Chroniques

Genesis Stars Belgique et Italie

We Know That We Like Genesis #15
Une série sur toutes les époques de ce groupe chéri des Québécois
Publié le 22 janvier 2021

 

Par André Thivierge

De retour sur scène

En octobre 1971, peu avant la sortie de Nursery Crime, les cinq membres de Genesis, Peter Gabriel, Tony Banks, Michael Rutherford, Steve Hackett et Phil Collins reprennent la tournée conjointe avec Lindisfarne et Van Der Graaf Generator.

Selon Ray Laidlaw de Lindisfarne, Genesis devenait de plus en plus une attraction de stade qui se développait sous leurs yeux.  « Leur audience était petite et loyale quand nous les avons rencontrés pour la première fois mais en 1972, ça grossissait à vue d’œil. Ils étaient talentueux et astucieux.  Ils ont vu notre groupe imploser devant eux et se sont assurés que cela ne leur arriverait pas. »

Ray Laidlaw et Lindisfarne

En novembre et décembre 1971, Genesis a poursuivi sa tournée pour promouvoir son 3e album à travers la Grande-Bretagne.

3e apparition à la BBC

Le 9 janvier 1972, Genesis s’est rendu au Studio T1 de la BBC pour l’émission de John Peel. Le groupe a joué en direct 4 pièces de Nursery Crime, Return of the Giant Hogweed, Harold The Barrell, Fountain of Salmacis et Harlequin. L’émission a été diffusée le 28 janvier 1972.

Numéro 1 en Belgique!

Au même moment, les membres de Genesis ont eu la surprise d’apprendre que l’album est devenu numéro un en Belgique, une première pour le groupe n’importe où dans le monde. Après la BBC, Genesis a profité de l’engouement des belges pour une série d’engagements en Belgique incluant l’enregistrement de ce qui est devenu la plus vieille apparition télé du groupe encore disponible aujourd’hui, l’émission Pop ShopRock of the Seventies où le groupe a joué en direct en studio.

Le groupe y a interprété 4 chansons faisant partie de leur spectacle du moment, Fountain of Salmacis, Twilight Alehouse, The Musical Box et The Return of the Giant Hogweed. Il est intéressant que la prestation de Twilight Alehouse sur ce film de 30 minutes est survenue plus d’un an avant sa parution sur disque en face B de leur premier hit, I know what I Like.

Le plus vieux film de l’histoire du groupe, d’une rare qualité pour l’époque est un fascinant document historique montrant leur approche de leurs performances en spectacle, plus d’un an après l’arrivée de Phil et Steve. On voit que Peter est déjà le centre d’attention pendant que Phil joue frénétiquement de la batterie et que Mike, Tony et Steve ont un rôle plus effacé à l’arrière plan.

Le 2 mars, la BBC a enregistré une performance au Paris Cinema de Londres. Trois chansons seront diffusées le 11 mars, Fountain of Salmacis, The Musical Box et The Return of the Giant Hogweed.

Des stars en Italie

Le groupe apprend qu’il a atteint la 4e position en Italie et entreprendra une tournée triomphale de ce pays en avril.

Les attentes étaient très élevées quand ils y sont allés, tellement qu’ils ont accepté que Charisma invite le journaliste Tony Tyler du magazine NME à les suivre en tournée pendant quelques jours pour constater que les Italiens étaient les premiers à offrir à Genesis un statut de superstar.

Mike racontait que « l’enthousiasme qu’on nous manifestait en Italie et en Belgique comptait beaucoup pour nous. L’Angleterre était lente, c’était pénible, et voilà que nous pouvions aller dans un pays où nous étions un peu plus connus.

Certains de nos engagements italiens avaient un drôle de planning : le dimanche après-midi, nous jouions dans les night-clubs, généralement une boite perdue en banlieue, où nous nous produisions pendant deux ou trois heures afin que les jeunes puissent rentrer chez eux par les transports en commun. Les adolescents appréciaient le groupe, c’était fantastique. »

Phil se souvient de leur spectacle au Palazzetto dello Sport à Rome, un lieu construit pour les Jeux olympiques de 1960 pouvant accueillir 3500 personnes assises et 10,000 debout.

