Chroniques

Duane Allman – Robby Krieger

Guitaristes émérites # 12  – publié 08 avril 2020 

 

Par Normand Murray

Duane Allman

L’étoile incontestée de la slide du Sud.

Né dans la ville du country Memphis en 1946. Duane Allman fut encouragé par son frère Gregg à prendre la guitare comme instrument. En premier, le lieu de naissance a fait que naturellement leur début de carrière a été axé sur la country et peu de temps après, ils se mirent à avoir une admiration pour BB King ce qui leur confère les premières notions de blues en 1961 avec leurs groupes du temps, les Allman Joy et après, le Hour Glass. Deux albums furent le résultat de ces bands et en 1968, démembrement de ces premiers bands. Et vers ce même temps, Duane se mit à la slide guitar, inspiré par Jesse Ed Davis et usa de glass bottle neck, dont un en métal. Cette technique, deux éminents guitaristes l’ont pris comme modèle, nul autre que Rory Gallagher et Joe Walsh, perceptible dans son groupe du temps James Gang, Derek Trucks et Gary Rossington de Lynyrd Skynyrd.

Le Hour Glass Album Session a fait que nul autre que Wilson Pickett a demandé ses services sur son album Hey Jude (1968) ce qui fît de Duane un guitariste très en demande des studios de Muscle Shoals Studio d’Alabama là où il performait avec des artistes variés comme Aretha Franklin, Percy Sledge, Bozz Scaggs et autres légendes du monde du spectacle. Frustré d’être confiné à jouer ce que les « sessions man » de studio lui recommandaient de faire. Il a décidé avec son frère Gregg, claviériste, de former le groupe The Allman Brothers Band. Avec Dickey Betts à la guitare (second lead), Berry Oakley à la basse et le duo de batterie avec Butch Trucks et Jai Johanny Johanson en mars 1969. Premier album sous leur nom The Allman Bros Band en 1969 qui connut un succès assez relatif.

1970, l’année du grand changement dans la nototiété du Allman Bros Band et dans le succès personnel de Duane avec la sortie de Idlewind South qui leur permettait enfin de s’inscrire au Billboard. Du même coup, un dénommé Éric Clapton qui a dit de lui en 68, après l’écoute de la version de la chanson des Beatles sorti également en 1968 Hey Jude de Wilson Pickett,   » j’ai été estomaqué par la fin du lead sur cette pièce » et il a voulu savoir immédiatement qui il était. Cette année là en 1970, Clapton requiert ses services pour le fameux album légendaire de Clapton Layla and Assorted Other Love Songs. Là où Clapton avait regardé attentivement de quoi la slide south country était faite. Le titre de Slowhand en était la conclusion de ce bref apprentissage pour Clapton. Ceci est mon avis personnel, bien sûr.

Autre fait est que Johnny Winter lui-même un adepte invétéré de la slide guitar, avait déclaré lors de son concert au Fillmore East que le Allman Bros Band ferait cette année-là les planches du Fillmore East. Et en décembre de la même année 1969 ,c’est ce qu’ils firent et de ce fait même enregistrèrent l’album, le très grand classique et vrai chef-d’oeuvre de ce qu’est un live album des Allman Bros Band, le Live At the Filmore East (1971) qui permettait de voir ce que deux leads bien synchronisés pouvaient faire avec des solos faits avec Dickey Betts, des incendiaires solos de « Double Solo » à son paroxysme d’exploiter cette veine que bien peu de bands pouvaient faire. Petite parenthèse et concernant ses influences notables des Miles Davis et Tom Coltrane, a fait qu’il a laissé un peu de côté son style mélodieux de guit pour des longs solos qui retenaient inévitablement l’attention de n’importe qui les écoutait.

La renommée étant faite, malheureusement il décéda lors d’un accident de moto, étant assez friand des Harley Davidson, et ce que quelques mois après la parution du majestueux Live at The Fillmore East. Dès lors, Dickey Betts releva le défi de le remplacer, ce qu’il fît avec brio et sans faille. Par la suite un album sortit et c’est avec un titre comme Eat A Peache (1972) en mémoire de Duane. Et par la suite Brothers and Sisters (1973) pour promouvoir que les Allman Bros formaient une grande famille avec à l’intérieur de la pochette tous les membres ayant un rapport avec le groupe incluant leurs roadies attitrés de même que tous les enfants rattachés à cette grande famille encore endeuillée d’un des leurs.

La revue Rolling Stone disait des Allman Bros Band, qu’ils avaient été le groupe qui avait le plus influencer le Rock des années 70. En ce qui concerne ses amours à six cordes bien, il préconisait une Gibson Darkburst Les Paul 1959 et sa Gibson Cherry SG 1968. Il est une des plus stratégique pierre angulaire soutenant les structures de la grande cathédrale du Rock, Blues et Country slide. Un maître qui a fait beaucoup et énormément pour la musique Rock and Blues. Avec un coté sudiste jamais encore égalé et maintes fois copié.

 

Robby Krieger

Une des grandes portes des Doors.

Né en 1944 à Los Angeles, ce musicien commença à jouer du blues au piano et à 17 ans il se mit à la guitare classique sur un modèle flamenco. Il a déclaré qu’il avait changé autour du Folk au flamenco au Blues et au Rock And Roll. Avouant avoir été influencé par le Paul Butterfield Blues Band, bien connu dans l’underground californien œuvrant dans le protest song de cet contre-culture des années 60. Une fois de plus, Kreiger déclare « si ce n’eut été de voir Butterfield aller vers l’électrique, j’aurais probablement pas été dans la direction du Rock and Roll ».

