Chroniques

Genesis, le quatuor prêt!

We Know That We Like Genesis #42
Une série sur toutes les époques de ce groupe chéri des Québécois
Publié le 24 janvier 2021

 

Par André Thivierge

Maintenant que Genesis a identifié qui sera leur prochain chanteur principal à la fin de l’automne 1975, Tony Banks, Mike Rutherford, Steve Hackett et Phil Collins terminent l’enregistrement et la production de leur nouvel album, le premier après le départ de Peter Gabriel, A Trick of The Tail!

Phil raconte dans son autobiographie comment il a pris de l’assurance en enregistrant les chansons

« On expédie les morceaux les uns après les autres.  Robert, Assault & Battery fait figure d’exception car il se met en place tout seul. Je fais un peu mon Artful Dodger (rôle qu’il avait joué comme jeune acteur avant sa carrière musicale) dans la partie vocale.

Petit à petit, je démontre que non seulement je peux chanter les morceaux mais aussi leur apporter quelque chose. Un peu de caractère, d’incarnation. Je peux les habiter sans recourir aux accessoires de Peter.

Certains titres me donnent un peu de fil à retordre. Mad Mad Moon, signé Tony, comporte des mélodies qui ne sont pas dans mes cordes, d’autant qu’il faut les apprendre à la volée dans le studio. Avec les années, je m’y ferai. A Trick of The Tail est aussi de lui, mais me conviens mieux. Dans l’ensemble, chanter sur cet album est plus facile que je pensais.

Steve se démarque

Même s’il a utilisé beaucoup de son matériel sur son premier album solo, Steve a quand même contribué solidement à l’album A Trick of the Tail, spécialement sur Entangled. Il raconte : « J’ai écrit les paroles et la musique du couplet. Le refrain, musicalement, c’était Tony. La finale provenait d’une figure d’arpèges provenant de Mike avec laquelle, Tony a surimposé un effet de chorale »

Tony acquiesce et indique « qu’Entangled a fonctionné très bien. C’était une combinaison des bouts que je fournissais et ceux de Steve alors que celui-ci a écrit les paroles. Les styles contrastants sonnaient très bien. »

Il n’y a qu’une pièce qui n’a pas fait l’album, It’s Yourself, une pièce acoustique. Steve raconte : « C’était une pièce qui sonnait trop comme ce qu’on entendait à cette époque et elle ne se démarquait pas du lot. » Quoi qu’il en soit, la fin de cette pièce a été réutilisée pour former la pièce instrumentale Los Endos, un classique instrumental de Genesis. On entend d’ailleurs une version raccourcie de It’s Yourself en face B non disponible sur l’album.

Les derniers préparatifs se mettent en branle

Ayant appris de quelques-unes de leurs erreurs lorsqu’ils ont enregistré leurs deux albums précédents, le calendrier de production de A Trick of The Tail était mieux planifié. Genesis avait du temps pour écrire, pour enregistrer, du temps pour les fans de digérer l’album avant de le jouer en spectacle sans que quoi que ce soit s’interpose et que les délais créent des problèmes comme ce fut le cas pour The Lamb. Les membres savaient trop bien l’importance de cet album et rien ne devait être laissé au hasard.

Une pochette différente

Mike raconte l’approche : « Hipgnosis (la firme qui a réalisé la pochette de The Lamb) a produit du matériel fabuleux. Je dirais que la pochette de A Trick of The Tail était bien loin de ce qu’ils avaient produits auparavant avec Pink Floyd et 10cc. Storm Thorgherson et Audrey Powell n’étaient pas du genre à produire des dessins romantiques. Mais l’idée de ces dessins qui étaient de Powell nous a conquis toute de suite car ils étaient en harmonie avec le climat de l’album. »

Steve acquiesce : « Oui, ils ont eu une super idée, de diviser tout cela en personnages individuels. Ça fonctionnait très bien. À cette époque, Hipgnosis essayait constamment de nous faire utiliser des photos sur la pochette mais le groupe était encore beaucoup dans la fantaisie à ce stage. »

