Chroniques

Albert King roi du blues

Guitaristes Émérites 30 selon Murray
Albert King
Publié le 11 novembre 2020 

 

Par Normand Murray

Albert King

Le roi du blues.

Peu de guitaristes ont eu une présence et influence autant qu’Albert King. Les années 60, chez Stax Records, ayant été la plus belle preuve, le blues en ces années était Albert King. Du haut de ses six pieds 4 pouce et ses 250 livres, il était plutôt assez impressionnant sur scène coté physique. Né en 1923 à Indianola au Mississippi, la même ville que B.B. King, qui d’ailleurs lui, Albert, né sous le nom de Nelson avait pris le nom de King vu la grande popularité des années 50 de B.B. King déjà préétablie. Élevé sur une plantation en Arkansas, il se permettait d’aller voir dans des clubs et maisons, qualifions celles-ci de party houses, de blues à écouter un certain Holin’ Wolf. S’ayant lui-même appris les rudiments de la guitare vers 16 ans. Ses débuts furent sous la musique gospel en Indiana avec le groupe Groove Boys pour un bon nombre d’années, influencé par un certain Elmore James avant son arrivée à la ville du gros blues Chicago pour jouer de la batterie pour les Jimmy Reed, Jacky Wilson, Brook Benton entre autres, tous des ‘bien établis’ à Chicago.

Un long parcours avant son premier album Be on Your Merry Way sous le signe de Parrot et Bobbin Records fin 50 et en 1961 avec son premier succès Throw Your Love On Me So Strong.

Les années Stax Records de Memphis, les années 60, la gloire enfin arrive, l’ayant signé définitivement en combiné avec Booker T and the MG’s. Leur première session donna lieu à ce que l’on peut qualifier, mettre le blues dans un contexte moderne en dérivant légèrement les bases traditionnelles du blues. Le Landromat Blues allait définitivement créer un précédent dans le monde du blues. Se succéda une quinzaine d’albums après bien sûr une dizaine de prestances avec Bookers T and the MG’s. Son premier disque étant The Big Blues (1962). Son second succès Crosscut Saw avec l’ajout du Memphis Horns, sorti du cadre usuel du Delta Blues.

Born On the Bad Sign en 1967 a été acclamé comme étant l’album le plus significatif du blues de la fin des années 60 et je confirme le tout. Cet album avait été l’influence directe sur les Eric Clapton et oui, Jimi Hendrix, une évidence irréfutable en écoutant le style des deux légendes. Cream ayant repris son succès de Born on The Bad Sign. Voilà qui permettait à King de se faire un audience blanche. Il a  également été en ouverture de spectacles de Jimi Hendrix, Janis Joplin avec l’auditoire de San Francisco Fillmore Auditorium ce qui solidifia encore plus sa réputation dans le monde du Rock. D’ailleurs cette prestance au Fillmore de San Francisco faisait de lui la première apparition d’un bluesman à cet endroit.

L’audio : 26 juin 1968, Live Fillmore West, Californie

Avec ceci, il allait désormais avoir un nouvel auditoire et ce qui donna l’album Live Wire/Blues Power de ce concert en 1968. Dans les années 70, vu que le rock et le disco captivaient plus l’audience que le blues, il se dirigea vers les spectacles, tout en produisant des albums, vivant très bien avec le nombre assez impressionnant de fans de blues, son blues bien sûr. Il partagea la scène et les sessions avec Stevie Ray Vaughan ce qui provoqua une renaissance de la tranquillité des années 70 avec une tournure plus funk et soul-blues avec l’album I’ll Play the Blues For You (1973). De ces sessions émanât le célèbre CD Albert King With Stevie Ray Vaughan, musique et conversations incluses entre les deux légendes de cette session parue en 1999 sept ans après sa mort.

Dans ses dernières années, il se mit à fumer la pipe et donna des concerts avec celle-ci et porta un chapeau, petite note scénique dirons-nous. Dans les années fin 80, il pensa à la retraite. Toujours actif faisant régulièrement des tournées, c’est après un concert d’adieu en 1992 que deux jours plus tard, une crise cardiaque mit fin à la légende Albert King. Par ailleurs, sur sa pierre tombale est gravé à tout jamais ce qu’il a fait dans toute sa grande carrière,   I’ll play The Blues For You, titre d’un de ses albums les plus célèbres. Il a modernisé ce blues et les légendes rock en ont profité largement avec un grand respect, bien évidement. Les années 60 ayant été sa période glorieuse et celle de l’éveil Rock en forme Blues.

Première guitare, une Cigar Box à la Bo Diddley. Maintenant le maître incontesté de la Flying V de Gibson, sa signature. Il était gaucher et avait ses cordes inversées, les petites en haut et accordées en mi mineur avec le volume de son ampli à fond. La résultante de cette chose était que sa sonorité personnelle était ronde en tonalités et délibérément appuyée sur chaque corde une pleine mélisme obsédante, note étirée qui était en parfaite harmonie avec sa voix aiguisée genre Gospel.

Un autre Roi du nom de King avait honoré, de son génie, le blues et par le fait même, influencé le rock. Gloire éternelle au Roi Albert King.

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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