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Rolling Stones 10 albums

The Rolling Stones
10 albums revisités
Publié le 10 septembre 2021 

 

Par Ricardo Langlois

 

Je vais dire comme le philosophe Michel Onfray : « …naître, vivre, se reproduire, mourir pour avoir nourri le cycle éternel… » Je me rappelle mon adolescence et mon incroyable énergie à découvrir toutes les musiques rock, Jagger et son chant arrogant. Il hurle. Il définit la contre-culture avec Dylan, les Beatles et Hendrix. Tout le monde les connaît sauf mon grand-père (décédé en 1970). Pour un ado, c’est la possibilité de s’affranchir d’une certaine culture. Les rockeurs construisent des fusées. On fume dans les sous-sols. On se maquille les yeux, finies la carapace, l’imitation. Le Rock est un terrier pour la poésie et la délinquance. Ils sont encore vivants. Ils sont éternels.

 

1 –  Let it Bleed  (1969)

Album intemporel, 42 minutes de grand rock. Let it Bleed (aucune allusion à Let it Be); un album important puisqu’il est l’album préféré de Mick Jagger. C’est toujours difficile de choisir l’ultime album : Exile on Main St à cause de la floraison des styles musicaux ou Sticky Fingers qui revient souvent dans la playlist des critiques, sanguinaire et extrémiste, Gimme Shelter (7 minutes d’un grand classique),  Honky Tonk Women, Monkey Man (pour l’intro au piano en passant par Midnight Rambler). Un album mythique et pour conclure, You can’t Always Get What You Want  (Vous ne pouvez pas toujours obtenir ce que vous voulez, à répétition, pour ensuite rajouter  : Mais si vous essayez parfois, eh bien, vous pourrez avoir ce dont vous avez besoin)

Le jeu des formes, la dialectique du vivant (1) Jagger formule quelque chose de presque ésotérique. Une chanson peut être un poème (presque ontologique).

2 – Sticky Fingers  (1971)

C’est le premier album sur leur propre label. C’est aussi l’album avec le fameux logo de la bouche rouge. Un symbole fort, pochette sexy. C’est un best of comme Let it Bleed,, une montagne d’émotions, l’idée folle de voir ce qui se cache derrière le zipper. Il y a aussi Mick Taylor, mélodiste de précision, à qui on doit beaucoup pour cet album. Sticky Fingers va traumatiser des générations de musiciens. Les Stones inventent un son unique, magique. Keith Richards a enfin trouvé son style (2). Wild Horses et Sister Morphine  sont mes préférées. Mais il y a tant à dire sur Brown Sugar  et l’étonnante Can’t You Hear me Knocking  pour le long jam. 1971, c’est aussi les Doors- L.A. Woman, Jethro Tull – Aqualung, McCartney- Ram, The Who- Who’s next, Led Zeppelin- IV. Une vraie révélation!  La musique transcende tout. Il y a une nouvelle manière de vivre. La contre-culture, peace and love, fumer un joint, le rêve hippie, tout ça est là. 

3 – Exile on Main St (1972)

Sexe, drogue et rock n’roll. Il y a ça. Mick Taylor a tout donné. Il va claquer la porte. Le temps hédoniste, relativiser le temps, les amours, les Esprits… créer notre présence au monde, l’innocence et l’inconscience, oui et non. On écoutera Harvest de Neil Young, un album parfait. Deep Purple et Machine Head  enflamment l’Europe; le chef-d’œuvre reconnu du métal. Les Stones, c’est un théâtre d’exploration, la culture du rock, du Blues et du Country. Il y aura la rencontre entre Mick Jagger et Bowie, la rencontre des messies du rock. Rock n Roll Suicide a ému Mick Jagger. 1972 est une année importante.

4 – Beggars  Banquet (1968)

La même année que Electric Ladyland, l’enfant vaudou en transe dans les brumes gothiques, Hendrix jouait de manière surnaturelle. Les Stones, de leur côté, sont possédés avec Sympathy for the Devil. Le Banquet des Mendiants, Brian Jones est mis sous camisole de force. C’est l’ange blond, le surdoué de la famille. Keith Richards prend toute la place. Son professeur est nul autre que Ry Cooder. En fait, c’est un préambule à une suite grandiose. Oh, un détail important : l’album Blanc des Beatles, un monument, jouera un rôle pour les années à venir : le Chaos spirituel, l’imaginaire, les plaisirs clandestins, les roses et les épines.

Note : La découverte de l’open tuning (3) « l’accordage ouvert sur une guitare à 5 cordes, ça a changé ma vie » ( Keith Richards ).

5 – Some Girls (1978)

S’ajuster à l’époque, bouger, danser, Miss You résume ça bien. Dans When the trip coming Out, l’histoire d’un jeune gai foutu dehors de chez lui qui cherche du boulot à New York, Jagger joue la pute de luxe. Il fait ce qu’il veut. Beast of Burden, c’est mignon et obscur, Shattered, une chanson de sexe. Babylone s’aligne vers un ailleurs incertain. L’architecture musicale est dans un sanctuaire dans un monde trivial et légèrement vulgaire. C’est aussi la période junkie de Keith Richards. Il s’en sortira après une prise de conscience. (4)

6 – Goats Head Soup (1973)

On retient la chanson Angie. Au moment de la sortie, Jagger a déclaré « Je me sens vraiment proche de cet album et j’y ai vraiment mis tout ce que j’avais. » Angie, la ballade suprême, est en en quelque part une sorte de Hotel California  version anglaise. Un album sous-estimé selon plusieurs critiques. 1973, c’est surtout pour moi, Sabbath Bloody Sabbath, une des plus grandes réussites de Black Sabbath. Mélodies profondes et subtiles (11e place au Billboard). Un album qui a marqué mon adolescence au fer rouge (5).

7 – Their Satanic Majesties Request (1967)

En pleine période psychédélique, selon les critiques de l’époque, cet album serait une parodie de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles. L’album contient deux classiques : 2000 light years From Home et She’s a Rainbow.

8 – It’s Only Rock n Roll (1974)

Cet album débarque en 1974 après Goat Head Soup et le succès planétaire Angie. Ce groupe est miné par la consommation de drogues exclusives. Mick Taylor va quitter le groupe pour céder sa place à Ron Wood. Les guitares puissantes de Taylor et Richards méritent le détour.

9 – Tatoo You (1981)

J’étais au journal Pop Rock, je me souviens d’avoir aimé cet album, les racines et l’évolution d’un groupe rock des années 60 jusqu’en 1981. C’était un pari risqué. Ron Wood, Bill Wyman et Charlie Watts sont à leur meilleur. Je l’avoue, je ne suis pas un bon archiviste en ce qui a trait aux Stones. ACDC, Maiden, Springsteen ont tellement pris de place en cette époque glorieuse.

10 – Black & Blue (1976)

Jagger a 33 ans. Il doit traverser le temps. L’album est en noir et bleu. La pochette est grandiose : Mick et Keith en gros plan. Je dirais deux chansons sont remarquables : Memory Hotel (7 minutes) et Fool to Cry.

Notes

(1) – Michel Onfray, Cosmos, essai, J’ai Lu. 2017.
(2) – Rock N Folk, 666 disques. Hors-série 39.
(3) – Keith Richards, Life, Points. Livre de poche 2010.
(4) – Idem, p. 528 a 531.
(5) – Notes personnelles, Journal 1981.

Ricardo Langlois est critique musical pour Famille Rock et critique littéraire pour Lametropole.com. Il est l’auteur de 3 livres de poésie.

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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