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Pink Floyd Delicate Sound of Thunder

Pink Floyd, Delicate Sound of Thunder, album live
Sortie : le 20 novembre 2020
Publié le 29 novembre 2020

 

Texte de Ricardo Langlois

Août 1988. Je suis à la radio locale de Châteauguay. L’album live Delicate Sound of Thunder est arrivé alors que j’étais encore à rêver, à divaguer sur A Momentary Lapse of Reason, qui se classera en 3e position en 1987. Je n’aime pas vraiment les albums live. Les cris qui surgissent de nulle part. Heureusement la version remasterisée donne un coup de pouce magique sur le clavier de Rick Wright ainsi que de nouveaux plans de batterie réenregistrés par Nick Mason.

32 ans plus tard

Le public de Pink Floyd rejoint une grande marée de fans. Je parle aux étudiants de l’Uqam ou à mes voisins, tous sont unanimes à louanger cette musique grandiose. Les adolescents des années 70 ont inventé des rituels, des pactes avec les dieux. Pink Floyd attire 80 000 fans dans un stade. L’absence de Roger Waters n’a eu aucun effet négatif sur la popularité du band. 200 concerts et 4, 25 millions de spectateurs. Ne l’oublions pas. Vendredi le 20 novembre était inscrit à mon agenda. Au début de l’après-midi, je reçois un message de mon ami François Lajoie :

« Après-midi extatique enrobé de l’ultime édition de Delicate Sound of Thunder. Beaucoup de matériel inédit, l’intégral de Momentary Lapse, surtout, une plus grande cohésion d’ensemble. » Quel album que je redécouvre 32 ans plus tard ! Une belle offrande.(il avait tout résumé).

J’avais lu des trucs hallucinants sur Pink Floyd. Ils ont été des étudiants en école d’Art. En 1967, Syd Barrett se promenait dans les rues comme un funambule. Sans but. Pink Floyd était malheureux pour lui. On avait pensé à le remplacer par un membre de Nice, l’ancêtre d’Emerson Lake and Palmer. C’était peut-être un test. Quand j’écoute Pink Floyd, je vois le fantôme de Syd Barrett qui flotte au-dessus de mon lit. Ça  a toujours été ça pour moi, l’œuvre schizophrénique de Pink Floyd.

Une journée inoubliable !

Pour moi, c’était important de retrouver Shine on you Crazy Diamond (parts 1-5) de l’album Wish you Were Here. Une intro de 9 minutes (réduite ici), la célèbre séquence de 4 notes de guitare. La première partie s’ouvre sur un accord de sol mineur avec les effets de Rick Wright et ses synthétiseurs. Plus loin, on notera le crescendo de Nick Mason. Selon la légende, Syd Barrett était au studio Abbey Road en 1975. Toute la face 1 rend hommage à l’album A Momentary Lapse of Reason. Cette journée est inoubliable parce que je revis des émotions, mes années d’insouciance, de jeunesse perpétuelle. C’est très drôle, parce que je lis Patti Smith.

Cette nuit-la, j’étais trop excitée pour m’endormir, des possibilités infinies semblaient tournoyer dans ma tète. Le mandala de ma vie (1).

Je pense aussi au combat de David Gilmour qui a tout fait (envers et contre tous) pour que Pink Floyd continue à exister. David et Goliath pour la métaphore. Surprise : One Slip est là (à l’époque avec la présence de Phil Manzanera, guitariste de Roxy Music, sur la face 2. Il y avait aussi Tony Levin de King Crimson qui jouait de la basse. L’album est riche et Gilmour est le chef. Il dévoile son âme. Le saxophone donne la richesse à la complainte. Dans les parties instrumentales, j’entends l’humanité, la sincérité.

Enfanter la poésie

David Gilmour s’est enfanté la poésie plus près du cœur (2). Gilmour souhaite un équilibre entre les paroles et la musique. Il ouvre son cœur à mille possibilités. Il n’est pas dans l’égo arrogant de Roger Waters. Qu’est-ce qui est vrai, juste et désirable ? Quel mal y a-t-il à vouloir faire rêver les jeunes et les moins jeunes, doit-on se priver d’un peu de rêver?

Loin des écrans et des musiques radio friendly qu’on nous enfoncent dans le chacun pour soi. Le rock est en train de disparaître. Où est le sens des valeurs ? La musique qui nourrit l’âme. Je voudrais m’assurer du concret dans le temps. Partir d’ici et de partout. Ouvrir vraiment à l’homme une porte plus grande (3)

Écoutez The Great Gig in the Sky, une chanson sur la mort :

And I am not frightened of dying Any time will do I don’t mind
Why should I be frightened of dying? There’s no reason for it
You’ve gotta go sometime

D’autres classiques : Us and Them, Money (The Dark Side of the Moon). Tout est là ou presque. Bonne écoute !!

Remixé à partir des masters originaux livret 24 pages. Édition 4 disques Coffret deluxe incluant 2 CD (23 titres) Blu-ray (21 titres dont 5 bonus tracks) DVD, 21 titres dont 5 bonus tracks, livret de 30 pages et affiche.

Notes de l’auteur

1- Patti Smith, Just Kids (Folio)
2- Extrait d’un poème de Ricardo, Septième Ciel 2020.
3- Paul Éluard, Poésie Ininterrompue (NRF).

 

 

Notre ami journaliste Ricardo Langlois est poète et aussi chroniqueur pour lametropole.com. Il  vous présente son 3e recueil,  Septième ciel, 60 pages, 5 illustrations. 12$ argent ou chèque (écrivez lui en privé).

 

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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