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Beatles 5 CD revisités

Mon Top 5 Beatles
Publié le 30 janvier 2021

 

Texte de Ricardo Langlois

Les Beatles, c’est la pyramide. C’est la mythologie d’un monde musical. L’invention du rock. Une musique comme un jardin ouvert à tous. Sans distinction d’âge, de sexe, de qualité sociale, de culture de provenance. Métaphysique, peut-être. Révolution des mœurs. Une nouvelle manière de voir la vie. 13 albums en sept ans. 14 chansons par album jusqu’à Revolver.

À chaque fois qu’il y a une liste des meilleurs albums de tous les temps, il comprend généralement un album des Beatles. Ici, je vous propose mes cinq albums préférés.

1. Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967)

L’idée vague du concept de Sgt Pepper vient de McCartney, qui a eu l’idée de créer une série de chansons par un groupe de musique fictive. Sorti le 1er juin 1967, la révolution était déjà en marche. Aux USA, la scène underground psychédélique venait juste d’apparaître. Les bras tendus au soleil. Il faut se rappeler que c’était bien plus que de la musique déclare Steve Hackett de Genesis. « On se droguait avec, on faisait l’amour avec et toutes ces autres choses. Cela faisait partie de notre ADN. Il a redéfini notre époque. » Pour Anderson, le chanteur de Yes : « Sgt Pepper est un album très cosmique. On planait complètement même si on l’écoutait sans être stone. » (1) Et pourquoi pas ? Progressif, conceptuel et spirituel ? Zappa, les Beach Boys et les autres ont tous possédé plusieurs de ces caractéristiques, mais, Pepper a été le seul vraiment à tous les réunir ensemble.

2. Revolver (1966)

Le groupe est génial. Entre juin 1965 et avril 1967, ils ont enregistré trois grands albums. Tout comme Rubber Soul, Revolver est un jeu de mots se référant à la fois au revolver comme arme à feu et au mouvement rotatif. À l’origine, l’album devait s’appeler Abracadabra. Eleanor Rigby est un classique de McCartney. Le coté lumineux dans la pop insouciante. On la retrouve aussi dans Here There and everywhere, jolie ballade de John Lennon. She said she said dont les paroles sont nées durant une rêverie nourrie aux substances illicites. Good day Sunshine , un hymne à l’amour heureux. Je retourne aux jours heureux de ma jeunesse. Lire une BD de Tintin. Avoir des sanglots longs comme un poème de Verlaine.

Je suis dans une chapelle en écoutant Love to You, où sitars et tablas se fusionnent. L’ado est un adulte inachevé. Très vite, il expérimente le feu noir de l’existence. Je suis différent. Les Beatles m’écorchent en même temps que Pink Floyd et Black Sabbath. Cet album a été composé pour moi. J’ai l’éternité devant moi. Les Beatles sont de bons profs pour l’Éveil de la Conscience.

3- Abbeyroad (1969)

C’est le point final. Après Bach, Mozart, Coltrane, Elvis, il y a eu les Beatles et leur discographie de génie. Je lis ceci : le sommet, le top, le paroxysme, l’Absolu. J’ai rien inventé, je lis ça d’un fan fou des Beatles. Écoutez : Come Together, Something, I Want You. Orgasme d’adolescent (post- pubère). Révolution dans les sous-sol. Here comes the Sun (titre évocateur). Un nouveau monde pour les ados en quête de repères. Mais là, ça va trop vite, la puissance de la Vie, les premiers joints, la radio étudiante, les ombres du temps de la lenteur. Inspirations et expirations. Aucun moment de désespérance…Juste le désir d’être au Septième ciel. Il y a le medley de 16 minutes d’anthologie. La lumière bleue de la lune. Les quatre Beatles qui traversent la rue. McCartney, pieds nus… J’aime écouter cette musique rock remplie de tendresse. Je suis en pyjama. Il est midi. Juste le temps d’écouter encore Here comes the Sun. Le ciel tombe avec ses anges orphelins. Une alchimie s’installe au creux de l’Inconscient. Je vis une expérience métaphysique mais je suis encore Tête première anonyme parmi vous à des années-lumière de ta mort, je reviens comme la neige blanche, le calme du guerrier. (2)

Je traduis pour vous : Petite chérie nous avons eu un long et froid hiver solitaire Petite chérie cela semble faire des années qu’il avait disparu Voici le soleil (Here comes the sun).

4-Rubber Soul (1965)

Après la période tribale avec Help (le coté gamin). Ici c’est l’extrême transformation. Nouvelles structures, nouveaux instruments, recherche esthétique. Bob Dylan qui les pousse à devenir ce qu’ils sont profondément, des éveilleurs de conscience. Rubber Soul sous l’effet des herbes magiques. Le rock psychédélique qui transformera les Doors, Pink Floyd et les Beatles.

Le sixième album est un vrai laboratoire d’expérimentations. L’âme en caoutchouc (l’âme qui se transforme en joie, peine, introspection). In my life, chanson fétiche signé John Lennon. La mélancolie et le spleen d’un grand créateur. Drive my car, un hymne à la liberté. Une chanson contre le gouvernement en place. Nowhere man (un poème décapant). L’influence de Dylan est palpable sur I’m looking through You et ses couplets qui font pleurer. Harrison regarde vers l’Inde, influencé par Ravi Shankar sur Norwegian wood (je pense aussi à Brian Jones). Rubber Soul est le petit frère de Revolver. Les Beatles vont transformer le cœur endormi d’une jeunesse qui se prépare malgré tout à l’année 1967.

5-The White Album (1968)

Sorti le 22 novembre 68, les 4 fabuleux publiaient un album double tout blanc. Un fourre-tout grandiose. Curieusement, c’est en 1980 que je reçois cet album double en cadeau de Michel Vincent, un ami du cegep qui me donne toute sa collection avant d’entrer dans la tribu des Krishna. Cet album est le plus varié des Beatles : Helter Skelter, Ob-la-di, Ob-la-da, Yer Blues et Black Bird.

Les Beatles en 1968 n’étaient plus les mêmes. Ils ont tenu à être là pour le mixage stéréo. Le fameux Revolution 9, le collage sonore concoctée par John et Yoko avec l’aide de George Harrison. Happiness is a Warm Gun est d’une modernité farouche et calculée. Elle a un côté Frank Zappa. Le White Album est tout sauf formaté (3) Un petit trésor, le légendaire While my guitar Gently Weeps enregistré sur un 8 pistes. Du bonbon. 1980, c’est mon année Carlos Castaneda. Un voyage grandiose sur le concept d’un guerrier spirituel et sa mélancolie (4). Écoutez cette architecture musicale foisonnante. Une démonstration entre le Ying et le Yang. Le cortex reptilien, la conscience historique et cet appel d’il y a un demi-siècle.

 

NOTES
1– Revue Les légendes du rock Mars 2020
2- Recueil Septième Ciel, Ricardo Langlois, 2020
3- Revue Rock N Folk, décembre 2018
4- Carlos Castaneda, Le feu du dedans (Ré-édition Folio)

Ricardo Langlois est poète et critique littéraire sur lametropole.comSon 3e recueil Septième Ciel est disponible.
(Septième ciel, 60 pages, 5 illustrations 12$ argent ou chèque (écrivez lui en privé).

 

BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: STEVEN HENRY
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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