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Cat Stevens Tea for the Tillerman 2

Cat Stevens, Tea for the Tillerman 2
Sorti le 18 septembre 2020
Publié le 24 octobre 2020

 

Texte de Ricardo Langlois

C’est loin dans ma tête, à la polyvalente à Boucherville, dans un cours d’anglais, la prof trippait sur Tea for the Tillerman. C’est doux. C’est pop. Ouais, moi qui était dans la musique des sphères (1) , je survolais le monde astral en écoutant Pink Floyd et Black Sabbath.

50 ans plus tard

Les souvenirs, ça ne meurt jamais. Je me souviens aussi des filles au secondaire. Elles l’adoraient. Il était trop beau. Moi, de mon coté, je les admirais. Les filles qui sont heureuses pour des petits riens… Ah! Cette époque, de cheveux longs, de petits joints, d’école buissonnière. Il y avait Cat Stevens en compétition avec Let it Be des Beatles.
Des chansons immortelles pour la douceur. Cat Stevens, 50 ans, plus tard, sous le nom de Yusuf (sa conversion à l’Islam). J’ai rien à dire là-dessus. Il faut traverser cette époque nihiliste avec une certaine dose d’énergie.

Aujourd’hui, il a 72 ans et il est à son meilleur. Il vieillit à la manière de McCartney ou de David Gilmour. Vivre dans la douceur malgré l’époque. Cette version 2.0 de Tea for the Tillerman est pour moi une réussite totale. Ici, j’évoque la musique du cœur avec un manteau de Lumière. J’évoque l’éternité de la musique. Le succès intemporel d’un album de musique (complexe et mystique). Je commence par Father and Son, n’est-ce pas une problématique qui traverse le temps ? La structure familiale, si fragile.

L’éternel conflit entre le père et le fils. Aujourd’hui, on parle de masculinité toxique. Et pourtant, j’ai l’impression qu’on exagère. L’enfant doit trouver son propre chemin, sa destinée. Dans cette chanson, il chante toujours avec douceur et compassion :

Ce n’est pas le moment de faire
Un changement Détendez-vous Calmez-vous
Vous êtes encore jeunes

Nous serons toujours des enfants. Plus je vieillis et plus j’assimile le message d’il y a cinquante ans. L’amour paternel au Québec a été complètement assujetti dans le non-dit. Il y a l’expérience d’une vie. La protection et l’héritage de père en fils. On appelle ça l’expérience. La poétesse Emily Dickinson disait « j’ignorais que le prochain
pas serait le dernier. Ce qui me donnait cette démarche précaire que certains appellent Expérience ». (2)

Où jouent les enfants?

Une chanson environnementale qui se distingue surtout en 2020. Cat Stevens a réinventé et réenregistré la chanson
(soutenu par un nouveau clip). Nous entrons dans un monde Vert. Nous le souhaitons de tout cœur pour nos petits enfants. Where do the Children Play ? est pertinente malgré. You Tube, téléphone cellulaire et ordinateur branchés partout jusque dans les cafés. Mélodie simple, déconcertante, animée par la passion du messager et sa guitare acoustique. Ici, il y a un message environnemental sous forme de Credo. Traverser le doute, l’horreur de la modernité, le capitaliste sauvage, Cat Stevens nous tend la main.

Je sais qu’on a fait du chemin
On change au jour le jour
Mais dis-moi, où jouent
Les enfants ?

La musique du cœur

Si je vous dis qu’il a la même voix. Les relectures des chansons, en particulier sur Father and Son et Where do
the Children Play ? sont les plus réussies. Toutes les générations sont concernées. Des années 70  à maintenant. La musique du cœur ? Dans le cœur, il n’y a pas de nombres. C’est toujours Un (Un et Un et Un).

Aujourd’hui, dans le monde matériel, il n’y a que des nombres. Un peu de poésie pour éveiller le cœur. L’intuition c’est aussi le cœur. Cat Stevens, selon la légende a failli mourir et suite à un pacte avec Dieu, il a décidé de lui donner sa vie. Heureusement, il n’a pas perdu sa candeur. Il est impossible de ne pas trouver de parallèles avec les anciennes chansons originales. À part Wild World (l’accordéon, la voix trop lente), tout est fluide. L’illumination de l’ancien Moi de Cat Stevens est bien là. Heureusement.

 

Notes
1- Allusion à mon 2e livre de poésie La Musique des Sphères (la théorie de la musicalité cosmique)
2- Emily Dickinson, Lieu-dit l’éternité, poèmes choisis, Édition Points p. 191

L’album original est sorti en 1970 et s’est classé dans le top 500 de la revue Rolling Stone Pour la version 2.0, on a pris soin d’y inclure un livret de photos et les textes des chansons.

Ricardo Langlois est poète et chroniqueur littéraire pour lametropole.com

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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