Chroniques

Genesis BBC et Bowie

We Know That We Like Genesis #6

Une série sur toutes les époques de ce groupe chéri des Québécois

Publié le 26 octobre 2020

 

Par André Thivierge

Retraite au Christmas Cottage

À l’automne 1969, Anthony (Ant) Phillips, Peter Gabriel, Anthony (Tony) Banks, Michael (Mike) Rutherford et John Mayhew multipliaient les concerts et cherchaient un endroit pour pouvoir perfectionner leur art.

Les membres de Genesis ont repris contact avec leur ami Richard McPhail qui avait été chanteur d’Anon.  Il a convaincu ses parents de leur prêter le Christmas Cottage pour qu’ils puissent s’y installer pour pratiquer.

Et pour accommoder le groupe lors des concerts, il a demandé à son père de lui vendre sa fourgonnette de boulanger afin de les transporter. Richard est devenu leur homme à tout faire ainsi que leur roadie.

Ils s’y sont rendus en novembre 1969 et restés jusqu’en avril 1970. Mike affirmait en entrevue que la maison était petite et froide et qu’ils se disputaient sans cesse. Ce fut quand même à ce moment selon lui que Genesis est véritablement devenu un groupe. « Ce fut une période formatrice et créative. Six mois plus tard, on en est sorti avec notre genre à nous, un territoire où planter notre drapeau musical. »

Selon Tony, « nous ne faisions qu’écrire, écrire sans fin, assembler des petits bouts, improviser et apprendre à jouer ». Leur période confinée au chalet a fait en sorte qu’ils n’étaient pas influencés par toutes sortes de musique et ont peaufiné un style qui leur était propre et cela leur a permis de développer les chansons qui feront partie de Trespass et ce qui explique pourquoi le style est incomparable à ce qui est sorti durant la même période.

Une approche en spectacle unique

Après leur premier concert professionnel, le groupe offre plusieurs performances dans le réseau des universités. Les concerts de Genesis ne ressemblaient déjà aucunement à ce qui existait ailleurs. Au lieu d’offrir des pièces pop, ils offraient un répertoire puissant, mélodique et passionné.

Leur set était assez inhabituel aussi, commençant avec des pièces acoustiques d’Ant et Mike à la guitare 12 cordes et graduellement, « on passait à des pièces plus puissantes et électriques jusqu’à culminer avec The Knife qui pouvait durer jusqu’à 20 minutes à l’époque ». Ils se sont bâti graduellement un petit groupe de fidèles qui les suivra tout au long de leur cheminement.

Tony n’appréciait pas jouer en spectacle car il était très introverti. De son côté, Ant était un perfectionniste et insistait pour que les guitares soient accordées correctement entre les chansons. Les délais que cela causait, en plus des fréquents bris d’équipement ont amené Peter à improviser des histoires qui n’avaient souvent aucun sens pour faire patienter le public et les faire rire.

Richard McPhail indique que Peter portait habituellement un ensemble noir qu’il surnommait le peignoir. Il frappait sur un tambourine, jouait de la flûte à l’occasion et avait l’habitude de frapper sur une grosse caisse de basse, au déplaisir de ses collègues.

La BBC s’intéresse à Genesis

1970 a été une année décisive pour Genesis.  Le 9 janvier, ils ont été engagés par la BBC pour écrire la bande sonore d’un documentaire sur le peintre Michael Jackson.

Même si celui-ci n’a jamais été terminé, le groupe a enregistré 4 courtes pièces dont ils utiliseront largement des extraits dans les mois à suive. On y retrouve Provocation qui comprenait des extraits utilisés dans Looking for Someone (Trespass) et Fountain of Salmasis (Nursery Crime).

Frustration  deviendra la pièce Anyway (The Lamb Lies Down on Broadway).

Manipulation dont une partie deviendra The Musical Box (Nursery Crime).

Il y aura finalement Resignation qui demeurera complètement inédite.

Le document n’a jamais été diffusé et la bande a été longtemps considérée comme perdue. Elle a été retrouvée dans un encan en ligne 30 ans plus tard. Genesis a récupéré les droits et diffusé ces extraits en 2007 dans le coffret Genesis 1970-75.

L’ancien bassiste des Yardbirds, Paul Samwell-Smith avait été choisi pour produire la session avec Genesis à la BBC pour le documentaire. C’est grâce à cette expérience que Peter a été invité à jouer de la flûte sur la pièce Katmandu de l’album Mona Bona Jakon de Cat Stevens.

Le 22 février, le groupe est retourné aux studios de la BBC pour l’émission radio Night Ride.

Devant le DJ Alec Reid, le groupe a joué six pièces : Shepherd, Pacidy, Let us Make Love, Looking for Someone, Stagnation et Dusk.

Les 5 premières chansons ont paru en bootleg et les 3 premières ont fait partie du coffret Genesis Archives vol.1.  L’enregistrement de Dusk a disparu sans laisser de traces. Alec Reid se souvient d’avoir été impressionné par la musique du groupe. L’émission a été diffusée en avril 1970.

En première partie de noms connus

Au début de 1970, Genesis a fait plusieurs premières parties d’artistes et groupes connus tels Roy Harper, Atomic Rooster (Carl Palmer), T-Rex, Johnny Winter et Rare Bird.

Dans certains cas comme le spectacle à Uxbridge le 27 février, la foule les a clairement préférés au groupe en vedette, Fairport Convention.

 

En studio avec le claviériste des Moody Blues

Pendant ce temps, le groupe était toujours désespérément à la recherche d’un contrat de disque et d’un gérant sérieux. En mars, ils ont réussi à rencontrer les responsables de l’étiquette Threshold, celle des Moody Blues qui semblaient très intéressés au groupe. Ils ont été invités le 8 mars aux studios De Lane Lea pour une session d’enregistrement supervisée par le claviériste des Moody Blues, Mike Pinder.

Au Atomic Sunrise Festival avec David Bowie

Durant la semaine du 9 mars 1970, ils ont été invités à participer au Atomic Sunrise Festival at The Roundhouse.  Le festival accueillait des gros noms de l’époque tels Hawkind, Quintessence et Arthur Brown.

 

Le 11 mars, Genesis a eu la chance de faire la première partie de David Bowie.

Un fait intéressant, c’était la première fois que le groupe a été filmé en spectacle de leur histoire. Malheureusement, seul un court extrait est disponible sur le web. Il s’agit du seul enregistrement connu de Genesis avec Anthony Phillips et John Mayhew. On peut en voir l’extrait dans le documentaire Sum of The Parts paru en 2014.

Une rencontre marquante

Malgré l’intérêt de Island Records et après avoir presque signé un contrat avec Threshold Records, Genesis fera une rencontre marquante avec Tony-Stratton Smith qui les approchera pour faire partie de sa nouvelle écurie : Charisma. 

À suivre!

BANNIÈRE: THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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