Tony renchérit : « Storm tendait à se concentrer sur des idées photographiques mais cet autre gars pensait qu’utiliser des personnages de l’album serait une chose intéressante à faire. Et nous aimions l’atmosphère créée par cette pochette dorée et brunâtre et ce style papier parchemin. Une pochette d’album peu offrir une identité forte à un album et c’est le cas ici. On a le climat d’un livre d’histoire qui offre des chansons distinctives et qui ont des histoires à raconter. »

Les membres de Genesis sont conscients qu’une nouvelle ère va se mettre en branle

Mike dans son autobiographie raconte : « J’ai longtemps senti que la vie de Genesis s’est divisée en deux, les années de Peter et celles de Phil. Pendant celles de Peter, nous étions comme des enfants d’école, se battant dans les coins en piétinant et se bousculant. Tout cela a changé quand il est parti.

Ce n’était pas que nous étions malheureux. Nous avions du plaisir avec Peter mais il avait un fort caractère. Sans lui, Tony et moi sentions que nous avions soudainement besoin d’être moins agressif. On avait moins besoin de pousser pour que les choses aillent dans la bonne direction.  Bien sûr, quand il y a moins de gens dans le groupe, l’harmonie est plus facile à atteindre. Musicalement, on a atteint une plus grande cohésion. Le départ de Peter nous a fait grandir Tony et moi et nous avons appris à rendre les choses un peu plus légères. »

Steve croyait qu’à l’époque, le groupe était assis entre deux chaises. « D’un côté, nous avions cette approche symphonique et de l’autre, il y avait cette sensibilité aux chansons pop que le groupe a vraiment opté après le départ de Peter et ensuite le mien. Mais c’était l’approche initiale qui m’a intéressé le plus, le genre d’odyssée musicale où une chanson débute à un point précis mais nous ne savions vraiment jamais où cela allait nous mener après la contribution de chacun. Une œuvre à cinq personnes pouvait nous mener à quelque chose de très étrange, avec des tournants inattendus.

Je crois que notre transition musicale était rendue possible parce que chacun voulait se relayer le bâton, écrivant comme si c’était une course à relais. »

A Trick of the Tail a encapsulé à la fois les promesses et les doutes des remarques de Steve. Les rubans de l’album complétés ont frappé la compagnie de disques Charisma comme un glissement de terrain. Personne ne doutait que Genesis avait réussi. Longtemps avant la sortie de l’album, les visiteurs au bureau de Charisma, même s’ils tapaient du pieds à l’écoute des pièces plus rythmées, avaient de la misère à croire que c’était bien Genesis qu’ils écoutaient.

Dix ans plus tard, Tony Stratton-Smith (propriétaire de Charisma) indiquait en entrevue que « personne n’était en faveur de Phil initialement, mais tout a changé en six semaines. Je pensais au début que Phil n’était pas le remplaçant adéquat de Peter. On avait sous-évalué son grand talent qui se cachait derrière la voix de Peter. Il ne faisait tellement qu’un avec Peter qu’on l’oubliait. »

Toutefois, ce qui faisait la force de Peter dans sa façon de raconter des histoires épiques comme The Battle of Epic Forest et Get Them Out By Friday devenait une faiblesse pour Phil. Le groupe avait écrit Robbery, Assault &t Battery dans la même veine. Elle a été considérée cette fois comme la pièce la plus faible de l’album. La force de Phil était dans des pièces plus contemporaines avec des paroles plus concrètes. Ce à quoi, Genesis visera dans l’avenir, spécialement après le départ de Steve en 1977.

Les membres de Genesis sont confiants

Avant la sortie de l’album, les membres du groupe étaient convaincus qu’il serait un succès, étant moins complexe que son prédécesseur mais qui serait rassembleur comme Selling England By The Pound.

Tony affirme que « nous n’avons jamais douté de nous-même. Nous avons toujours pensé que la somme des parties était plus importance que celles individuelles. La perte de Peter nous a rapproché, du moins, à cette époque ».

La décision en ce qui concerne le chanteur principal a été rendue publique et communiquée au grand public avant la sortie de l’album au début de 1976. Le fait que Phil avait chanté Star of Sirius sur l’album solo de Steve a donné confiance au public mais a haussé le niveau d’attente des fans.

Est-ce que l’album sera à la hauteur des attentes ?

À venir, l’analyse des chansons de A Trick of The Tail par les membres du groupe et par le chroniqueur.

BANNIÈRE: THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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