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Rick Wakeman The Red Planet 9/10

Analyse du nouvel album de Rick Wakeman
The Red Planet – Note 9/10
Enregistré à Londres en 2019 et 2020
Publié le 18 septembre 2020 

 

Par André Thivierge

 

The Red Planet

Les amateurs de la période classique de la musique progressive connaissent bien Rick Wakeman.  Il s’agit d’un des meilleurs claviéristes du rock qui, après avoir joué comme pianiste de studio sur Space Odyssey de David Bowie et Morning has Broken de Cat Stevens s’est fait connaître après avoir joint le groupe britannique Strawbs au début des années 70 avant de briller avec Yes.

Les envolées mémorables de clavier des albums Fragile et Close to the Edge de Yes, c’est lui!  Non content de sa renommée acquise avec le célèbre groupe progressif, il décida, contre toute attente de se lancer dans une carrière solo parallèle. Malgré les avis contraires de sa compagnie de disque de l’époque (Atlantic), il fera paraître un album rock progressif instrumental qui fracassa des records de vente The Six Wives of Henry VIII. Suivront au milieu des années 70, deux autres albums solo marquants Journey to the Center of The Earth et The Myths and Legends of King Arthur.

Wakeman poursuivra une carrière productive durant les décennies suivante tant au sein du groupe Yes que solo.  Ces dernières années, il poursuivra en parallèle ses prestations au sein du groupe Yes Featuring Anderson, Rabbin and Wakeman et des tournées acoustiques au piano.

En janvier, il surprendra la planète rock en annonçant la sortie d’un album instrumental prog rock, son premier depuis l’album Out There en 2003.  En entrevue, il a affirmé vouloir réécouter ses albums mythiques pour offrir un son classique tout en s’inspirant des nouveaux courants de la musique progressive.  L’album The Red Planet devait sortir en avril 2020 mais en raison de la pandémie, il est sorti en août.

Pourquoi ce titre axé sur la planète rouge ? C’est que Wakeman est fasciné par l’exploration spatiale et la conquête de la planète Mars.  Il a même des amis astronautes.  D’où le thème, les visuels et les pièces qui racontent la conquête éventuelle de l’humanité sur cet astre.

Alors, est-ce que le voyage en vaut la peine ? Oh que oui!  On y retrouve le Wakeman des beaux jours qui renoue avec le son de ses albums mythiques tout en y donnant une touche moderne à la Marillion, Porcupine Tree et The Flower Kings. Wakeman a le don de créer des atmosphères uniques accompagné de son band The English Rock Ensemble qui sont distinctifs du son de Yes mais qui ne laisseront pas les fans dans l’inconnu.  

L’envolée débute avec Ascraeus Mons où on a droit au fameux son d’orgue majestueux d’église qui offre avec le mellotron un effet de décollage accompagné du son rock des musiciens et qui nous mènera dans le système solaire.

Cette intro nous amène à Tharsis Solus qui nous offre des envolées épiques de clavier et une rythmique atypique à la Grand Wazoo de Frank Zappa. Le synthétiseur Moog prend ensuite la relève pour un hommage à Genesis qui nous fait penser à la section centrale de The Cinema Show.

C’est là qu’on arrive à Arsia Mons où on ressent la marche des explorateurs de l’espace là ou la guitare acoustique calme le jeu suivi d’une envolée à la David Gilmour supportée par un jeu de claviers à la Keith Emerson.

Olympus Mons termine la moitié de l’album avec une rythmique sombre qui nous amène dans des contrées inconnues.

Pour ceux qui se procureront la version vinyle, la face B nous amène à explorer The North Plain où chaque note de piano semble nous emmener du vaisseau à de contrées obscures avec une rythmique folk-rock.

Ce qui nous propulse vers les accords fracassants et la mélodie insistante de Pavonis Mons offrant une atmosphère plus positive qui fait la transition avec l’arrivée au…

South Pole, une mélodie contemplative qui est un prélude à la grande finale.

Valles Marineris, un tour de force musical de 10 minutes où résonne une rythmique hallucinante offerte par les trois musiciens qui accompagnent Wakeman du haut de son vaisseau spatial lançant des attaques au synthétiseur, à l’orgue et au piano.

Oui, il y a de la vie sur la planète rouge, et on est d’accord avec Rick Wakeman qui affirme que « cet album est de loin ce que j’ai fait de mieux depuis aussi loin que je puisse me souvenir ».

 

BANNIÈRE: THOMAS O’SULLIVAN
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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