« Le public italien est extraordinaire. Non seulement il nous aime avec passion, mais il est vraiment dedans. Les spectateurs poussent des cris, applaudissent à chaque changement d’audience. L’enthousiasme des Italiens n’a rien d’étonnant : nous sommes un groupe anglais qui explore la tradition de l’opéra. »

C’est après un spectacle à Naples que Tony et Mikes écriront sur le toit d’un édifice les paroles de Watcher of the Sky qui apparaitra sur le prochain album Fox Trot, basé sur un ouvrage de science-fiction.

En Italie, le groupe a interprété pour une première fois la pièce Rock me Baby, une pièce inédite qui était une version primitive de ce qui deviendra Can-Utility and the Coastliners sur Fox Trot. La pièce sera rejouée avec une version différente le 9 avril avec un nouveau titre, Bye Bye Johnny à Verona  (à écouter à la 23e minute de la vidéo qui suit) .

Retour en studio pour Happy The Man

À leur retour à Londres, Genesis retournera en studio pour enregistrer la chanson Happy The Man, une pièce folk qu’ils jouaient depuis plusieurs mois. L’enregistrement a eu lieu à un nouveau studio appelé The Manor, propriété de Richard Branson, sur le point de lancer l’étiquette Virgin.

Tony affirmait « on était habitués au fait qu’au début, les simples des Beatles n’étaient pas sur les albums. On était confortable de faire de la même façon avec Happy the Man, espérant que cela devienne un hit. » Malheureusement, le temps de studio utilisé pour l’enregistrement et l’argent dépensé sur le simple a causé un conflit entre le producteur John Anthony qui avait produit les deux albums précédents et Charisma. Il quittera la compagnie de disques.

Happy The Man sera lancé en mai 1972 avec la pièce Seven Stones de l’album Nursery Crime en face B.

Malgré un effort publicitaire de Charisma avec le slogan Un nouveau simple par un des vrais grands groupes, le simple qui ne figurera sur aucun album n’aura pas d’impact sur les palmarès. Devenu difficilement disponible par la suite, le simple va réapparaîtra dans un coffret d’archives 26 ans plus tard.

Deux autres simples potentiels, Going Out to Get You et Wooden Mask feront l’objet de démos mais ne seront jamais enregistrés.

À noter qu’une version démo de Going Out to Get You datant de 1970 deviendra disponible sur le coffret d’archives mais ne représentera pas la version plus dynamique et lourde qui sera jouée en spectacle en 1972 avant que le groupe laisse tomber cette pièce de leur répertoire.

En ce qui concerne Wooden Mask, Steve mentionne que « personne n’a de copie de ce ruban. Tony et moi aimions cette pièce. C’était une de ces choses destinées à devenir un simple. Il y avait une belle vibration. Elle n’était pas très bien produite, ni complètement finie mais elle avait du potentiel ».

Un changement de look de Peter et innovations sur scène

Le 28 mai 1972, Genesis apparait au Great Western Express Festival à Lincoln, où il jouera pour la première fois, Watcher of The Sky qui deviendra la pièce ouvrant leur prestation. Le temps où Genesis commençait leurs spectacles avec une pièce acoustique était terminé.

C’est là que Peter décidera de raser une portion triangulaire de cheveux sur son front ce qui lui donnera une apparence particulière accentuée par du crayon contour des yeux et un collier de style égyptien.

Peter indique que « c’est une façon économique de faire les journaux. » C’est le début d’une tendance qui donnera graduellement de la notoriété au groupe pendant les trois années suivantes. L’aspect du visuel augmentera rapidement avec des lumières ultra violettes, des rideaux en toile blanche, de la glace sèche (« quand ce n’était pas encore un cliché » selon Tony) et le nouveau look de Peter.

Watcher of the Skies offrait une ouverture de spectacle inoubliable. Tony se rappelle que « les gens lorsqu’ils venaient à nos concerts voyaient la fumée et Peter qui arrivait avec ce maquillage phosphorescent et l’intro de Mellotron. Ce n’était pas juste d’aller à n’importe quel concert, c’était Genesis! »

Malgré leur lente accession à la popularité, le groupe commençait à compter sur une horde grandissante de fans qui fit en sorte qu’une convention Genesis a eu lieu à la fin de juin 1972.

La performance offerte leur vaudra une belle critique de Chris Welch du magazine Melody Maker ce qui, espéraient les membres de Genesis, les aidera pour la suite des choses.

Est-ce que cela sera suffisant pour que le 4e album soit celui du succès ?

À suivre!

BANNIÈRE: THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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