Pour lui le rock and roll lui offrait autant d’ouverture que le jazz avec une plus grande capacité à satisfaire une plus grande audience. Son premier groupe le Psychadelic Rangers avec Densmore, le futur batteur des Doors, se sont accroché à un dénommé Ray Manzareck et la légende elle-même, Jim Morrison, pour former la sensation The Doors. Ce qui était assez particulier sans bassiste, Manzarek le claviériste se chargeant de cette tâche avec brio avec sa main gauche sur son clavier ou de ses pieds avec des pédales conçues à même le clavier. Et en studio invitant des bassistes de même que Krieger lui-même étant lui aussi un bassiste et harmoniciste, probablement dû à son attachement au Blues.

Première sortie en 1967 de l’album éponyme The Doors avec la sensation instantanée de Light my Fire, composition de Krieger soit dit en passant, reprise par José Féliciano qui lança sa carrière en 1968. Cette chanson reflétant parfaitement cette année-là étant l’Été de l’Amour, 1967, le coté jazzy dirons-nous, fait avec le jeu de Manzarek. Même année, sortie de Strange Days avec anticipation à la Robert Fripp avec le titre moins célèbre, Riders on the Storm avec un jeu de vibratos assez prédominants. Une suite de huit albums tous aussi populaires les uns que les autres seront faits dans toutes les règles de l’art, ce qui représentait les Doors et la fougue de Morrisson et toutes les variantes que pouvait faire Krieger à la guitare. Petit fait en spectacle, lors de la chanson Unknown Soldier, Krieger se servait de sa guitare comme une arme et mimait de fusiller Morrison! L.A. Woman (1971), qui malheureusement fut le dernier album du vivant de Morrison qui décédait la même année, en 1971.  La chanson titre avait comme évocation une pluie fine qui tombait. Avec le rythme s’accélérant comme finale avec un jeu endiablé de la guitare de Krieger.

Après la mort de Morrison, deux parutions sous le nom des Doors avec Krieger et Manzarek au vocal. Other Voices (1971), descriptif des nouvelles voix pour les Doors et le Full Circle (1972) comme pour boucler la boucle en ce qui concerne les Doors et une parution en 1978 d’enregistrements inédits de Morrison avec le An American Prayer Jim Morrison (1978). Les Lost Tapes du garde robe des Doors dirons-nous. Le tout, fait en lecture de poèmes récités par Morrison avec fond musical des membres initiaux des Doors. Krieger a fait une multitude d’albums à saveur jazz de 1980 à 1990 avec son Robby Krieger Band comme les plus populaires versions (1983) et No Habla (1986). Dernière création sous le mode jazz ayant été Singularity (2002). Petite parenthèse, avec Densmore sous The Butts. Fait à noter que la musique des Doors a influencé des groupes comme The Stranglers et Echo and the Bunnymen, des chefs de file du mouvement New Wave. The Stranglers étant fait exactement du même moule à être en mode pamphlétaire comme fut bien des chansons des Doors et dans la forme que préconisait les compositions de ces derniers. Comme les Doors, tout en diversité des styles. Prenons comme exemple frappant le Spanish Caravan sur Weird Scene Inside The Gold Mine des Doors fait en forme de musique tirant sur le flamenco. Premier amour de Krieger sur la guitare. Autres parutions honorables des Doors ; Strange Days (1967), Waiting for the Sun (1968), Soft Parade (1969), Morrison Hotel (19)70 et le Absolutly Live (1970) là où Morrison fait fermer la gueule des gueulards en criant Shut Up durant la performance de When the Music Over.

Poursuivons avec les années 2000, une brève contribution avec le groupe Blue Oyster Cult. 2002 – Reformation des Doors avec le chanteur des Cult, Ian Astbury, mais sans Densmore, l’ex batteur des Doors, sous l’appelation Doors Of the 21th Century. Densmore n’étant pas en accord avec le titre de Doors, il prend un recours légal pour qu’ils changent le Doors dans l’appellation de leur groupe et prennent éventuellement le nom de Riders on the Storm pour leurs tournées. Encore une fois renaissance des Doors avec Densmore cette fois-ci et le poète Michael C. Ford, qui eût une certaine proximité avec Morrison depuis 1969 avec une campagne de financement pour un candidat à la mairie de New York, Norman Mailer. Cet album aura comme titre Look Each Others in the Ears (2014). Trois compils retiennent mon attention, The Box Set (1997), The Complete Studio Recording (1999) et Boot Your Butt (2003), des bootlegs des Doors enregistrements illégaux dans le monde de l’enregistrement.

Sa guitare de prédilection est assez simple la grande partie de sa longue carrière ayant été fait avec une Gibson SG Special 1964 équipée de P90 single coil. Ayant toutefois touché à la Gibson Lespaul Sunburst et la Stratocaster de Fender. Gibson ayant sorti un modèle Signature en son nom, la SG Robby Krieger Signature.

En terminant, Robby Krieger est le seul et unique membre des Doors vivant, le batteur John Densmore est mort en 2007 et le claviériste Ray Manzareck est mort en 2012. Robby Krieger est la dernière porte d’entrée dans le monde que fut les Doors et par le fait même, qui fait de lui la légende, un membre en règle du grand héritage de The Doors. The music is never over for Mister Robby Krieger.

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE
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