, Ray Wilson chantera en spectacle une version acoustique de la section Lovers Leap avec Mike et Tony à la guitare en 1997. Seuls les européens auront eu la chance d’entendre ce spectacle qui ne s’est jamais rendu en Amérique du Nord en raison de la faible vente de billets. Seuls des versions pirates existent de cette tournée.

Sur disque, outre la version studio de Foxtrot, les fans ont pu entendre une version live officielle chantée par Phil en 1977 sur l’album Second Out.

Il a fallu attendre la sortie du coffret Genesis Archives 1967-75 (vol.1) en 1998 pour enfin mettre la main sur une version officielle en spectacle de Supper’s Ready chantée par Peter au Rainbow Theatre de Londres en 1973. Cette version est aussi apparue sur le coffret Genesis live 1973-2007, paru en 2008.

Plus récemment, Steve a repris avec brio Supper’s Ready dans ses spectacles solos, captés sur disque dont cette version avec un orchestre symphonique.

Peter de son côté, qui avait joué quelques pièces de Genesis au début de sa carrière solo avait envisagé de jouer la suite. Il abandonnera l’idée compte tenu de la complexité de la pièce pour ses musiciens mais a dit récemment qu’il pourrait le faire plus tard.

Foxtrot, l’album qui sera déterminant ?

Est-ce que les critiques seront à la hauteur?  Est-ce que le public suivra? En spectacle, Genesis se renouvellera grâce à Peter et sa performance scénique et des surprises sur scène.  À suivre!

 

Je vous invite à ce spectacle très intime où j’interprète les plus grandes chansons rock sur le groupe FB Famille Rock et Journal Pop Rock les mercredi à 20h

 

BANNIÈRE: THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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