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Heavenknox Kingdom of Light

Kingdom of Light
Heavenknox
Indépendant (2020)
Durée : 40 minutes
Note : 9,5 /10
Publié le 11 décembre 2020

 

Texte de Jérôme Brisson

Heavenknox

Winners are losers who got up and gave it another try.” (Les gagnants, ce sont des perdants qui se sont relevés et qui ont essayé encore un coup.) – Dennis De Young.


Enfin!…

Si je m’écoutais, toute ma critique, mon compte-rendu au complet, tiendrait en ce seul mot : Enfin! C’est tout, merci, fini, bonsoir! Allez, courez acheter l’album! Go, go, go!... Mais, bon, je crains que Géo et la gang de Famille Rock ne goûtent guère cet excès de concision de ma part, moi qui suis d’habitude intarissable quand j’aborde la musique que j’aime.

(Je préfère jouer franc jeu avec vous : l’auteur de ces lignes est un « fan boy » fini et indécrottable de Heavenknox, le vétéran quatuor québécois des années 80 dont le tout nouvel album Kingdom of Light fait l’objet du présent compte-rendu, et son nom figure d’ailleurs à ce titre en bonne place dans la liste des remerciements ! Alors, oui, il se peut que mon enthousiasme ait raison de mon adhésion aux sacro-saints principes d’objectivité journalistique à certains moments ! Fin de la parenthèse…)

Après avoir dégusté cet album en boucle – et en primeur! – pendant plus d’une semaine chez moi sans parvenir à m’en rassasier, me voilà maintenant assis devant mon clavier d’ordinateur et le trac me saisit, cette peur de ne pas être en mesure avec ma plume de rendre pleinement justice à un album, ce premier opus officiel en carrière, dont j’attendais la sortie… depuis plus de 36 ans! Soit depuis ce soir d’automne 1984, au défunt club Le Moustache sur Lambert-Closse juste à côté de l’ancien Forum, où le jeune métalleux en herbe que je fus, tout fier d’avoir enfin atteint l’âge légal de boire, éprouva un coup de foudre musical instantané pour cette formation québécoise de hard rock progressif, cinq (à l’époque) musiciens d’exception qui revendiquaient déjà fièrement leur identité musicale propre avec une approche unique (Quoi?… Du violon sur une reprise de Revelations d’Iron Maiden ?…) et des compositions originales d’une qualité qui les plaçaient plusieurs crans au-dessus de la mêlée des covers bands de l’époque. Et bien sûr, il y avait cette voix de ténor divine, olympienne, d’une grâce lyrique aristocratique dans les notes basses, mais également capable des envolées suraiguës les plus hallucinantes.

Après une refonte du groupe en formule quatuor au milieu des années 80 avec le bassiste-claviériste Eric Beaulé et la parution de leur album-démo Mystic Sessions, item de collectionneur disponible en format cassette uniquement et qui renferme l’essentiel de leurs classiques, le noyau fondateur de Heavenknox composé de Serge Gaudreau (chant et violon), Deno Amodeo (guitare) et Michel Landry (batterie) se voit à regret forcé d’abdiquer à la fin des années 80, devant l’indifférence des gens de l’industrie et des médias et malgré l’engouement de leurs fans de partout au Québec… Engouement qui ne s’est jamais démenti au fil des ans et dont les fans ont réussi à maintenir la flamme sur les réseaux sociaux, plus d’un quart de siècle après la rupture officielle du groupe. Enfin, en août 2018, les astres s’alignent : Deno, Serge et Michel annoncent officiellement le retour de Heavenknox ainsi que la préparation d’un nouvel album, avec le polyvalent Jocelyn Maheux, confrère de Michel à titre de guitariste au sein d’Opusculus et nouveau membre benjamin de cette formation Mark III, qui remplira cette fois les fonctions de bassiste.

Et après deux ans de patient, méthodique, constant et méticuleux labeur, voilà que le groupe est enfin prêt à nous en faire goûter le fruit : Kingdom of Light, son premier album officiel en carrière – et presque quatre décennies après ses débuts ! Sept titres – quatre versions revampées de chansons figurant à l’origine sur Mystic Sessions (Turn Up The Music, Wings of Eternity, Saviour et Lords of The Storm) et trois nouvelles compositions (Diggin’ The Mud, Silver Man et la pièce-titre Kingdom of Light) – qui résument en 40 minutes tout ce qui fait le génie du groupe et l’attrait qu’il continue d’exercer auprès de ses inconditionnel(le)s.

Des riffs et des solos de guitare qui tuent ? Check ! Une section rythmique incendiaire, serrée comme un boulon et suante de groove ? Check ! Des harmonies vocales d’une beauté quasi surnaturelle ? Check ! Des mélodies épiques, accrocheuses et imparables à la pelletée ? Des parties de violon inspirées qui font corps avec les compositions sans jamais sombrer dans la pomposité ou le sirupeux ? Un chanteur à la voix assurée, inaltérée par l’âge, capable à 63 ans d’envolées dans les notes suraiguës qui auraient fait capituler Ian Gillan à 40 ans ? Un son d’ensemble énorme, riche et ample qui rend enfin justice à la musique et qui témoigne d’un véritable travail d’orfèvre au niveau de la production ? Check, check, check et re-check ! Et que dire de cette attirante pochette ornée du nouveau logo du groupe et cette illustration d’inspiration médiévale/sword and sorcery, vibrante de couleurs et de lumière ?…

Heavenknox – Silver Man Teaser

Tous les coups portent, sans exception !… Mais si vous me demandez mes coups de cœur sur l’album, le vieux fan que je suis vous avouera son faible pour les trois nouvelles chansons : Diggin’ The Mud qui pourrait faire le bonheur des radios classic rock, Silver Man et son hallucinant riff de guitare en montagnes russes, et surtout l’épique et majestueuse Kingdom of Light de plus de 7 minutes, le dessert de l’album. Une œuvre ambitieuse qui devrait vous faire dresser le poil sur les bras, à l’instar d’un Stargazer (Rainbow), d’un No Quarter (Led Zep) ou d’un Children of The Sea (Black Sabbath) … Oui, à ce point-là !

Serge Gaudreau, Deno Amodeo, Michel Landry et Jocelyn Maheux

Si un mot pouvait résumer cette renaissance de Heavenknox, ce serait la foi. Pas nécessairement la foi religieuse, mais la foi de ceux qui croient en un idéal, en un projet. Aussi la foi en ceux qui incarnent cet idéal ou ce projet. La foi qui perdure, malgré les obstacles, les embûches, les ruptures, les peines et les découragements. La foi en soi, en son talent, en des forces qui nous habitent et qu’on sait inébranlables. La foi en des jours meilleurs, la foi en une seconde chance.

… Et la foi qui triomphe!
Car le triomphe de Heavenknox aujourd’hui, c’est un peu notre triomphe à nous tous…
Turn up the music!

Liste des pièces :
1. Turn Up The Music

2.  Wings of Eternity
3.  Saviour
4.  Lords of the Storm
5.  Diggin’ The Mud
6.  Silver Man
7.  Kingdom of Light

Vidéo : Luc Grisé

Où se procurer l’album ?
Ici sur Heavenknox.com.  Format CD ou numérique.

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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