Dossiers

De Yes à Gerry Boulet

1988 selon Ricardo
Musique et poésie
Séguin, Boulet, Voivod, Kerouac
Publié le 17 novembre 2020

 

Texte de Ricardo Langlois

En 1988, j’habite à Chateauguay et je travaille à la radio locale. Durant mes temps libres, je vis intensément les beaux jours avec mon compagnon de vie. Souvent nous faisons des allers-retours à Mirabel à la maison de campagne de notre ami. La vie est douce pour nous.

C’est l’année de la parution de Perfecto Nuit de Lucien Francoeur et la réédition de Forët Vierge Folle. Je m’intéresse de plus en plus à la poésie.

Je vous parle de la musique que j’ai aimé durant cette année.

PINK FLOYD, A Momentary lapse of Reason. Le 13e album studio de mon groupe de rock progressif préféré. Un album différent sans Roger Waters. Learning to Fly est un bijou. Le groupe se livre également à des expériences avec l’échantillonnage. Mon gros plaisir, à la radio, était de faire jouer les deux pièces One Slip et On The turning Away (plus de 11 minutes de grand bonheur). Le délire pure un fruit amer nous attend au jardin. (1)

RICHARD SÉGUIN, Journée d’Amérique. Richard Séguin est un poète. Un fan de Kerouac. Il cherche l’éthique de la compassion. Il dira de la chanson titre, « c’est la vie d’un homme qui porte ses rêves dans la poitrine ». Il ajoute dans l’Ange Vagabond, « la touche Mark Knopfler est évidente ».(2) Dans sa retraite de création chez lui à Saint-Venant-de-Paquette, il rassemble des bouts de texte. Sans le savoir, il écrit à la manière de Jack Kerouac. Pour agir, le poète doit être habité disait Roland Giguère. Ici Comme Ailleurs, Protest Song ou Sentiers Secrets. Tout est bon.

GERRY BOULET, Rendez-vous Doux. Album triple platine. Les adieux ultimes de l’ami Gerry Boulet. Pour moi, il est très difficile de vous dire ce que je ressens pour lui. Des textes forts (Michel Rivard, Denise Boucher, Plume Latraverse). Gerry est décédé d’un cancer en 1990. Il est au plus profond de mon cœur.

METALLICA, And Justice for All. Un album écrit dans la douleur suite au décès de Cliff Burton. Cet album est proche de la perfection avec les plus beaux solos de Kirk Hammett. Des gros classiques : Blackened aux pièces plus progressives : And Justive for All et One. Et cette pièce instrumentale : To live is to Die. Metallica avance dans un sentier complexe. J’ai eu la chance de faire jouer la pièce One (avec un remix spécial pour la radio) .O perfecto blues, mon sourire zen sur l’existence. Je retranscrivais des poèmes d’Exit pour Nomades de Francoeur dans le pick-up
de Denis.

OZZY OSBOURNE, No Rest for the Wicked. La découverte d’un nouveau guitariste Zakk Wilde jusqu’alors totalement inconnu. Il travaillait dans une station service avant qu’Ozzy le découvre. Le musicien étonne par sa technique et son charisme. Ozzy américanise le son. Une entrée en matière remarquable pour No More Tears. En spectacle, c’est toujours hallucinant (décor et prestations).

VOIVOD, Dimension Hatross. Un album d’expérimentation. Du trash industriel. Voivod est unique. On parle de métal prog et de technique. Écoutez les autres albums : Angel Rat, The Outher Limits ou le dernier The Wake (2018). Sur cet album, Tribal Convictions et Chaosmongers. Je pense à mon ami Stéphane entre 1987 et 1988, il avait grandi de 6 pouces. Le plus grand fan de la revue Pop Rock et de Voivod.

YES, Big Generator. Dans la même lignée que 90125, l’album réussit néanmoins à se classer 15e position au Billboard. Deux titres énormes pour la radio : Love Will Find a Way et Rythm of Love. L’album souffre de surproduction. Imaginez 7 ingénieurs de son pour cet album. Pour l’époque, je considère que l’album est une réussite. Pendant ce temps, je recopie le poème L’Amérique inavouable de Lucien Francoeur, l’homme au regard
incertain marche au bout de la nuit… Je glisse le poème sous l’oreiller de mon copain (hé hé).

IRON MAIDEN, Seventh Son of A Seventh Son. Iron Maiden au sommet. Maintenant le groupe s’amuse à faire des albums concepts et progressifs. Vu en spectacle au Forum, c’est une tradition pour les fans de métal. Infinites Dreams, Moonchild et The Clairvoyant. De grands virtuoses. Je pense aux Signaux du poète Roland Giguère
Il nous arrive parfois de regarder au-delà du paysage offert et de découvrir ainsi les racines de l’obscur.

BON JOVI, New Jersey. Du hard rock style radio friendly. Genre relaxe, pop rock avec un frontman séduisant et sexy. La power ballade Ill Be There For You est un classique. Même son de cloche pour Bad Medicine et Lay your hand on Me. Pour la radio, c’est un album 5 étoiles. Comme dirait Francoeur : les promesses d’avenir puis les caresses du parking

BRUCE SPRINGSTEEN, The Tunnel of Love. Il chante dans sa cuisine. Un rockeur habillé comme Kerouac avec une chemise à carreaux. Gros plan de son beau visage. Le clip est magistral. Le texte parle de l’amour pour une gitane. Ce soir notre lit est froid je suis perdu dans les ténèbres de notre amour. Le Boss est clairvoyant. Après la sortie de l’album, Bruce et Juliane Springsteen divorceront. L’album se classe à la 25e place des 100 plus grands albums des années 1980. Dans le pick-up avec moi comme conducteur, je chante ou du moins j’essaie. Je sanglote comme un poète trop sensible.

Gratitude à 1988. Amour, amitié et musique, la trilogie du bonheur.

 

Notes
– Roland Giguère, Foret Vierge Folle 1988 Typo (1) Richard Séguin,
– Notes sur le 30e anniversaire en 2018 sur Voir.ca Les poèmes de Francoeur, tous réunis dans Entre cuir et peau 2005 Typo
– (Anthologie) Metallica, Voivod, Yes, Bruce Springsteen,
– Notes de mon journal personnel année 1988.

 

 

Notre ami journaliste Ricardo Langlois est poète et chroniqueur pour lametropole.com. Il vous vous présente son 3e recueil,  Septième ciel, 60 pages, 5 illustrations 12$ argent ou chèque (écrivez lui en privé).

 

 

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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